‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 94 sur 116 · CONDITIONS DE ^EDUCATION · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE ^EDUCATION

retomber pathologiquement dans l'enfance , e't ramene , par correspondance d'etat organique , des etres uses de ma! et de debauches, dans les terreurs superstitieusesdont on avaitfrappe leurs esprits a huit ans. Cetle honteuse et demiere infirmile, certaines gens ne rougissent pas, d'ailleurs de 1'appeler une conversion sainte, un effet de la grace, le doigt de Dieu, comrae si Dieu intervenait dans de pareilles degradations !

Du reste , ce qu'il faut remarquer, c'est que celte education d'eglise, cette odeur de sacristie dont on oint les enfans , et qui s'evapore si vite au contact des idees philosophiques du siecle , forment conflit, non-seulement avec l'esprit du siecle, mais encore avec l'instruction dogmatique distribute dans les colleges. II n'y a certes pas accord entre les enseignemens de raninonier et les lecons du professeur. Le matin on fait admirer dans la classe les suicides de Caton et de Brutus, le meurtre patriotiqne de Scevola et beaucoup d'autres actes heroiques; le soir, a la chapelle , tous ces heros sont des damnes que le diable fait rotir depuis fort longtemps, et qui rotiront toujours. Pour qui se decideront-ils, vos enfans, pour les fiers profils et les letes haulaines de Rome et de Sparte, donUon exalte ici les passions vigoureuses, ou pour les figures a cheveux

plats, les saints meridian ts el tousles types d'hu milite mystique que, la, on leur otTre en exemple? prendront-ils pour modele Alcibiade ou saint Antoine , Themistocle ou saint Crepin?

Entendez-vous pourtant, et ne broyez pas Intelligence de vos enfans sous tant de coups opposes ; ne leur faites pas alternativement admirer et condamner les memes choses; ne leur dites pas qu'il faut mepriser l'argent, et en m&me temps qu'il faut se mettre en devoir d'en gagner beaucoup. — « Ce jeune homme ne peut plus £tre estime par les honn&tes gens , » disait dernierement, en plein salon, certain personnage, en parlant d'un jeune homme qui a pre fere une carriere litteraire au commerce de son pere. Ce personnage etait un recteur d'academie , qui a passe sa vie a rabacher a des milliers de jeunes gens, sur la foi de Cieeron et des autres, qu'il n'y a d' occupation noble et digne de I' homme que I' etude des belles-lettres , de noble commerce que le commerce des ?nuses !

Enfin, pour comble de contradiction, observez que, dans un pays monarchique, des professeurs qui ont prete serment a une charte monarchique, iont, d'apres les ordres memes du gouvernement monarchique, sucev aux jeunes generations le lait republicain et la hainc de la royaute, haine

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