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beaucoup mange 3 absorbe 3 consomme ' 3 cuiite, sans avoir prodiiit la valeur d'une obole?
Joignez ce caraclere de notre education aux autres, et accouplez-)e surtout a ce grand principe d'education , que les Civilises repetent euxmemes chaque jour, savoir, que pour bien savolr les choses , il les faut pratiquer. lis posent le principe que pour apprendre il faut faire, et, sous pretexte d' ap prendre 3 ils empechent de fa ire pendant les deux tiers de la vie moyenne !
s. in.
Vous mctlez le grain de ble sur une picric, ct \oui demandez apres pouniuoi il tie pousse pas d'epi. Chanson meridionate.
Une partie de la semence tomba Ic long du cbcmiii , ou ellc fut foulce am pieds, ct Its oiseaut du ciil la mangerent. — Due autre partie tomba sur des pierres , ct ayant b-ve , elle secba , parcc qu'ellt! n'avait point d'bumidite. — Une autre toniba au milieu des epines , et les epines croissant avee la semence, 1'etoulTercnt. — Une autre partie lonibu dans uue bonne terrc, et ayant levc, elle porta du fruit, et rendit cent pour un.
Ltc. vm. 3. 6. 7. 5.
Si la semence vient mal, ce n'est pas la faule de la semence. Semez bien, semez en bonne terre.
Nous avons vu que la Civilisation abandonnc
sans education , sans soin , sans culture , la grande majorite des individus qui naissent sous ses lois; quelle livre les masses a la vive action de tous les vices engendres par le denuement dans les basses couches de la societe, et laisse la misere, la crapule et la debauche s'attacher comme des ulceres rongeurs aux neuf dixiemes des generations naissantes.
Serait-ce done qu'il n'est pas de l'interet d'une societe que ses membres soient gens de travail, de talent, de bonnes moeurs, eduques, habiles ? Qui fait la gloire, la richesse , la prosperity d'un pays, sinon le travail, le talent, les vertus de ses ci toy ens?
11 est done de l'interet direct de la societe, comme de l'interet de l'individu, aussi bien que de droit humanitaire, qu'il y ait un systeme d'education publique, applicable a toute la generation naissante, une education qui soit un fait de providence sociale, et non un fait laisse au hasard des naissances et a la charge des families. — Ainsi, l'education doit etre universelle et non exccptionnelte.
INous avons vu que l'education des Civilises, fausse et absurde dans son objet, n'ayant pour ressort que la contrainte, amoindrit, comprime,
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etouffe et violenle les natures, etiole et deform e les corps et les ames. — Serait-ce done qu 'il n'est pas de l'interet de la sociele que chacun de ses meinbres soit developpe dans sa virtualite propre, qu'il lui apporte le concours de ses forces, de ses facultes natives? L'individu reussirait-il mieux, par hasard , dans les fonctions pour lesquelles il n'a pas de vocation, que dans celles vers lesquelles il se sent appelc par sa nature? toutes choses ne seraient-elles pas mieux faites, la ou chacun ferait ce a quoi il est propre, qu'ici ou tous les roles naturelssont inlervertis?
11 est done de l'interet direct de la societe, comme de l'interet individuel , ainsi que de droit humanitaire, que l'individu ne soit plus ajuste de force a une fonction par le hasard des circonstances et la force aveugle des mauvaises combinaisons, mais qu'il puisse, au contraire, aller franchement a ses aptitudes, et qu'il soit aide dans le developpement de ses vocations. Ainsi, l'education doit appeler les dispositions, et non les etouffer; feconder les germes, et non les ecraser ; elle doit obeir a la nature, et non lui commander; etre conforme aux vocations* et non arbitraire.
Nous avons vu que les influences auxquelles
l'enfant est sournis, en education civilisee, sont autant d'impulsions contraires, autant de forces parfaitement oppost'es, qui s'entrechoquent et tiraillent simullanement l'eleve dans les sens les plus differens; si bien qu'un enfant civilise, travaille par ces actions divergentes, est dans la position d'un liomme ecarteie a qualre chevaux. — Si pareille divergence est une nionstruosite flagrante, il faut en conclure qu 'une education raisonnable doit elre convergent^ dans ses impulsions.
S'il est d'ailleurs contraire aux inlerets de la societe et de l'individu , que l'eleve soit condamne a l'iinproductivite jusqu'a 1 age de dix-huit on vingt-cinq ans, qu'il soit reduit pendant tout cc temps a un etat passifj a appreiidre tin role , — dont souvent meme il n'aura pas une phrase a dire plus tard, — il convient alors que 1'education soit pratique, exercant et utilisant les forces aussitot que possible , active, et non passive.
L'homme etant corps et esprit, «:t devant utiliser pour soi et pour les aiitres les facultes de son corps et de son esprit, il est de l'interet de l'individu , comme de l'interet social , que l'cducation prenne souci de ces deux ordres de facultes, quelle forme a la fois l'ame et le corps.
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— « Les methodes civilisees negligent le corps et pervertissent lame. » — L'education doit done etre composer, et non simple.
Par raisons analogues, il est dans l'interet de l'individu, corame dans l'interet de la society, que l'individu jouisse de toule la plenitude de sa vie ; qu'il developpe toute sa virtualite ; toutes les forces de son corps et de son ame ; qu'il fournisse le contingent complct de ses facultes. — Done, que 1 education, au lieu de ne soigner qu'un cote du corps et de l'esprit; de ne s'attacher qu'a tel ou tel detail, l'education doit les embrasser tous, et introduire la perfection sur tous les points. — « Nos systeraes d'educalion ne tendent qu'a fausser piece a piece les deveJoppemens du corps, et vicier ceux de l'ame par l'egoisme et la duplicite. » — L'education doit done etre integrate ^ et non partielle.
Enfin, l'education doit favoriser les raouvemens dans le sens des penchans, ouvrir le champ aux essors; de've/opper et produire toutes les richesses de la belle nature humaine, — et non les perdre miserablement sous les dures et idiotes lois de la contrainte pedagogique.
Done, dans une societe raisonnablement or-
ganisee , et pour I'intertt individuel comme pour I'intfret collectif, — qui s'accordent fort bien dans leurs exigences, quoi qu'on dise, (0 — 1'education doit etre :
UNIVERSELLE et noil EXCEPTIONNELLE ;
CONFORMEAUX VOCATIONS et non ARBITRAIRE;
CONVERGENTE et non D1VERGENTE ;
ACTIVE et non PASSIVE ;
COMPOSEE et non SIMPLE ;
INTEGRALE et non PARTIELLE ;
DE DEVELOPPEMENT et non DE CONTRAINTE.
A ces conditions, 1 education sera