‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 109 sur 134 · HARMONIE. UV. III. CH. TI · texte numérisé non relu

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par suite du développement de sa vocation , il arrive à valoir 20 francs.

Ainsi , à n'envisager même que le* côté de l'intérêt, on le voit, il est de la plus haute importance pour l'Associaliou phalanstérîenoe de développer les vocations, c'est-à-dire la valeur productive de tous ses enfans. La Phalange fera donc , ne fût-ce que par esprit de spéculation , toutes les dispositions favorables à Véclosion dei vocations. Ce ne sera plus par l'effet d'un hasard que Yaucanson et le charretier seront mis ea face, l'un à dix ou douze ans, l'autre à dix-neuf, des circonstances industrielles capables d'éveiller leurs facultés particulières. Dès le bas âge, les enfans de la Phalange sont promenés au miliea des travaux, des ateliers de toute nature; ils sont placés journellement face à face, et plutôt mille fois qu'une , avec les choses homologues à leurs prédispositions naturelles ; et, loin d'étouffer les vocations dans leur germe , toutes les circonstances variées de l'activité ambiante, les sollicitent continuellement, les excitent et les appellent sans cesse.

Le Furetage conduit les enfans vers les difflérens objets de l'activité générale, dans les jardins, dans les ateliers, vers les Groupes de leurs com-

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pagnons plus Agés y qui déjà sont ardens à leurs petits travaux. Le Fracas industriel les égaie et les passionne; l'aspect des petits outils adroitement maniés par leurs camarades , tout fiers de leur jeune habileté , les stimule et les charme; l'entrain joyeuxet bruyant de cesateliers enfantins les transporte. Les voilà tout en œuvre pour faire ce qu'ils voient faire aux autres , tout désireux d'être admis dans ces Groupes où l'on a le privilège de tenir ces petits sarcloirs/ ces légers marteaux de bois, d'atteler et conduire ces petits chariots, de manier ces mille jolis instrumens, de cultiver ces fleurettes, de jouir enfin de l'attirail progressif de Yindustrie miniature^ si charmant aux yeux de l'enfance ! Les jardins, les volières, les basses-cours, les petites étables, les cuisines, les ateliers sans nombre et les Groupes joyeux les appellent à l'envi. Mais pour être admis dans les rangs, il faut prouver son savoirfaire, il faut se mettre en état d'être agréé par les Groupes et les Chœurs où l'on ambitionne d'entrer, et qui, jaloux de leur réputation corporative, ne reçoivent que des sujets capables de la soutenir. On sait que les enfants sont bons juges et juges rigoureux des degrés de mérite de chacun d'entre eux, en toute branche à laquelle ils s'adonnent: aussi verriez-vous les jeunes candidats ardents à solliciter et à suivre les conseils et

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les leçons bienveillanies des bons Patriarches de Il Phalange, en proportion même du besoin ^'ils ont de ces leçons et de ces conseils, pour devenir aptes à subir honorablement les examens nécessaires à l'admission dans les Groupes et les Chœurs dont ils brûlent de se voir membres !

Tout le secret de l'éducation consiste à sollidTER LBuas VOCATIONS, et à éveiller en eux de vivss AXBinoNS ASCENDANTES. Pour atteindre ce résultat, il faut disposer les choses du milieu ambiant, de manière à donner aux cinq ressorts que nous avons décrits plus haut, toute Ténei^ie dont ils sont susceptibles. Au lieu d'étouffer l'amour du fiaretages il faut donc l'employer en mettant à la disposition des enfans tous les joujoux et petits instrumens qui se rapportent à leurs forces, en les encourageant à s'en servir. Loin de les gronder pour leur manie àHmitation, il faut les environner d'excitations industrielles , les placer au sein de toutes les activités et de tous les exemples dont l'imitation et la répétition peuvent profiter au développement de leur santé et de leurs facultés, soit du corps, soit de rintelligence. Il faut surtout donner un grand relief, un relief sensible à leur esprit et à leurs yeux, aux faits qui auront pour objet de stimuler Ventratnement progressif ascen" dant. C'est pour cela que tout l'attirail des petits

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instruments et ateliers de {'industrie miniature est RÉGULIÈREMENT GRADUÉ et adapte aux forces et aptitudes correspondantes; que les privilèges de parade et maniement d'outils se succèdent hiérarchiquement de Chœurs inférieurs en Chœurs supérieurs; que les grades et les Chœurs se tranchent aux yeux par des décorations , des costumes, des couleurs, des marques extérieures de plus en plus brillantes; que les examens sont de plus en plus forts et exigeants à mesure que Ton monte sur l'échelle des âges et des industries; c'est pour cela, en un mot, que la Phalange organise pour l'enfance un régime complet de SÉDUCTIONS progressives, de fascinations ascendantes.

Terminons ce chapitre en empruntant au iV^^tiveau Monde une liste de Ressorts d'éclosion des vocations: chacun d'eux mériterait un paragraphe particulier.

« L*enfant de fi ans U'ouve aux petits ateliers (Tune Phalang;e t]uantite' d*amerces que la Civilisation ne saurait lui offrir ; elles sont an nombre d^une vingtaine dont je vais donner un tableau.

1 . Le charme de petits ateliers et de petits outils , en dimension graduée pour les divers -âges (i).

( 1 ) u L^élat sociétaire peut seul présenter è Tenfant, dans toutes les branches d^industrie , un matériel échelonné qui fait le charme du bas âge, comme sera une échelle de chariots, bêches et outils

Soc HAEMONIB. tlV. IH. CH. Yï.

fi. Les gimblettes hannoniques ou application de tout l'attirail des gimblettes actuelles , chariots, poupées, etc., à des emplois Â^apprentissage ou de coopération en industrie (i).

5. L'appât des omemens gradués ; un panache suffit déjli chez nous pour ensorceler un villageois , lui hire sipier l'abandon de sa liberté ; quel sera donc l'effet de cent parures honorifiques »

en sept grindears diâerenles, appliquées aux sept corporations de lutins , bambins , chérubins , séraphins , Ijcéens , gymnasiens et Jouyenceauz. Les outils -irancbans , haches, rabots, ne sont pms encore livrés aux lutins et bambins.

D C^est principalement par emploi de cette échelle «ju^on tire parti de la singerie ou manie imitative qui domine chez les enfans ; et, pour renforcer cet appât, on subdivise les diverses machines en soos-échelons. Tel outil à Tusage des lutins est encore de 3 dimensions adaptées aux 3 catégories de hauts lutins, mi-lutins et bas lutins; c^eft à quoi devront teUler ceUx qui feront les préparatifi de la Phalange d^essaîw

n On emploie de même cette échelle dans les grades industriels qui sont de plusieurs degrés, aspirant, néophjrie, bachelier, licencié , officiers divers, n N> M» , p. 339.

(i) Exemple d^emploi des gimblettes industrielles :

il Nisus et Euryale touchent à Page de 3 ans et sont impatiens d^étre admis-parmi les bambins , qui ont de beaux costumes, beaux panaches, et une place à la parade sans y figurer activement. Pour être admis à cette tribu , il faut donner des preuves de dextérité en divers genres d'industrie, et ils y travaillent ardemment.

n Ces deux lutins sont encore trop petits pour s*entremeltre au travail des jardins. Cependant un malin, le bonnin Hilarion les conduit au centre des jardins , au milieu d^une troupe nombreuse de bambins et chérubins , qui viennent de faire une cueillette de légumes. L^on en charge douze petits chars attelés chacun d^un chien. Dans cette troupe figurent deux amis de Nisus et Enrjale, deux ex-lutins admis depuis peu aux bambins.

n Nisus et Euryale voudraient sVntremettre avec les bambins i on les dédaigne en leur disant qu^ils ne sauront rien fiiire , et poor

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pour enrôler un enfant au plaisir et k des réunions amusantes aycc ses pareils.

4, Les privilèges de parade et maniement d*outib ; on sait combien ces amorces ont de pouvoir sur TenÊint.

5. La gajté inséparable des réunions cn&ntines quand elles travaillent par plaisir ou attraction.

essai on donne à Ton d^enz nn chien k atteler, à Taulre des petites rares à lier en botte-, ils n^en peavent pas venir k bout, et les bambins les congédient sans piiié , car les enfans sont trés-sévérer entre eux sur la perfection du travail. Leur manière est Topposé de celle des pdres, qui ne savent que flagorner Tenfant maladroit, sous prétexte qu^il est trop petit.

t) Nisus et Euryale, congédiés, reviennent tout chagrins vers le bonnin Hilarion , qui leur promet que sons trois jours ils seront admis, s^ils veulent s^exercer à Pattelage. Ensuite on voit défiler ce beau convoi de petits chars élégans; les chérubins et bambins,, après le travail achevé, ont pris leurs ceintures et panaches, ils partent avec tambours et fanfare, chantant Thymne autour du. drapeau.

D Nisus et Euryale, dédaignés par cette brillante compagnie, remontent en pleurant dans le cabriolet du bonnin \ à peine sont-ils arrivés , qu^ Hilarion les conduit an magasin des gimbleltes harmoniques, leur présente un chien de bois, leur enseigne k Tatteler à an petit chariot, ensuite il leur apporte un panier de petites raves et oignons de carton, leur apprend à en former des paquets, et leur propose de prendre pareille leçon le lendemain; il les stimule à venger Tafifront qu'ils ont reçu , et leur fait espérer d'être admis bientôt aux réunions des bambins.

-n Ensuite les deux lutins sont conduits vers quelque autre compagnie et remis à un autre bonnin par Hilarion , qui a terminé avec eux sa faction de deux heures»

•n Le lendemain ils seront empressés de revoir le bonnin Hilarion, répéter avec lui la leçon de la veille. Après trois jours de pareille étude, il les conduira an groupe de la cueillette des peliu légumes^ ils sauront s'y cendre utiles , et on les y admettra an rang de novices

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