TRAVAIL SÉRL\IRE DE RÈGNE ANIMAL, OU ÉDUCATION HARMONIQUE DES ANIMAUX
Il sera démontré tout à l'heure que I'opéra, modèle de toutes les actions mesurées convergentes, Série type en unité matérielle , exerce la plus haute et la plus heureuse influence dans l'éducation harmonienne. Ce résultat , quelque
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bizarre que des Civilisés purs le puissent trouver à renoncé 9 doit être conçu par des lecteurs intelligens, initiés fort avant déjà dans les choses de THarmonie. Admettons-le provisoirement, afia de pouvoir lire un chapitre postérieur à celui où Fourier Ta démontré dans son Traité.
• Les travaux de règne aninul confiés aux Séries d'enfiuis étant tres-nombreaxy je ne m^arrête pas ^ les décrire en détail ; il est clair que Tenfont de 6 ans s*occopera plutôt des pigeons et des volières que des cbevanx et des bœufs. Bornons-nous \ examiner quelqu'un desempbisdb TenfiuiGe harmonienne opérera des prodiges qu'on n*oserait pas m&ne exiger des pères civilisés. Je choisis Téducation mesurée des animaux.
» Cest un travail que T Association fiiit gérer en grande partie par les en&ns de S k 9 ans, qui ^ aujourd'hui , ne savent qu'effiiroocher et vicier les animaux. Il règne dans cette branche d'industrie une telle impéritie, que la Qvilisation ne sait pas m&ne âever le chien , qui doit être le conducteur des quadrupèdes et vdatiles. Gomment saurait-elle (aire leur éducation , quand elle a manqué celle de leur chef?
» Une yérité bien inconnue jusqu'k présent, c'est que les animaux domestiques sont des êtres passibles d'Harmonie mesurée, et que leur éducation ne peut devenir profitable k l^omme qu'autant qu'ils seront élevés selon cette méthode. C'est ici un problème d'enrichissement colossal; il est bien digne de fixer l'attention d'un siècle qui , plus que jamais , juge tout au poids de for.
» U s'agitde prouver que les animaux élevés en Harmonie mesurée , nous rendront le douUe de ce qu'ils nous rendent augourd'huiy \ égà]iié de nombre, et que cette éducation ne peut être frite que par des peuples éleva eux-mêmes à cette unité mesurée dont il Êiudra inoculer le goftt aux animaux. Préalablement il flnt former \ ce talent l'homme qui doit les diriger. Or, ce n'est
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(10*3 l'opëra qu*on peut former k la mesure ce peuple, ces enfâns qui doivent en communiquer le goût aux quadrupèdes et yolatiles.
» Toute Phalange ob le peuple ne serait pas éleyé \k la justesse mesurée qu*on n'acquiert qu*k Topera, ëprouyerait, indépendamment des autres dommages , une perte d^eaviron moitié sur le bénéfice que doivent donner les animaux domestiques dans cet état sociétaire ou leur nombre s^eleyera souvent an décuple de ce qu'il est parmi nous.
» S'il fallait les conduire selon la méthode confuse des civilisés» on ne parviendrait jamais k les diriger ; ils se détruiraient euxmêmes par le nombre; et l'homme obligé d'y donner quatre Ibis plus de temps, de soins et de gardes que n'en exige l'ordre mesuré, se ruinerait par l'éducation même de ces nombreux serviteurs qui doivent être sa principale richesse.
» Je dis PRINCIPALE y et c'est une vérité bien reconnue de tons les agronomes y qui s'accordent^ dire : «si le fermier n'avait que » ses cultures de grains , s'il ne laisait pas des élèves ou animaux » destinés à la vente , il n'aurait jamais de bénéfice , et pourrait » k peine payer le prix de sa ferme. Il ne se sauve que sur les » élèves, soit en quadrupèdes, soit en volatiles. Une entreprise » d'abeilles ou de vers k soie enrichira plus un métayer que tous » sesguérets vantés par les poètes. »
» S'il est une erreur pardonnable , c'est d'avoir ignoré pendant 5000 ans que nos animaux domestiques sont faits pour l'harmonie mesurée» et ne peuvent prospérer sans son intervention. Quand on n'a pas su découvrir cette destination chez les hommes ou l'on en voit tant d'indices, Êiut-il s'étonner qu'on ait commis pareille bévue k l'égard des bêtes, qui ofirent bien peu d^indices d'aptitude k l'harmonie ; car on ne voit guère que le cheval qui soit susceptible d'accord mesuré : cet accord le charme dans la manœuvre en escadron ; le plus mauvais cheval devient on Bucéphale pour suivre la masse escadronnée ; il marchera jusqu'il la mort , et se crèvera plutôt que de quitter l'escadron
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Quatre quadrupèdes seulement nous paraissent initiés à quelques facultés d'harmonie mesurée, le cheval , l'éléphant , le singe et le castor.
« D'autres , comme le bœuf et le zèbre , en sont très-susceptibles, mais dans un état de choses impraticables parmi noos, et qui n^auront lieu qu*en régime sociétaire. Le chien , notre premier serviteur , est très-apte \ diverses manœuvres harmoniques dont nous n^avons jamais eu Tidëe. Nous savons Vélever k des tours de force , des danses de tréteaux , etc. ; nous ne savons loi ensd^er aucun procédé d'harmonie profitable k Tindustrie. Si le cheval est fiât pour Fharmonie des alignemens et des éyolotions, le chien est destiné k d'autres , dont la principale est celle des gammes de direction , que Tordre civilisé ne peut pas mettre en usage , parce qn*il n*a ni grands troupeaux , ni moyens de les élever.
» En Association, le troupeau le plus subalterne, comme celui des oies, forme des masses immenses qu*on ne parviendrait pas k diriger, si l'on procédait selon la méthode confuse des Gvilisés, et surtout k la manière barbare des Français, qui ne savent diriger les bêtes qu*en les déchirante coups de fouet, et disant : pourquoi sont-ils ckevaus, pourquoi sont-ils moutons f
» Tout animal domestique , en Harmonie , est élevé musicalement comme les bœufs du Poitou , qui marchent ou s'arrêtent selon le chant du conducteur. Mais ceci est excès, abus de Finfluence musicale ; on ne doit pas remployer \ ûtiguer les hommes ; il suffira d'en user pour indiquer à Tanimal ce qu'on m^e de lui, selon la coutume des bergers, qui appellent au son du cornet.
» Dans ce genre de service , les chiens peuvent intervenir trèsutilement. Ceux de THarmonie sont dressés k conduire des masses de bétail , ralliées sur un son de clochette ou grelot. Les animaux sont habitués , dès FenÊince , a suiyre tel grelot dont le
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son leur est coonn par le signal de$ repas. Gertames espèces , bœaf» mouton » cheral, portent dès Teniance et \ IVpoque de. leur éducation , la sonnette ou le grelot qu'ils deYront suivre toute leur vie, et qui sufiira seul ^ les distribuer en pelotons et colonnes.
» Par exemple : pour classer et &ire cheminer en bon ordre un troupeau de 24,000 moutons , trois ou quatre bergers a cheyal sont ranges aux extrëmitës et au centre , avec quelques cbiens de police et huit cbiens de gamme , qui , au signal donn^, agitent alternativement leurs colliers de sonnettes, et rallient autour d'eux les moutons ëlevës sur leur note. On range les sonnettes par tierce , afin que chacune s'accorde avec la suivante et la précédente.
» Ainsi le chien k collier de grelots UT passe le premier avec sa troupe de moutons , dont quelques-uns portent comme lui une sonnette en ut. Viennent ensuite la bande MI , la bande SOL et autres , dans Tordre ut, mi , sol , si , re , fa , la , ut ; chaque peloton comprenant environ 5000 moutons.
» Le diapason d'orchestre étant le même par tout le globe , un chien élevé dans un canton quelconque, peut servir pour tous les troupeaux du globe , et un animal connaît partout le grelot qu'il doit suivre. Cette méthode épargne une peine infinie dans la conduite des grands troupeaux , qu'on ne peut ai^ourd'hui mouvoir qu'en masses confuses , avec des fatigues énormes , k force de coups , de morsures et de brutalit<&, bien dignes de la Civilisation perfectibilisée.
» En Harmonie, on conduit plus aisément 50,000 moutons qu'aujourd'hui 500. Occupent-ils la route, des chiens sans collier courent sur les bords et empêchent qu'aucun ne s'écarte : ils sont d'ailleurs retenus par le son des grelots. Faut-il entrer dans un champ ou un pré , pour faire place \ une caravane ? on peut y faire entrer en deux minutes les 50,000 moutons. A cet effet, les bergers placés en tête , queue et centre, font signe aux chiens k collier de sortir des rangs : ils vont se ranger en ligne dans le pré , \ cinquante pas de la route , et agitent successivement leurs
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fois arrête en congrès d*unitë sphérique , sera le mèoke par tout« la terre. Si chacun ^étourdissait comme aigourd^hoi les animaux » de cris divers et arbitrairement choisis , leur faible intelligence n'arriyerait jamais a une discipline collective et unitaire.
» On exigera d*un enfant d'Harmonie, qu'il sache ayant toot, vivre unitairement avec les animaux ; qu'il connaisse leur vocabulaire d'appcb et de commandemens principaux , afin de ne pas contrarier le système adopté pour les régir. L'enfant qui k 4 ans 1/S manquerait de ces notions pratiques, serait refusé au chœur des chérubins : le jury chérubique lui répondrait, qu^on ne peut admettre au rang des Harmoniens un être qui n^est pas encore l'égal des animaux, puisqu'il ne sait ni leur langage, ni leurs convenances.
» N'est-ce pas être au-dessous des animaux que de méconnaître ia déférence qu'on doit \ leurs instincts? ils ne sont profitaUrs pour nous qu'autant que nous assurons leur bien-être. De là vient qu'en France, oh chacun se hâte de crever les chevaux à fisrcede coups, de fatigues et de voleries sur la nourriture, on ne pent pas remonter localement la cavalerie , et on tire de ce quadrupède beaucoup moins de service qu'en Allemagne ou il est ménagé. Le cheval de bataille du grand Frédéric était encore vivant â l'âge de S6 ans; ce même animal, entre les mains des Français , n'aurait pas passé 15 ans ; les palefreniers lui auraient volé moitié de son avoine , et les maîtres l'auraient tué de coups, en disant , pourquoi est-il cheval f
» Les animaux sont heureux dans l'Harmonie , par la douceur et l'unité des méthodes employées à les diriger, par le choix et la variété des subsistances , par les soins de sectaires passionnés , observant toutes les précautions propres a embellir Fespèce : aucun de CCS soins ne peut avoir lieu dans la brutale Gvilisation , qui ne sait pas même disposer commodément les étables. On peut assurer sans exagération , que lés ânes , dans l'Harmonie , seront bien mieux logés et mieux tenus que les paysans de la belle France.
n Le fruit de leur discipline et de leur bien-être éqoifaudra k
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k différence d'une troupe réglée k une masse de barbares sans, tactique. Vingt mille Européens battent aisément cent mille barliares et même plus y car les Russes n'étaient que sept mille contre la grande armée chinoise de plus de 100,000 hommes.
» C'est donc bénéfice du sextuple sur la discipline : il sera de même sans bornes sur la gestion des animaux d'Harmonie, améliorés par le mode composé, qui Qxi^e :
Discipline tneaurêe attrayante; Procédé aériaire en perfectionnement ; Soins passionnés en amélioration de race ; X Réffime unitaire,
u Mais quel sera le nouvel Orphée qui rendra les enfans et les animaux si dociles k toutes les impulsions de discipline unitaire ? quel talisman mettre en jeu ? Pas d'autre que cet Opéra, traité de frivolité par nos moralistes et agronomes, tous d'accord k dire, « gui bien chante et bien danse, peu avance, »
L'adage peut être vrai en Civilisation ; mais il sera des plus Êmx en Harmonie , ou cette discipline passionnée des enfans et des animaux , cette source d'énorme richesse , découlera principalement des habitudes contractées dès le bas âge k l'Opéra , école de toutes les unités matérielles mesurées. Nos prétendus sages, en méprisant l'école des harmonies mesurées , ne sont-ils pas le pendant de ces botanistes arabes qui , pendant 5,000 ans , dédaignèrent le café; ou de ces enCans qui, ne jugeant que les apparences , préfèrent une lourde pièce de cuivre au louis d'or dont ils ignorent la valeur.
u Tel est le vice ou tombent nos moralistes, en dédaignant le specucle, qui doit former l'enfonce^ la pratique des unités matérielles , et par suite aux unités sociales.
» Remarquons, au si^et de l'Opéra, comme des autres divertissemens, que dans l'état sociétaire ils sont en liaison intime avec le travail productif et coopèrent a ses progrès ; effet qui n'a point lieu en Civilisation, ob findustrie ne tire aucun secours , ni des jeux de cartes du citadin , ni d« jeax deqdUet du paysan. II. 33
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Loin de ik , les jeax et di?ertisseinens cmlisës provoquent en tout sens Toisivetë , l'abandon du trayail , et même le crimes le Tol , le suicide , fruits ordinaires des jenx de hasard, snrtoot de la lolerie. Il sera curieux de yoir comment les divertissemens, entiv autres les amours, qui ai^ourd^hui n^ont aucun rapport arec rindustrie productive, en deviennent les appuis dans Télat soci^
taire.
M Une remarque plus importante encore , et qui naît de ce chapitre , c*est que Tanimal qui donne double bài^ce par le perfectionnement attache ^ Téducation harmonique , donne un bénéfice dëcuple et douzuple par la faculté de quintupler et sextupler la masse qu*en élèveraient, sur pareil terrain, les Civilisés, qui ne connaissent ni Tàrt de discipliner au dehors des masses d^ammaux, ni Tart de les harmoniser et distribuer dans d'immenses étables, conune celles de 10,000 poules pondantes par Phalange.
» Ce travail sera en grande partie confié aux soins des enâms, aidés de quelques Vénérables. Quelle mine de bénéfices , quelle source de réflexions pour un siècle qui ne rive qu'aux moyens de GAGiniR DE l'argent, et qui va trouver une mine d'or dans chaque braoïche de travail , pourvu qu'elle soit exercée et distribuée par Séries passionnelles ! »
Après cet admirable chapitre ^ le lecteur me permettra-t-il une parole? me permettra-t-il de le prier de réfléchir sur tout ce qu'il y a de puissant, de sublime dans ce don magnifique du bonheur et de rharmonie, octroyé par l'Homme au monde inférieur, aux vies subordonnées à la sienne dans Tordre de la création ! Adam , l'Homme réhabilité 9 recompose les premières harmonies gênésiaques ! l'harmonie humaine gouverne les har-
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monies inférieures ! la nature est sous la main de l'Homme ! THomme est plus que le Roi de sa création, j'ai presque dit qu'il en est le Dieu....
Ne disona pas ici ce que l'Homme PEUT sur les choses et sur les vies. Cette question n'est pas mûre ici. Elle viendra en son lieu. — Et nous vivons dans un siècle dont l'esprit est tel, que Fourier s'adressant à cet esprit, a dû terminer son chapitre par une considération de lucre !
TRAVAIL SÉRIAIRE DE RÈGNE VÉGÉTAL, OU CULTURES ENFANTINES DE l' HARMONIE.
« En opposant aux désordres civilisés la perspective du bonheur sociétaire , n'omettons jamab de donner des démonstrations en mode composé, ou positif et négatif, par preuve et coqtrepreuve. Ainsi , au ubleau des prodiges industrieb qu'opéreront les enfans harmoniens, il faut opposer celui du vandalisme et de Toisivctc des enfans civilisés.
» J'ai dépeint les en&ns conmie vandales positifs, destructeurs par instinct et par esprit de corps. Envisageons-les maintenant comme vandales négatif , refusant tous les travaux que la nature leur assigne dans le règne végétal.
» Il faut qu'en cette branche d'industrie , la nature ait compté beaucoup sur le service des enfans , car elle a crée en grande alfluence les petits v^uux et arbustes qui doivent occuper le bras de TcDÊuit et non celai du père. Les deux tiers du parterre,
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da potager et du bosquet , se composent de ces menu» plantes adaptées \ i*cn(ance.
» Les fleurs , \ part un très-petit nombre , sont presque toolCB le lot du travail «lÊintin et féminin ; aussi la nature doooe-t-eUe aux femmes et aux en£ms beaucoup de penchant pour les arbustes et fleurs , dont pourtant ces deux sexes n'exercent point la culture dans Tëtat actuel.
» Un bambin qui veut grader et monter aux chérubins , doit , dans ses trois épreuves, choisir au moins un végétal, comme pensée ou cerfeuil , et justifier qu'il a été admis au groupe qui cultive cette plante *, admission qu'il ne peut obtenir que par un service utile et une dexténté éprouvée. Un chérubin postulant pour Tentée aux séraphins , doit justifier, sur trois vitaux au ^oins, d'un service distingué et constaté par le suffrage des ]^roupes compétens. Ces cultures lui donnent peu a peu des notions sur les diverses branches des sciences , car l'agriculture se lie à toutes.
» L'en&nt harmonicn prend parti ti'ès -activement dans les rivalités de canton \ canton. Un groupe d^enfans cultivant les oreilles d'ours )k la Phalange de Meudon , est piqué de voir que celles de la Phalange de Mari y ont en la palme pour le velouté ou autre qualité. Les vaincus veulent connaître la cause de cet insuccès qui tient peut-être aux différences de terres. Lli-dessus, le Vénérable qui dirige ce groupe, leur fait une leçon sur les variété de terres ; et celte étude, répétée dans d^autres groupes, leur donne peu \ peu des notions élémentaires sur le règne minéral. C'est déj^ pour eux un appât à s'introduire dans les écoles, y demander quelque livre élémentaire sur telle branche de la minéralogie , comme le classement des terres.
M Ainsi l'Harmonie ne donne jamais à Tenant aucun en- SBCGNEMENT SIMPLE. Elle ne l'initie à une science que par combinaison avec des notions pratiques déjà acquises sur telle autre science, et noUmment sur l'agriculture, la maçonnerie, la charpente, la cuisine.
»> Les intrigues de rivalités agricoles habituent de bonne heure
ÉDUCATION HARM. — 3". DÉVELOPPEMENS. 5lJ
les enfans à Tesprit spéculatif. 11 est très- nécessaire dans la culture des fleurs : quoi de plus difiicile à élever 'k la perfection, que la jonquille , le narcisse, la renoncule, la tulipe, les yariétës de roses et d'œillets ? Si la nature exige tant de connaissances dans le soin de ces fleurs , c'est quVlle veut former de bonne heure à Tesprit de calcul les enfans qui se passionneront pour les culliver.
» Elle leur a ménagé aussi quelques lots dans la grande culture ; le bld noir , la yesce , la lentille , etc. : une troupe d'enfans qui s'adonnent passionnément au soin de ces végétaux , est obligée d*étudier les qualités de terre et d*engrab, raisonner sur Finfluence des températures pour connaître les causes qui ont. yalu du succès ^ tel ou tel canton. L*enfant adonné par rivalité passionnée a ces occupations y deviendra insensiblement chimiste et physicien , tout en croyant ne s'occuper que des luttes émulatives de ses groupes, de son canton.
» D'où vient que l'éducation actuelle n'a sur l'enfant aucune de ces sortes d'influence , et qu'en aucun sens elle ne l'entraîne aux études ? C'est que les travaux auxqueb on astreint l'enlant , manquent des trois ressorts qui le conduiraient ^ l'étude, ce sont :
» i". La passion. L'on ne sait pas le stimuler par des rivalités de canton ^ canton et de groupe k groupe , telles qu'elles exbtent dans une Série passionnelle.
» 2°. L'emploi mixte. Cet enfant ne travaille pas aux cuisines ou il jugerait pratiquement des perfections ou défauts de l'objet qu'il a cultivé.
» 5". Le raffinement gastronomique, 11 serait dangereux aujourd'hui d'y habituer l'enfant , et cela devient indispensable dans l'Harmonie , ou il doit savoir distinguer vingt nuances de saveur sur le moindre végétal ^ cerfeuil ou persil , qu^il aura cultivé ; sans ce raffinement , il ne saurait pas juger pourquoi son groupe a échoué ou triomphé dans ladite culture; pourquoi tel canton a le 1". rang, tel autre le 3*., 5*. dans l'opinion,
relativement a ce végétal.
» Cette combiDaison de leviers n'existant pas dans l'état civi-
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lise, faut-il sVtonner que Tcnfant ne veuille s*adonner ni k la culture , ni aux sciences exactes , dont les riyalitës de Sërie lui fieraient de bonne heiure sentir le besoin et demander renseignement , sans qn*on lui en sug^rât Vidée !
» Résumons sur cet aperçu : d*une part, vandalisme et oisivetë ; d^autre part , occupation productive et études passionnées ; voiUi le parallèle des deux éducations harmonienne et civilisée : celle-ci, je Tai déjà dit , ne produit que de petits vandales qui bientôt deviendront de grands vandales.
» Tout est faussé dans le système agricole , par cette dëfection des en&ns et des femmes , 'k qui la nature assigne tant de végétaux k soigner. Tous les arbustes en Qeurs ou en fruits, et presque tout le potager et le parterre» doivent être envahis par les femmes et les en&ns. Loin de ïk , un en&nt civilisé n'entre au jardin que pour y manger les fraises et groseilles qu*il n*a point cultivées , Y friper les fleurs et l^umes : aussi , ce qu'il y a de plus k désirer dans un jardin , c'est que les enfans n'y mettent pas les pieds.
» Les botam'stes nous peignent leur science comme la plus intéressante » la plus rapprochée de la nature : d'où vient donc quVUe ne peut passionner Tenfant qui est l'être le plus voisin de la nature, et que loin de se prendre de belle passion pour la botanique, il ne hil que ravager les jardins et vergers, refuser tout travail agricole P
9 On nous dit que les paysans tirent parti de leurs enfans dès l'âge de 7 ans : sans doute , )k force de coups de bâton ; mais quel service en obtiennent-ils P Ils emploieront trente enlans k transporter en fardeau ce que conduiraient trois enfans harmom'ens sur trois chars attelés de trois ânons,
» Une preuve incontestable que les Civilisés ne savent tirer en agriculture aucun parti ni des femmes , ni des enfans , c*est que rhonmie est obligé d'abandonner les travaux qui lui sont spécialement attribués par la nature , et qui sont principalement les forêts et l'irrigation ; deux choses dont le cultivateur civilisé ne peut pas s'occuper, parce qu'il est absorbé par les travaux féminins et ENFANTINS , tels que les petites étables et volailleries ,
EDUCATION H ABU. — 3**. oivELOPPBMENS. Sig^
le potager et autres fonctions, dont les femmes et cnfans devraient le dégager.
» Singulier résultat de la tyrannie masculine ! L'Lomme croit avoir asservi les femmes; qu'en résulte- t-ilP que c'est lui-même qui est esclave; qu'au lieu d'avoir subordonné les femmes, il a d^oûté de l'industrie femmes et enfans. Il se trouve réduit ^ exercer les travaux dont ces deux sexes devraient se charger ; il est) de plus, obligé de prélever sur le produit de son travail, les frais d'entretien et dotation des femmes et en&ins : c'est Teffist de toute tyrannie ; elle se prend dans ses propres filets.
» Analysons mieux le trébuchet ou est tombé le sexe masculin : sa véritable destination est de vaquer aux grands travaux qui exigent la force des bras : tels sont les trois emplois de
Culture des forêts; Ouvrages d"" irrigation ; Soin des graminées.
La troisièaie fonction absorbe tout; Tagriculteor ne peut vaquer, ni a la culture des forêts, ni & l'irrigation et aux ouvrages qu'elle exige: au contraire , le cultivateur ne s'attache qu'^ détruire les forêts ; il détruit par contre-coup les sources et moyens d'irrigation.
» VoiUi donc deux des trois branches de grande culture gérées à contre-sens de la raison. Quanta la troisième, celle des graminées , comment est- elle traitée? j'y distingue trois vices des plus choquans.
» i'*. Le défaut d'engrais et de qualité. On en a si peu, qu'il ÙMi ensemencer des champs en quantité énorme, et à peu près double de ce qu'emploiera l'Harmonie pour obtenir ég»\e quantité de grain. Quant aux qualité d'eograîs, c'est une distinction que ne iisiit ni ne peut fiiire le paysan civilisé.
» â°. Les jachères. Des terres qui se rcpo6ent une année ! le soleil se repose-t-ilP manque-t-il )i venir tons les ans mûrir les moissons ? aurait -on besoin de jachères si on n'employait aux céréales que les terres convenables et soutenues des masses et qualités d'engrais nécessaires ?
5aO HARMONIE. LIV. III. CH. VII.
» 5*. Le8 vices de détail. On Yoit dans divers champs aoUnt de pavots que dVpis. On y voit cent autres nëgligences qui ne seraient pas même connues dans IVtat sociétaire , o\i des groupes d*ei^ns parcourent les champs pour les ëmonder.
u D*ob Tiennent tous ces désordres? De ce que le sexe masculin est surchar^ de la tache des deux autres , qui ne font qu'un simulacre de travail.
» Mais quelle carrière va s'ouvrir pour llndnstrie masculine , du moment oh les deux autres sexes rentreront en disponibilité par le régime sociétaire ! on verra tout ^ coup les 5/6**. des femmes en vacance industrielle , par la suppression des travaux compliqués et parasites qui naissent du morcellement des ménages, du soin pénible des en&ns, de la mauvaise qualité des étoffes et des confections; enfin, des sots caprices de la mode, qui absorbent tant de fenmies en ouvrage de couture interminables et en minuties superflues.
M Après la cessation de ces désordres , on s'apercevra que les 8/6*'. des femmes sont disponibles : h quoi les occuper? A Tagnculture ; elles envahiront donc m^yeure i»artie des menus travaux qui occupent aujourd'hui les hommes.
» D'autres seront envahis par les enCans , qui seront amorcés h la culture par le r^ime des Séries cantrastèeê, Hvaliêées, engrenées.
M Dès- lors il ne restera aux hommes dans la force de Tâge , que les fonctions de vigueur, comme les trois citées plus haut; puis celles de manufacture pénible , charpente , maçoonene , ferge, etc. Ils interviendront accessoirement dans toutes les menues cultures, parterre et potager, mais sans en supporter le soin permanent : ce sera le lot des femmes et en&ns.
I» Cette répartition naturelle est anéantie par la défection des enfens et la complication qui absorbe les femmes. Toute la masse du travail retombe sur l'homme seul , qui , surchargé de la sorte, doit n^liger les branches les plus importantes, comme le soin des forêts et l'irrigation. Il effleure la tâche de son sexe , pour vaquer )i celle de tous trois.
ÉDUCATION HABM. — 3". DÉVELOPPEMBNS. 521
» Jugeons-en par un seul yégéial , par les Raves , senlier des venus républicaines. Si la république ne doit vivre que de raves, au moins faut-il , pour le bon ordre , qu*on répartisse aux trois sexes le travail de culture ; savoir :
Aux en£ins les petites raves ;
Aux femmes les raves moyennes ou navels ;
Aux pères les gros ravognons.
M Telle serait la série naturelle de distribution ; elle est impraticable dans Tordre civilisé : vous y verrez le fier républicain obligé de cultiver lui-même les raves de toutes les dimensions , et de faire en plein Touvrage des deux autres sexes. Désordre inévitable hors des Séries, qui appliqueraient chaque sexe aux fonctions que la nature lui destine. C'est une des conditions nécessaires a faire naître l'Attraction industrielle, qui, même en Séries , ne pourrait pas se développer si on maintenait dans les travaux la confusion d*emplois qui y règne aigourd'hui ; si on voulait , comme dans la Civilisation perfectibiliséè , atteler une femme et un âne a la même charrue ( coutume des provinces-nord de l'Espagne.) Les femmes ne sont guère moins maltraitées dans la belle France.
» On a vu par ce qui précède , combien les enfans sont éloignés de leur destination en travaux de règne animal et végétal, et combien il est évident que le r^ime civilisé ne les pousse qu'k Toisivelé et ^ tous les vices anti-industriels. Les moralistes ont bonne grâce, après cela, de nous vanter les tendres enÊins, si dignes de leurs vertueux pères, petits vandaha, bien dignes de grands vandales/ YoiKi la vraie devise des enfans et des pères civilisés. »
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