‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 132 sur 134 · HARMONIE. LIT. III. CR. VIII · texte numérisé non relu

HARMONIE. LIT. III. CR. VIII

tt >$ En Irantf fttff», j*ai plac^ une métbode vagae, dite 9m%f9» locaU et êpéoiah. Elle consiste \ faire usage des bizarreries et écarts de règles qui peuyent exciter Tattention. Cette metliode irr^ulière devient bonne , pounru qu^elle réussisse \ intâesser et stimuler. C'est ^ Tinstituteurli savoir discerner les im^ularilâ convenables a chaque élève, les transitions opportimes qui réussiront \ éveiller la curiosité.

» Par exemple, Nisus âgé de 14 ans n*a pas de goût pour Tétude de la géographie , mais il s'intéresse vivement à une guerre ou fie trouve son père , et dont diaque jour les gazettes apportent les détails. Il &ut lui en faire suivre les opérations sur la carte , jour par jour« en pointant avec des épingles les positions d'armées. Ce sera un procédé de transition ou amorce locale et spéciale. Quand il connaîtra ce pays , quand il s'y sera intéressé, il faudra savoir Fexciter \ Tétude de la sphère entière , étendre sa curiosité aux n%ions vicinales , et de proche en proche a toole la mappemonde.

» Laquelle des 7 méthodes £iudra-t-il appliquer? Ce ne sera pas celle des civilisés , l'analyse directe , qui décompose progressivement de l'ensemble aux parties ; rien n'est moins engageant pour les élèves; on en rebute les 9/iO si on leur présente la sphère armillaire et ses cercles : on les rebute plus fiicilement encore par la synthèse inverse , qui enseigne les distributions capricieuses et ridicules faites par la politique.

« Peut-être on les amadouerait par im mélange des deux synthèses , de l'inverse ou divbion politique , avec la directe ou distribution des bassins ; genre d'enseignement inconnu am'ourd'hui: et peut-être faudrait-il combiner avec cette étude par bassins , un aperçu de géologie , ou autres amorces locales et spéciales,

u Le but étant de créer un germe d'intérêt chez l'étudiant, et de développer ce germe par des moyens quelconques » toigours bons s'ils réussissent \ passionner pour l'étude , on ne voit pas de quel motif peuvent s'appuyer les civilisés en proscrivant telle ou telle ides 7 méthodes. Au dernier siècle , on blâma d'Alembert sur ce

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qu'il cooseillaic Pemplot de la synthèse inverse en ëtnde de llnstoire. On lui reprochait de vouloir détruire h charme de rhiatoire, et porter la iiehereaee mathématique dans tes méthodes d'enseignement.

n Etrange prévention ! aucune des 7 méthodes ne porte la sécheresse. Elles sont toutes utiles, sauf application aux caractères bits pour les goliter ; et le système d^ensei^ement ne sera pas int^ral, si on ne les emploie pas toutes : il restera beaucoup de caractères qui ne voudront pas mordre )k l'hameçon , et qu^on accusera de nonchalance , d'impéritie , quand le tort sera tout entier du coté des méthodes inconvenantes.

*» Appliquons cette r^e^ l'histoire de France, la plus insipide peut-être qu'il y ait^u monde ; car jusqu'au règne de François I**., on y rencontre ^ peine un dixième des personnages ou des événcmens qui puisse exciter quelque intérêt ; et par cette raison, il convient de la faire étudier selon Tavis de d*Alembert, en synthèse inverse remontant du présent au passé. Jamais on ne réussira d*emblée ^ fixer Tattention sur Pharamond , Glodion , Mérovée et Ghilderic ; non plus que sur une galerie de monarques insignifians, comme

Louis-le-Bègue y Gharles-le-Simple,

Louis-le-Gros ^ Gharles-le-Gros ,

Louis -le-Hutin , Gharles-le-Ghauve ,

Louis-le-Fainéant, Philippe-le-I/ong, ^

Gt tant d'autres de même force , parmi lesquels deux ou trois exceptions , comme GHÂRLEMAGifE , attestent la fiideur générale du svjet. *

» Pour intéresser un élève , il sera plus prudent de commencer par les derniers rois, et remonter jusqu'à François I**. Ici, d'Aiembert et sa méthode inverse auront gain de cause; puis, pour amorcer à l'étude des règnes antérieurs , .il [Êindra recoorir à d'autres voies, comme parallèles, éphémérides, contrastes. L*échelle inverse, ou marche rétrograde, n'auiait plus d'attrait jiu-del^ de François I*'.

» Au siget de ces méthodes, applicaUes \ l'histoire de France ,

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une ample quantité , laissez-les pêcher chacun \k sa guise : on paralyserait Tun des deux, en Tastreignant \l imiter le procédé de Tautre.

n La règle est la même en &it d'enseignement. Qu'on prenne la science en tête ou en queue , peu importe , pourvu que l'étudiant la saisisse. Or, il est certain qu'en histoire moderne , la science prise en queue, en synthèse inverse, intéressera mieux que si l*on dehutait par Torigine des empires actueb , dont les premiers âges sont si insipides )i la lecture , qu'il est impossible qu un enfant y prenne le moindre intérêt.

» Pourquoi donc proscrire ni la synthèse inverse , ni aucune autre méthode ? L'institution doit les varier selon les caractères des étudians , selon les doses d'intérêt que peut exciter chaque sujet traité.

» Ce serait maladresse d^employer une méthode unique pour enseigner les histoires ancienne et moderne : l'intérêt est vif d'un côté et nul de l'autre. L'enfant retient aisément les histoires anciennes , parsemées de merveilleux et de monstruosités. Au moyen de cet alliage , le crime est composé et noble chez les anciens ; il est trivial et simple chez les modernes , oh le m,erveilteux ne figure jamais.

» De-1^ vient qu'un lecteur, à moins d'intérêt spécial , ne parvient que difficilement )i retenir quelques parcelles de FUistoire de France primitive , et que loin d'être fondé à proscrire dans cette étude la synthèse inverse , il faut.l'y introduire , étayée des trois méthodes ff , 6, 7 et autres , que l'Harmonie emploiera concurremment ; évitant le mode exclusif et simple qui se fixe au procédé d'un sophiste en crédit, le généralise dans les écoles , et le proscrit peu après , pour substituer au gré de quelqu'autre sophiste un mode également vicieux, par cela seul qu'il est exclusif.

» Cette manie exclusive du monde savant s'est malheureusement étendue des parties au tout. Sur l'ensemble des éludes sociales , ils ont exclu la moitié la plus intéressante , celle de l'avenir ou des destinées. Les regards de la science ne se portent

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que sur le passé; cUe s*extaaiç devant quelque Tieille pierre qm date du dëlu^ie , derant quelques antiquailles inutiles , comme le lodiaqtte de Denderah , d'où on ne tirera pas la moindre eoitnaissance utile an bonheor des sociétés.

» Absorbée dans ses explorations rétrogrades, elle néglige toute recbercbe ultrograde : on a même frappé de ridicule cette étude, qui, si on Teût traitée n^liërement, aiu^ît conduit bien Tite^ la découverte de quelque brancbe de destinée, au moin» du garantisme , 6*. période. On aurait conclu \ cette recbercbe , dn moment ou la science aurait su constater Talame ou court le monde civilisé.

» On a vu que loin de pencber pour l'exclusivité de métbode , en enseignement, ni en cultures, les Harmoniens ménageront, dans cbaque Pbalange , l'emploi des 7 méthodes unies ^ celles de pivot et transition , sauf ^ en appliquer à chaque sujet ce qui sera adapté k ses moyens natureb.

» De cet assortiment de méthodes naîtra l'iniéffralUd tpifiliM//tf d'enseignement. On y joindra ViniégralUê wMtêrielh; 1*. par les ouvrîmes (i), dont on meublera la bibUoth^^ minime (destinée \ TenÊuice); 3*. par le concours de lumières et de centenaires instruits en tous genres , et qui abonderont dans les divers cantons.

w Cette réunion complète de moyens matériels et spiritnels élèvera dans chaque Pbalange renseignement au degré uvtégral COMPOSÉ ; perfection trcs-siipérieure à celle que peuvent ofirir aujourd'hui les capitales de Paris et Londres, où renseignement est à une distance infinie du degré intégral composé. Au reste, il n'est qu'au berceau tant qu'on ignore la voie des progrès rapides, l'analogie des substances avec les passions, Pivot

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