OIGAHISATIOH. LIV. III. CH. T
Quoi qu*il en soit , la Série est formée, aileroM, ailes et centre, — cerises en centre, framboises et grosetlles en ailes, et fraises en 'ailerons, si vous voulez. — Lps compétentes auront su se classer.
Somme toute, voici une branche d'industrie, w fabrique reposant sur vingt-quatre Groupes fonnot échelle bien nuancée. Les intrigues se nouent sorte recettes, les méthodes; on cabale sur la supéricNÎté (te produits, sur le zèle des Groupes et leur saToir-ftie; on critique, on raille, on exagère. — On peut s'en n^ porter à ces dames pour tout cela. Il but dire aw qu'on se rend justice et que Ton complimente fort le talent. — D'ailleurs la hiérarchie est organisée dias la Série , et quand Faction s'engage , chefs et soldats Ml à leur poste.
On comprend bien, j'imagine, que la Série se fbni^ de la même manière quel que soit l'objet du travail, qu'il s'agisse d'agriculture, de ménage, d'instrodioB, d'art, de science, et quel que soit aussi son persomiel, sa force, le nombre de ses Groupes. — Nous allons examiner dans les paragraphes suivants comment se distribuent, au sein d'une Série, les Accords et les Discods (|ui ne peuvent manquer de s'y manifester. Je prie le lecteur de donner toute son attention à l'examen de ce mécanisme. — C'est la question fondamentale.
LOI StRUIRR. 461
Niinc .1(1 r»in arreilamat cum IVn.
J. KKrrLiaut.
I/lurii:oiiie «la iiKiiidc el celle de la musique ne diffirent pa<, Pttiiaooiir.
Quand la Série est régulièrement graduée par nuances délicates depuis le premier terme jusqu'au dernier, les produits contigus ne diffèrent pas plus entre eux que les sons successifs dans un clavier d'orgue ou de piano. Par ainsi, ses vingt-cfuatre Groupes — supposons-la de ce nombre — forment deux octaves successives, et nous pouvons, pour nous entendre, leur donner les noms portés par les notes auxquelles ils correspondent. — Voici donc notre Série de vingt-quatre Groupes.
S/, UT, ut**, rp, re**, mi, /a, fa**, sol, sold, /a, la**, si, ut, utJ, re, red, mi, /a, fa**, sol, sol*, /a, la**.
Considérons le Groupe mi de la première octave. Ce Groupe MI est nécessairement en violente discordance avec ses voisins re** et fa; car les produits différant fort peu, la concurrence est très-active. De même ut de cette première octave discorde vivement avec ut*^. Quant à 7-c — suivez bien, je vous prie, — il donne des produits trop semblables encore à ceux des Groupes mi et lt pour s'entendre bien avec eux. Mais mi et ut sont assez éloignés dans l'échelle pour n'avoir pas à se jalouser; bien au contraire, vous les voyez se liguer mutuellement contre l'ennemi conuuun , contre les Groupes ut^,
402 oi6i!ns4Tio5. uv. m. ex. r.
r-? et re-. Ut et si Sf^ plai^^Dt a se d<inner des a «>>xaiter n]ij*.u*^li^fu^Dt . a S4? ret-oanafirp Tiui Vwn comm^ (lartlsâb:^ <iu ^MiD ;:tiàt. de< iKioces tioctriies. D existe entre ttfs linjuj»»^ »i et ii un accord de ^.^«trfisie: il> formant [lai.te offensif et defensif. soateBiiL envers et contre tous, leurs travaux et leurs prodai réciproques, se prêtant s*»cours. s' entr aidant à Tcpinn. et n'épargnant, a Toccasion. ni plaisanteries ni criùqjrf aux voidins.
Mi et SOL. eux. sont en parfaite position pour $'(•tendre, car tous deux ont pour rivaux les Graapes fa et fa^. — Ut. XI . sTiL forment donc alliance fêdéiativf H Accord parfait. — A loclave supérieure, ct, mi, sol. qui occupent des rangs analogues dans la Série, nepnvent se dispenser d'entrer dans lalliance. — MaisvoBS pensez que les Groupes contre lesquels cette alliance-d est dirigée ne manqueront pas de former aussi soutenance entre eux. et vous verrez une autre ligne de rt, fa, la, par exemple, dans les deux octaves : re» /a, bi re, fa^ la.
Ces nouveaux Groupes formant alliance mtre eux, k i(m de cette alliance sera différent, sans contredit, di ton de la précédente.
Tout cexi se produisant par effet de passi<m, en milieu parfaitement libre, n'a rien de raide ni de forcé. Il e^ certain seulement qu'un Groupe discorde natorellement avec ses contigus; qu'il |)eut difiicilement s'acnrder avec le sous-contigu, et qu'un intervalle de trois
^01 nftRUUB. ita
à quatre nuances ou demMoDS convient géoéniement pour former Accord. Ainsi de ut à m nous avons eu un Accord à quatre intervalles, quatre nuances, quatre demi-tons; de xi à sol l'intervalle était plus court d'une nuance, et F Accord total, composé de cette manière, correspond à celui qui est produit en musique par une tierce majeure et une quinte juste, c'est-à-dire à T Accord parfait majeur.
Yoilà la loi générale de la consonnance naturelle, et qui vous donne les alliances correspondantes aux Accords parfaits en majeur, et en mineur, dans les différents tons. — En resserrant ces intervalles, on tombe dans des dissonances d'autant plus fortes que les intervalles diminuent davantage. Pourtant, de même que ces dissonances sont continuellement employées en musique, de même les Rivalités s'établissant dans une Série à des titres divers : on voit souvent se former momentanément des Accords différents de i' Accord parfait ; et les modulations du jeu variable des Rivalités combinent les dissonances industrielles comme se combinent en musique les sons et les Accords dissonants.
Ceci suffit pour démontrer que les Accords et les Discords d'une Série bien régulièrement graduée, sont en parfaite analogie avec les Accords et les Discords de TËdielle musicale.
Les sectaires d'un même Groupe sont en Accord d'identité simple avec eux-mêmes, comme le son ut est •Q Accord d'identité avec lui-même ;
Hi OtCAinSATfOlf. LIT. HI. CH. ▼•
Ils sont en Accord d'identité composée avec omt du Groupe à distance d*octave, comme les sons ut et UT (octave supérieure) ;
Ils forment Accord de contraste avec les Groupes de tierce et de quinte, comme les sons ut, mi, sol ;
Ils sont] en dissonance plus ou moins forte avec les Groupes contigus et sous-contigus, comme le son mi avec les sons re, re**, /a.
N'oublions pas toutefois que tous ces Groupes, appartenant à la même Série, se rallient autour du mAme drapeau, comme des compagnies, qui, pour rivaliser entre elles, n*en soutiennent pas moins àprement l'honneur du régiment. Ces Groupes rivaux sont loin d'être ennemis ; et, bien que les Accords de soutenance réciproque soient plus régulièrement établis sur les Groupes à distance de tierce, de quinte et d'octave ut, m, sol, ut, re, /a, te, re, etc., les autres n'en sont pas moins susceptibles de se rendre des senices mutuels, de s'entr'aîder, de se porter secours quand l'intérêt de l'aile ou de la Série l'exige : c'est-à-dire que, dans les différentes Modulations exécutées par la Série, tous les Accords possibles peuvent et doivent être amenés. Puis, suivant les temps, les choses et les hasards des combats industriels, les supériorités se déplacent, les succès se partagent, et, suivant que la victoire se déclare pour une alliance fédérative, suivant qu'un parti l'emporte, qu'un Accord domine, la Modulation ce jour-là s'exécute dans le ton de cotte alliance, dans le mode auquel appartient cet ke^
LOI StRIAIRB. 165
cord. — Ainsi, non-sealement ï Echelle sériaire passionnelle présente les Accords et les Discords de ÏEchelle sériaire musicale; mais encore, — et c'est d'ailleurs d'une nécessité logique, — les lois harmoniques qui régissent la composition des sons musicaux sont identiques avec celles qui régissent les harmonies du clavier passionnel.
Il est sensible que la Série sera d'autant plus riche en Accords et en Discords qu'elle sera plus forte en nombre, mieux et plus régulièrement graduée; de même que ia harpe à quarante-deux cordes des modernes est bien autrement riche en harmonie que le tétracorde, ou lyre à quatre cordes, des anciens.
En tout ceci il n'y a rien d'arbitraire, rien de fictif, rien d'imaginaire. Organisez des Séries, et vous verrez éclater bientftt, naturellement, d'elles-mêmes, ces consonnances et ces dissonances : les Accords et les Discords naîtront spontanément sous vos yeux ; les ligues fédératives de soutenance réciproque et de Rivalités combinées se développeront; elles vous emporteront vous-mêmes dans leurs mouvements ; vous fonctionnerez dans les Modulations variées où elles auront puissance de vous entraîner en suscitant vos facultés sympathiques, en faûsant vibrer chez vous toutes les cordes à l'unisson.
Une Série, c'est donc un instrument d'harmonie social, un clavier qui a son timbre, ses sons et ses Accords ;
Et la Phalange formée par la combinaison de toutes les Séries, modulant sous la direction de la Régbuce,
4W oftGAinsATMni. ut. m. cb. t.
pooToir de dÎTPflioii. libreniwt cImmsi H arcppté par HIes. — la Phalange eo artmi ifMatf et cadenrée. r p«t un ^rand et ma^ifiqne orchestre â dixhnit cents ex^'utants. c'est an immense conrert oi vns entendez par centaines les voix graves, sonores et tv brantfs de<i hommes, mariées aa\ von suaves o« Bètalliques des femmes, aux voix argentines et soraigris des jeunes filles et des enfants
Et si chaque Phalange est un immense et magniliq* orchestre. (|ue sera la pro\ince . que sera la nation ?... que sera le Globe, quand il étalera sur ses grands coitinents, ses villes, ses capitales et ses trois milKoDS de Phalanges, dont chacune aura sa voix dans le concert d'amour et de joie que la terre alors élèvera vcn ks cieux !...
Oh ! ce sera un glorieux, un noble et religieux oo&cert alors, digne de l'homme qui le chantera et de IKei qui Fécoutera ! — Alors aussi tout homme saura cobprendrc ce (|ue le génie de Pythagore avait pressenti, ce que d'anciens sages ont répété, ce que Kepler croyait, et ce que F'urier a carrément établi et gloneasemeat démontré, à savoir :
LA IfATUM EST UNE DANS SES LOIS ET AHALOGIQQI