LUXE , GROUPES , SÉRIES
telles sont les trois grandes conditions de charme, les trois foyers généraux d'Attraction.
Si vous affaiblissez l'un ou Vautre de ces foyers, si vous diminuez leur alimentation ou leur intensité comburante, la puissance attractive diminue. Si vous affaiblissez encore, si vous éteignez la flamme, vous arrivez aux repu-
ÂTTtAcnoïc ^kmomwuM. 4M
gnances, dont vons verrez augmenter gradaellement les énergies au fur et à mesure qu'aux conditions ci-dessos se substitueront de plus en plus les conditions opposées, les conditions dTilisées et subversives, la mùèrûy Ytsole^ ment, la monotonie.— Ces dernières conditions sont toat<« à-fait négatives. Elles sont Tabsence même des condi^ tions essentielles de la vie et du bonheor, eomme le froid est l'absence de la ehalenr , les ténèbres l'absence de la lumière... Les répugnances dérivent des conditions négatives offertes par le Morcellement, comme Tattrah dérive des conditions opposées, des conditions positives de rOrdre sériaire. — ^Le travail étant attrayant dans les conditions de la Phalange, il ne saurait se fkiire qn'Q ne fût pas répugnant dans les conditions opposées ; et étant répugnant dans les conditions des sociétés actuelles, barbares ou civilisées, il ne peut pas se fidre qu'il ne devienne attrayant dans les conditions phalanstériennes. — C'est la preuve et la contre-preuve. — C'est fbrcé; c'est irréductible. Mettez ce raisonnement entre le nuu> teau et l'enclume, tirez-le à la filière, .passez-le au lami* noir, frappez dessus, essayez de le broyer, et vous verrez que tous vos efforts resteront inutiles. Vous ne Tenta-* merez pas d'une ligne. -* Comprenez donc alors la verta de ce fameux argument, que le tramil ne êera Jamais atirayanÉ, pabcb que il a toujours iti répugnant. Depuis dix ans, pourtant, moi j'entends le Civilisé répondre anx transcendantes déductions de Fourier avec ce lourd et stupide parce que, jeté dans le plateau de la balance comme l'épée du Barbare ! — Allez donc aux causes, cerveaux étroits, idiotement butés contre les effets, comme si ks eflets n'avaient pas de eantes... Eh! ettlid-
200 OKMfISATIOK. APPUfBllCB.
nement, le travail organisé à la barbare, à la civilisée, a été, est, et sera dans tous les temps répugnant. Qui le nie? qui nie cela? parlez, est-ce nous? — Nous? mais c'est nous qui le proclamons, ce fait. Nous le crions pardessus les toits. C'est sur cela même que nous faisons pivoter notre critique de Tétat barbare et civilisé.... et on nous iqiporte cela comme une objection ! L'effet civilisé 9 produit par la disposition civilisée, on nous le vient bravement jeter comme conséquence d'une disposition ANTi-civilisée ! En vérité, on n'est pas plus béotien que cela. — Par Sainte Logique ! toute la question est de savoir si les conditions phalanstériennes sont les mêmes que les conditions civilisées. •• Ehbien! elles sont en tout point opposées.
Enfin, c'est une chose légitime que de tenir compte du soleil, il s'agit d'une question de jour ou de nuit, ce me semble; et vous ne recevriez pas le raisonnement d'un homme qui vous dirait : « il ne fera pas jour quand le soleil sera levé, parce que il fait nuit quand il est couché. » — Que nous dit-on autre chose , pourtant ? c Le travail sériaire, — exécuté dans les conditions d'attrait, — ne sera pas attrayant, parce que le travail civilisé, — exécuté dans les conditions contraires à l'attrait, — est très-répugnant? » — Je vous donne pourtant ma parole d'honneur que beaucoup de vos penseurs, de vos célébrités, dont les noms courent l'Europe, que vous êtes habitués à regarder comme de rudes têtes, auprès desquels, mon bon lecteur, vous allez peut-être jusqu'à vous croire un imbécile, que ces penseurs célèbres, dis-je, pensent et raisonnent ainsi, -^ ni plus, — ni moins. — •
ATiaACTJiOIf PASSIOlfHBLU. S04
Ah ! Jocrisse, iagénieux Jocrisse, qui te jettes à Teau pour t'abriter de la pluie, conune tu es débordé!... Que je sais de penseurs, de graves auteurs, d'académiciens et X hommes du progrès^ qui sont de force à te rendre dix points en vingt-quatre ! • . •
Les causes d'attrait sont les satisfactions des conve* nances passionnelles, indéfectibles et de nature ;
Les causes de répugnance sont les lésions des mâmes convenances passionnelles, indéfectibles et de nature :
Or, il y a trois ordres de convenances passionnelles, constituant trois foyers généraux d'Attraction ;
1® Les convenances des cinq sensj Goût, Vue , Ouïe, Odorat, Toucher, déterminent cinq espèces de besoins et de plaisirs que nous appelons pâmons sensitives. Cet ordre de passions est spécialement relatif à la vie intérieure et animale de l'être. Il met l'homme en attraction directe sur le Luxe.
V Les convenances de l'âme, ou besoins et plaisirs des quatre affections. Amitié y Amour ^ Ambition (lien corporatif), et FamiUe^ que nous appelons passions affectives. Cet ordre de passions est relatif à la vie extérieure de Télre et préside à la combinaison des individus, à la formation des liens, des réunions sympathiques, des Groupes.
3* Bnfini les convenances de rinteUigance lectrioe et
203 oioânisation. APraiimci.
de la vie sociale, les passions relatives au classement, i la régularisation et à l'ordonnance des choses, à lafliliation hiérarchique des Groupes élémentaires, à la combinaison des sympathies et des antipathies, au jeu des Accords et des Discords alternés. Ce sont les passions DiSTRiBUTivES. Ellcs président à la formation des Séries, et sont les hauts ressorts d'ordre social et d'Harmonie.
Ces trois ordres de passions correspondent aux trois faces de la nature humaine ,
Les sens qui appètent, — sphère matérielle;
Le cœur qui aime, — sphère animique;
La tête qui combine et mesure, — sphère intellectuelle.
Le besoin de l'harmonie de ces trois sphères avec ellesmêmes, avec le monde extérieur et avec Dieu, constitue rUxiTÉiSME, passion suprême, qui n'appartient dans l'univers qu'aux Êtres appelés à partager l'œuvre de Dieu, à UÉfîiR. — L'ilnitéismo est signe de royauté parmi les races. L'homme seul sur la terre en porte au front la divine empreinte.
n y a donc douze passions radicales :
Cinq SensittveSy tendant au Luxe; Quaivc Affectives, tendant aux Groupes; Trois DistributioeSy tondant aux Séries ;
Et ces douze passions sont appelées toutes à se résoudre
ATTEàCTIOH PASSIONKIILB. 208
dans rUifiTÉiSME^ comme les sept rayons colorés du spectre solaire se résolvent unitairement dans le rayon blanc.
Voilà l'analyse de la nature passionnelle de Thomme ; voilà la véritable base de la Science sociale.
On ne doit pas confondre la pauion ay«c ses essors, la cause avec Teffet. Ch. Fooaixa,
.— Mais, me dira-t-on, étes-vous en droit de dire que ces douze passions sont les passions radicales^ qu'il n'y en a pas d'autres ? que ce sont là les mobiles primordiaux de toutes les actions humaines ?
"'— Je m'en remets à vous du soin de répondre. La nature des hommes dans le passé, dans le présent^ au*
tour de vous, dans vous, présente-t-elle une autre face que les trois faces matérielle, animique et intellectuelle? connabsez-vous une autre sphère que ces trois sphères, voyons, réfléchissez?...— non, n'est-ce pas?
Dès-lors ,
i» Dans la sphère matérielle ou sensitive connaissezvous un sens de plus que les cinq sens, Vue, Odorat, Otmf Goût et Toucher?
9^ Connaissez-vous, dans la sphère, animiqœ tme
iOi ORGANISATION. ÂPPKNVICX.
passion de plus que les quatre passions : Amitié ^-atEection unisexuelle, dominant surtout dans Tenfance de la vie; Amour — affection bisexuelky dominant dans la jeunesse; Ambition — affection corporative, dominant dans la maturité; Famillisme — affection générative (relient les générations successives), dominant dans la vieillesse?^ Connaissez -vous dans les régions affectives de l'âme une affection qui ne soit effet ou combinaison d'une ou plusieurs de ces quatre affections qui se partagent la domination de la vie de l'homme?
3^ Enfin, dans les exigences de la sphère intellectuelle qui doit présider à la distribution des choses, à la combinaison des sons passionnels , connaissez-vous d'autres éléments que la consonnance, la dissonance et la modulation, l'Accord, le Discord et TAltemat, et tronvez-vous dans la sphère des passions distributives d'autres passions que la Cabaliste génératrice des Discords, la Composite génératrice des Accords et la Papillonne génératrice des Alternats (i)?
Et toutes ces passions de genre, qui ne peuvent être satisfaites simultanément que par l'harmonie générale, ne sont-elles pas dominées par le besoin de cette harmonie supérieure, par l'Unitéisme, qui est leur foyer commun?
(1) J'ai trouvé, depuis la composition de ce livre, par la détenni* nation de la loi ontologique da système passionnel des êtres, la démonstration à priori de ce qal n'est ici démontré qu'à po«fefior{. Mais cet à poaeriori est plus qae suffisant dans on oavrase élémentairs.
ÀTTIÀCTION FASSIOHHSLIS. 905
— Bien, très bien. Mais comment appellerez-Tons la
haine, la vengeance, la colère^ la crainte, etc si ce
ne sont pas des passions ?
Tous ces mouvements, et bien d'autres que des[^^x)60phes ignorants ont appelés des passions et donnés comme des forces constitutives de la nature humaine, ne sont que des effets des essori faux, des récurrences des passions primitives. Vous hcCisseZy vous vous vengezy vous entrez en eo/^e, quand vous êtes contrarié, choqué, blessé dans les désirs de vos sens, dans vos affections d'Amitié^ d'Amour, d'Ambition, de Famille, dans le développement de l'une quelconque de vos passions radicales. De même vous craignez pour vous, pour vos jouissances, pour vos affections menacées. La peur souvent est un effet à*absence de passion : les êtres les plus faibles deviennent courageux quand la passion est fortement excitée chez eux. Voyez dans toute la nature, par exemple , le développement du courage des femelles, à l'époque de leur fonction, de leur passion de maternité.
Pour peu qu'on y prenne garde, on verra facilement que tous les mouvements subversife, qu'on a rangés jusqu'ici parmi les passions, ne sont que des essors plus ou moins faussés des douze passions de gamine, ce qui renverse toutes les imputations de perversité native, faites à la nature humaine. Du reste, notre objet n'est pas de traiter ici les questions dans lesquelles nous entraînerait cette dernière considération ; je me réserve de le faire dans on ouvrage postérieur. Nous avons à envisage id
lei fomhmi wam k f^lfot de rattnît mfjm urÀrt aiahr le et iMXre fmtUae.
n 7 a trr/i» ordres de pftiaoïB compooniit sbx trois ipbéna de la nature homaiiie. on. ce qui est ^ôiénl et
Lft HMilBB, prmdpe pMBf d L BmT| principe actif et moteur ;
La ninriMâTHlCBy principe neutre j nUtnl et réjBfulafenr.
Chacnn de ces trois ofdres IbiiniitseipiSBOlispiraeih liiresy qni se résolTent en trois foyers prindpanxd'Alln»tion, et y & un point plus élevé, s'unissent dans nn fojer snpérienr commun, ainsi qu'on peut le toir dans le tableau suiTanty que j'engage le lecteor à méfiter vn peu.
ATTIACTIOH MSSIOinniXl.
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908 OlOAinSATION. AFnimfCE.
Si nous vonlions compléter Tanalys? de la nature humaine, il faudrait, à ce tableau des puissances passionnelles ou motrices des trois sphères, ajouter celui des £BiCultés que ces puissances mettent en mouvement. L'homme en effet est doué de facultés physiques^ -» les forces musculaires, — de facultés sentimentales^ et de fiicultés inteUectitelles. Ces facultés sont les moyens de l'aditivité humaine, qui se se développe sous trois faces, Il Science^ Y Art et YIndustriey — dans le sens matériel et restreint in dernier mot. — Mais ce (pi'il importe bien de remarquer, c'est que les facultés que je viens de signaler sont seulement nos moyens d'action, niais nullement les causes de nos actions. Les forces musculaires, les fieu^ultés artistiques, les facultés intellectuelles, dorment iasA que la passion ne les éveille pas. La passion est le mobile antérieur, la cause du mouvement. Les facultés sont aux ordres de la passion et exécutent ses commandements. Ces facultés servent les essors subversifs auai bien que les essors harmoniques de la passion. En face de la passion elles sont un âément tout-à-fait passif, inféodé à la passion, élément actif qui les suscite. Les trois ordres de facultés sont les agents de la passion, ses manœuvres, ses soldats, ses employés, ses éclaireurs. Il est tout-à-fait faux d'ailleurs d'établir une coïncidence absolue entre ces facultés et leurs passions respectives dans les trois sphères, car les trois ordres de passions Sensitives, Affectives et Distributives, mettent indistinctement en action les facultés physiques, animiques ou intellectuelles. Un déair des sens provoque le jeu des facultés de l'esprit.
comme xm htsoin des Pistributives ou des AfEsctives provoque un développement des forces musculaires (i).
Le caractère esseptiellemept actif de la passion va si loin, que l'on a presque le droit de dire que la passion crée les facultés. Un caractère élevé en titre p^jonnel i^ peut pas être pauvre de facultés. C'est ce q^e Ton a exprimé à peu près en disant que le vouloir fi^t Ip ppf^r voir. — Qui n*a reconnu par soi-même combien plus on vaut dans l'excitation passionnée que dans l'état de calme et d'atonie ; combien l'on acquiert, par la passion, de
(1) Si c'était ici le lieu, nous montrerions, en poussant un peu ces considérations, combien était ignorante des premiers éléments delà science de l'homme, ime doctrine qui naguère faisait pivoter toute la tliéorie sociale sur une division tirée des facultés, et qui croyait avoir produit une formule d'organisation sociale, en donnant une pure classification des natures, suivant les prédominances de leurs facultés indu$irifiUes, arlUtiquet ou scientifiques, ce qui ne constitue pas p)us la science sociale, que la science ciiimiquo n'^ constituée quand on a dit que cette science s'occupe des corps métalloïdes, métalliques, et gazeux. — Il est vrai que derrière cette classification dans laquelle on encadrait Thumanité ordinaire, on avait imaginé une nature pontificale qui sortait fort à propos de la coulisse, comme le Dieu de la scùnc antique, et au moyen de laquelle on avait réponse à tout, car elle était onmipotente. T.oulela Tirtualité, toute la spontanéité , toute la volonté humanitaires étaient en elle. Telle était la création bixarre par laquelle on remplaçait la force passionnelle que chacun de nous porte en soi, et qui est prédisposée pour l'Harmonie, à la condition de jouer dans son milieu propre, — milieu dont la recherche constituait le p|:o- UÂme de la Science sociale. — Dd reste, 11 était digne de la CivilisaUon d'accoucher à la fois, dans sa plus haute période de gloire^ des absurdités égalitaires de nos radicaux, et du pontificat onmi- YO^ des Saint-Simoniens.— Ce qu'il y a de mieux encore, c'est qnll eet ai^piinl'hoi bien des esprits qui trouvent le moyen d'apputêplitlmnltiinéinept aux deux fut^ •- dCoNforcr, d t^^om! (l** /ffk.)
S4Ô OIGÀNISATION. AFPKKBICl.
puissance intellectuelle, d'inspiration artistique, d'habileté, d'adresse et de force musculaire ; combien tout ce qui se fait avec goût, avec amour, est supérieur à ce qui se fait avec indifférence ou répugnance !
Si nous voulions maintenant dresser pour les facultés un tableau analogue à celui que nous avons fait pour les passioas, nous le disposerions ainsi :