‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 38 sur 134 · III · texte numérisé non relu

III

Pow^aoi?,

hm tiigwiced dM di»lite panioiis et de TUniliifliiie dk terminant tes condition» d'attrait» est-il recevaUfi de dira en système absolu que Thomme aime le repos et hatt It timyaUf ^^VMj non et non» cela n'eat paa tiu. Vhionam est né pour Taction. Il apporte des aptitudai qui Ty prédisposent, des forces qui Ty poussent. Qoifld il n'agit ni ne s'occupe, l'ennui le saiât et le dévore.

Mais il 4at TVii qu'en (àCB d'un travail dont lea easik tiens sont à contre-sens des exigences passiopndtaïf l'homme préférera le repos? L'homme aime le plaisir, -vojlà tout* Que travail devienne plaisir, c'estrA-dire moyen à'emtàtum 6t de satisfoction dies douxe pawoDi» il l'bonunA WHm U travail.

Les gens qui ne savent ou ne veulent pas raisonner ni remonter au^ causes, font ici une singulière argumentation. Ils distinguent tout ce qui est adjon en deux cias* ses, celles qui ont un résultat utile, celles qui ont un résultat nul ou futile. A l'exécution des premières ih donnant le nom de travail^ à TexécuticHi des sacondea k nom d*anmsetnent9 ou de plaisirs ; et comme on voit auvjourd'hui les hommes courir après les plaisirs (résnitii improductif), et ne se livrer généralement que par nécessité au travail (résultat productif), ib c<mciaent har-

ATTlACTIOlf PAMMnmBLLB. 213

diment qu'on n'a pas le sens commun quand on admet

la possibilité du travail attrayant.

Vous leur citez des exemples très-communs, leur propre exemple à eux-mêmes, pour prouver que souvent on se crée des occupations, qu'on se passionne pour des travaux d'art, de science, de construction, pour certains exercices d'horticulture, de menuiserie, pour la pèche, la chasse, etc. ; exercices qu'on est bien libre de ne pas prendre et qui ont un résultat productif, pour lesquels on se fatigue souvent beaucoup, qui présentent des dif6cul->

tés et des obstacles contre lesquels on s'acharne On

vous répond que ce sont des amusements. Eh ! pardîeui je le veux bien, ce sont des amusements. Mais pourquoi ces exercices sont-ils des amusements? voilà ce qu'il faut savoir. Et quand vous vous serez rendu compte de ce pourquoi, vous aviserez à voir si d'aucune façon on ne peut changer aussi en amusements, — puisque amusement il y a, — l'ensemble des exercices de science ^ d'agriculture, de fabrique, d'art, etc., qui constituent l'Industrie. Voilà toute la question.

C'est une chose qui n'est pas merveillense; m VMté, que l'on voie dans l'état actuel les hommts oCiurir après leê plaisirs et fuir le travail. Un manœurrey un kbou-

reuTy un artisan, un employé d'administration •• un

tratailleur civilisé, en un mot, trouve son travail encar dré dans une certaine forme qui est indépendante de ses goAts, de ses Attractions, et qui est inflexible. CetU fimnt M pnnel pas kss jouissMces et ]m wtdtsMiM nssfasi'

21 i 0E«AIII1ATMHI. àWnnWÊCM.

nées; au contraîre, dk est dirigée en sens ioTerse do vœa des passions.

A) I^a nature veut Félégance, le luxe, la richesse, la santé, les plaisirs des sens ; — y) le travail morcelé et civilisé, le plus souvent, blesse les sens, altère les organes, détruit la santé, et suffit à peine à l'existence du travailleur et de sa misérable famille. VoUà la conditioa de travail pour les masses. — Cette condition s'améliore à mesure que vous montez les degrés de l'échelle sociale Aussi le travail, de moins en moins ingrate

mesure que vous montez ainsi, devient-il, à ce titre, de moins en moins répugnant. Est-ce qu'un bourgeois à sa boutique, à son bureau, éprouve des répugnances aussi fortes que le malheureux qui passe sa journée dliiver dans la Seine glacée, l'eau jusqu'à la ceinture, pour ga* gner trois francs à retirer du bois de flottage î

B) La nature veut les réunions de gens qui s'aiment, se recherchent, sympathisent, hommes, femmes, enbnti, parents, amis, amants, collègues, inférieurs et supérieurs; elle veut la libre formation des Groupes correspondants aux passions afiectives : — g) le travail civilisé et morcelé isole le travailleur dans sa fonction, ou le met btce à &ce avec des êtres qu'il n'aime pas ; étoufie et tue les pasâons afiectives, et apporte ainsi le vide, son ennui et son désespoir, ou la haine, à la place des jouissances actives du cœur, des chauds épanchements de l'âme, de l'exaltation des vives sjmpathies. — Quel est l'homme au monde assez borné pour nier qu'à mesure qu'on se rapproche des oonditioDS relatives à l'essor des quatre passions af*

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fectives, le travail ne devienne de moins en moins répugnant et ne converge vers le plaisir? — Ce ne sera pas vous, lecteur, qui nierez cela, j'en suis sûr.

C)La nature demande une succession de positions variées et contrastées, le mouvement, les changements de scène, les incidents, les alternances^ c'est la loi de vie. Elle a horreur de la monotonie : — 3) le travail civilisé cloue pour le jour et la vie Thomme à son œuvre, à une œuvre identique. — D) La nature veut des Accords, de grands mouvements synergiques, entraînants et passionnés } elle a mis dans tous les cœurs des cordes que les enthousiasmes des masses sympathiques font ^brer à l'unisson; elle veut aussi des IMscords, des luttes, des cabales de parti, des intrigues excitantes, de vigoureuses et puissantes dissidences : elle hait le calme plat, l'atonie, le vide, la torpeur : — q) le travail civilisé baigne dans l'ennui, ne tend aucun ressort, et laisse toutes les cordes débandées, flasques et pendantes. — Qui peut dire que, dans tous les cas accidentels et hors de règle civilisée où ces ressorts agissent plus ou moins dans le travail, on ne voie les champions industriels plus ou moins stimulés à l'œuvre , plus ou moins en Attraction sur l'objet de l'œuvre ?

E) Enfin la nature humaine fait un besoin à l'individu de rattacher son action à une œuvre d'ensemble, déjouer dans le grand concert de l'ordre général, d'avoir un rôle apprécié dans un tout harmonique. C'est aux satisfactions de plus en plus larges de ce haut et noble besoin qoe sont attachées les grandes et religieuses jouissuiioes,

?t6 oicjumâtîM. kPtïïSMcâ.

le* in^ratioii? çapérieiire«. le? £!mi4io!es ^ynenries. — 31 LetraTail •.i^ilisé encïJA le traTaillenr dans le mîsjnble cercle de »ctn é^oîfme individuel. Xoui an pins de son égoîfme familial. L'action humanitaire est morcelée, fragmentée, on plntdt elle n'existe pas : il n'y a pas d'ensemble. d*ordre. d'unité : tont se contrarie, se choque. se brise. Le travailleur cÎTilisé ne peut avoir à se rendre ainsi qu'un triste témoignage de contrainte et d'êgoîsme, au lieu d'être emporté dans les hauts accords de ITnitéisme et de la Liberté.

Voulez-vous comprendre maintenant la cause dn bit que vous exprimez, quand vous dites, l'homme aime le$ plaisirs et fuit le travail ? Eh ! mon Dieu, c'est que dans la forme sociale actuelle nous ne sommes pas libres de disposer nos actes industriels de manière à les mettre en consonnance avec notre nature, avec nos passions : le milieu industriel ne s'y prête pas : tandis que nous nous rapprochons de cette consonnance dans Tordre des actes qu'on appelle /es plai$ir$.

Pour un manœuvre non intéressé à son travail, rétribué très-faiblement, exposé aux injures de l'air (lésion des Sensitices), isole (lésion des Affectives)^ lié à une tâche monotone (lésion des Ùistributives), le travail est répugnant. Mais le cabaret est attrayant pour ce manœuvre, parce qu'il y est abrité contre les excès de la température ; parce que le vin et le tabac lui font des exdtatious et des plaisirs (essor des Sensitives); parce qu'il y rencontre des connaissances, qu'il s'y réunit à ses amis (essor des Affectives) ; parce qu'il y discute, qu'il y tromre

ATttACHON <'AS9fOêmfelL«. 247

des sujets d'intrigue et d'orgasUie cabalistique dan^ les cartes, le billard, les journaux, les dilTérents jeux, qu'il se sent libre et peut passer d'une action à une autre, et tàtier ses modiâcations personnelles (essor des Distn^ butives).

Dans la vie du bourgeois et de l'homme du monde, tous retrouvez les mêmes essorts, plus raffinés. Le café, les réunions de société, les bals, les spectacles, les courses de chevaux, les discussions littéraires et pohtiques,

les chasses, les dînes, le carnaval Analysez tout cela,

allez aux causes, et vous trouverez toujours au fond quelques-uns des douze ressorts passionnels. Je sais bien qu'en Civilisation tous ces plaisirs sont pauvres, misérables, ennuyeux. Ils ne sont pas nourris, ils n'ont pas d'haleine, ils sont faux et mesquins. Leur but futile et le milieu morcelé dans lequel on les développe artificiellement, à prix d'argent, ne comportent pas les hauts Accords, les Rivalités composées, les fréquentes Altern&lices. Ces plaisirs factices sont à la vie Phalanstérienne Ce que des figures de cire sont à des Groupes animés et joyeux : de pâles copies, de fades images. Je sais bien qu'un Phalanstérien des moins ardents consomme plus de plaisir actif en un jour qu'un heureux CiviUsé en un mds. Pourtant vous pourrez toujours retrouver les causes essentielles de l'action libre et attrayante, dans l'étude de ce que l'on est convenu d'appeler les plaisirs. Le jeu est-il autre chose qu'une intrigue factice, créée à défaut de réajjl ? Proposeriez- vous des cartes à des commerçants qui discutent leurs affaires, à des littérateurs ijlil Mnt au ftfises sUf letirs «suvtes et leurs théories^

fliO OEQAllIBATIOlf. APFElHIKBé

mécanisme à l'industrie, c'est la mise en Attraction de rhunianité sur son œuvre générale, sur la gestion do globe, autrement dit, l'inauguration, sur la terre, dn

TBAYAIL ATTRAYANT.

Je termine par une remarque dont le lecteur appié^ ciera la portée. — Nous avons établi, d'abord par dei considérations d'économie, d'ordre, d'unité, TexceUence de l'Association. Plus tard, nous adressant à l'organisme humain et lui demandant compte de ses exigence! et de ses désirs, nous avons eu pour réponse l'ordonnance sériaire. Or, ce mécanisme sériaire, voulu pat l'essence passionnelle de notre nature, ne peut éyidenw ment jouer, avec sa liberté, ses réunions nombreuses; ses Discords, ses Accords et ses Engrenages , que dans un large milieu, dans un milieu unitaire et associé. Il faut, pour l'application de ce mécanisme, un milieu trcns ou quatre cent fois plus large que le ménage familial| étroite base des sociétés morcelées : il faut, comme première base d'opération, la Phalange de quinze àdix« huit cents personnes.

Ainsi, des considérations purement industrielles nous ont amené à l'Association comme but ûnal de l'économie sociale ; et maintenant, des considérations d'un tout au* tre ordre, des considérations psycho-physiologiques, l'étude des passions natives, nous ramènent aussi à ce même but. Ce que veulent les convenances de raison, les lois mathématiques appliquées à la détermination des maxima de production, de consommation, de bien-être, les conrditions d'ordre général, eh bien ! c'est aussi ce que Yea*

ATTRACTION PASSIONKELLS. 224

lent les forces vives de Tàrae humaine, les ressorts élémentaires de la spontanéité, ces passions tant décriées, tant et si vainement attaquées, ces passions dont on n'a jamais seulement daigné examiner les réclamations, ces passions que la morale, la loi, la religion poussaient du pied à la porte à qui mieux mieux, sans seulement consentir à les regarder en face, k les nommer, à les compter. C'étaient les passions qui avaient raison dans leur révolte acharnée contre la forme de la société, et l'intelligence, mieux avisée, comprend aujourd'hui qu'elle ne peut avoir un plus haut et plus digne emploi que celui de suivre leurs révélations, qui enseignent les vraies lois de Tordre, et peuvent seules nous initier à U connaissance des éternelles harmonies du monde ! — Celte magnifique correspondance entre les exigences mathématiques, les convenances générales d'ordre et de raison, et les exigences passionnelles de l'homme, les convenances de hien-ôtre, de plaisir, de bonheur, n'est-elle pas la preuve la plus élevée de la belle Destinée réservée à l'homme, de l'ordonnance parfaite de toutes les choses de Tunivers sous l'action de la Loi providentielle ? Qui oserait méconnaître dans ces merveilleuses corrélations Tintervention des intelligences supérieures? Qui oserait nier l'harmonie préétablie ? Qui peut méconnaître la Destinée d'harmonie et de gloire?

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GOHPLËMENT

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