HARICONIE. LIT. IH. CH
c'est forcé ; ils désobéissent, on se plaint d'avoir des enfans aussi méchans, on se maudit, oir pleure^ on se désole. Il faut cependant que la mère travaille ; elle raccommode, gronde, torche , prépare le dîner, va et vient au milieu de fout cela. Après le travail ingrat de la journée, le père rentre ; il n'est pas là depuis un quart d'heure , qu'il a déjà la tète rompue. Les cris de l'enfant au berceau le réveilleront peut-être toute la nuit ; et puis surviennent les maladies, si fréquentes chez lés enfans civilisés.... Poursuivez ce tableau avec vos souvenirs; ajoutez, pour les parens, les ennuis de toute espèce , les chagrins, les jalousies, les antipathies de caractère, les querelles, toutes les misères de l'intérieur enfin.. ..
Yoilà pourtant ce qu'est en réalité cette vie deménagedont on nous chante la paix, la poésie, les délices infinies, les heures suaves, les doux enchantemens ! Faites là-dessus des feuilles de printemps ou d'automne^ et toutes sortes de palabres morales et poétiques, si vous voulez, et surtout essayez de faire comprendre à l'ouvrier que cet enfer intérieur lui donne plus de jouissances que le cabaret... Pour nous, qui sommes indignés de voir les sentimens tendres et les douces affections étouffés au cœur de l'homme par l'ivraie des misères domestiques, et qui vou-
EDUCATION HARH. — I*'*. DÉVELOPF£M£NS. 4^9
Ions la poésie et le bonheur, non pas seulement dans quelques stances d'ancienne on de nouvelle école, mais incarnés dans l'humanité, on nous permettra de ne pas nous arrêter à de pareils roucoulemens; on nous permettra encore de ne pas voir dans de pareilles conditions les conditions d'une bonne éducation pour nos enfans.
Laissons ces tristes ménages des classes moyen-nés, laissons ces misérables ménages des classes pauvres, où chaque jour les nécessités de la vie forcent une mère à s'absenter et à abandonner sans surveillance des enfans en bas âge, enfermés et livrés aux hasards de mille accidens. On » cherché à remédier à ces grands vices par les Salles d'asile^ qui sont une mesure de Garantisme. Mais ce n'est encore qu'une goutte d'eaa dans un incendie. Quoiqu'il en soit, on doit applaudir vivement aux sentimens et à Tespritdans lesquels ces établissemens ont été conçus. Une salle d'asile dans un quartier de ville, vaut mieux que cent sermons sur les devoirs des pères de famille; c'est de la philantropie effective , cela, c'est une mesure utile, aboutissant réellement au mal, et le saisissant pour le guérir ou du moins pour l'adoucir; ce n'est pas de la bavarderle flasque, morale et perdue dans l'air; c'est uuq institution : à la bonne heure !