ÉDUCATION HARM. — I*". DÉVELOPPEMENS
rentes, nécessairement tous deux souffrent. Le plus fort tyrannise, le plus faible se révolte. Regardez , c'est un combat qui s'établit : Tenfant résiste; on s'acharne contre lui ; il résiste de plus belle; il se sent dans son droit, lenfant. Comment souffrirait-il les persécutions de ceux dont il ne doit attendre que des tendresses ? Il s obstine, et Ton augmente les rigueurs.... puis on pardonne, on pleure, on le cajole, et... dix minutes après, on est revenu à la sévérité, à la dureté.... c'est une nouvelle scène de larmes et de colères. Ces pères sont durs, cruels, faibles et bêtes dans le même quart-d'heure. — Oh ! nous savons qu'il ne manque pas de braves gens qui appellent cela les douces jouissances de la famille et de l'intérieur. Leurs enfants leur sont une occupation ; ils s'occupent à les fâcher et à les amuser, à les contrarier et à les punir ; et, par ces vicissitudes d'autorité et de tendresse, ils se témoignent à eux-mêmes qu'ils sont gens ayant ^ la fois du caractère et des sentimens. ... et de plus assez d'intelligence ; car ils appellent cela initier leurs enfans à la vie et leur faire le caractère !
Pauvres malheureux enfans ! il faut donc quç dans ce désordre civilisé la souffrance vous vienne des cœurs mêmes où la nature a versé pour vous des soarces vives d'amour et de tendresse 1 il faujt
446 UARMONIE. LIV. lU. GH. V.
qu'uD père, qu'une mère vous firent tous les jours tant de larmes des yeux ! Que peut-il doue sortir de bon de ces contrariétés incessantes, de ces luttes inintelligentes , cruelles et odieuses à la nature? Ah ! pitié! pitié du moins pour les enfans !
APPUCATION : SÉRIE D£S BOIVIV£S; CONSTRUCTION DES SÉRISTÈRES DE LA PREMIÈRE ENFANCE.
Simtt pMimUê Malr« mé m», petite mnSÊM. Itan-Cmmmt,
En Harmonie, on comprend qu'autre chose est la vie d'un enfant, autre chose celle d'un homme, et que les différentes conditions de vie , de caractère, d'action , demandent à se développer dans des milieux diflérens , appropriés à ces conditions. On ne jette pas pèle -mêle tous les âges dans le même appartement, comme chez nous. L'enfant n'est pas, pour cela, soustrait à la vue et à la tendresse de ses parens , comme nos enfans envoyés au loin en nourrice ou en pension, — car nous avons tous les extrêmes et tous les vices. — Non, ici les enfans sont élevés à côté de leurs parents ; ils habitent le même édifice. Mais dans cet édifice, où tout est entendu , prévu , combiné , l'enfance a ses
ÉDUCATION HARM. 1*". DÉVELOPPEMKNS, 44?
quartiers à elle. Ce n'est plus la séparation et l'oubli; et ce n est plus rincohérent, l'insupportable et fatal mélange des âges et des natures. Le berceau n'est plus à trente lieues , et il n'est plus dans la salle à manger, ni dans la cuisine; ?oos ne verriez plus dans le Phalanstère, comme en nos maisons, les drapeaux salis des marmots, étendus, pour sécher, aux fenêtres de tous les étages et de toutes les pièces.
Entrons dans le quartier de la Basse-Enfance. Voici de grandes salles aérées, propres, élégantes, affectées aux diflérens âges et aux différentes natures. Ici tout est calculé pour les convenances d'hygiène et de premier développement sensitif. Les Civilisés savaient, dans leurs serres et leurs magnaneries, ménager avec art un milieu convenable à des vers-à-soie et à des végétaux exotiques : on sait ici , dans les appartemens de l'enfance , gouverner l'air, la température et la lumière , et faire une atmosphère salubre et favorable aux nourrissons qui y respirent. C'est un luxe de propreté, de soins et de bonne tenue; car la Phalange veille avec amour sur le berceau des générations naissantes! Ses fils ne sont-ils pas son bel orgueil et son plus cher trésor?
Aussi les fonctions qui se rattachent à la pre-