CHAPITRE TAOlSlËMfi
€oii(luBtoti snt Us CtvtUtfatbiu ntoticnird.
Dilw- o i wu , «I «ff*! , nm» «jni n'avct ptt Hea tu foud d'un* ratraite aa dan* U poadr* dot Utiw, si oim oormption «{ai ienble iacorabto, oim gangrmM profimdBt iM ie cachent pat toatreitTaloppc brillante de nos aMson. Voycs Paris an obsar^atenr, et inasmcs ce qu'il y a de booe dans cet égoùt da numda; d'cpuiacMMOt dana cette débande ; de raflinemeats impudiques dans ras efforts de l'art dramatique; de «au» gfltés et flétris sons la soie et la bure ; de raoe« sauvages parmi cette iiopnlation si active, si spirituelle , si parée , si polie. Contenplcz tout cela , non pas à la surface, nuu au fond; non pas fiour reproduire en des tableaux de boudoirs quelques attitudes de salon , nais en philosophe, en aasi du Trai et de l'honoéte. CépouTante tous saisira.
rrr/arc rfra Suvtes d'Ace. BAAStss.
Le tableau sommaire et raccourci que je viens d'ofi'rir n'a rien d'exagéré. Il est fidèle et vrai dans son ensemble et dans ses détails. Je n'en veux , pour preuve, que les aveux personnellement arrachés par la gravite du mal aux plus entêtés optimistes.
11 est vrai qu'on a mis long-temps un acharnement déplorable à méconnaître les symptômes du mal social ; on se bouchait les yeux pour ne pas voir : c'étaient d'insignes vanteries de prospérité toujours croissante , et de solennels mensonges. Aujourd'hui , les hommes politi-
3ues , les gouvernants eux-mêmes conviennent du mal : a fallu pour cela qu'un choc violent ouvrît les abtmes de douleurs et de misères que notre société recèle en ses couches souterraines; il a fallu que les hautes-terres fussent inondées et que ces hommes eussent à voguer au milieu du cataclysme comme les habitans de l'arche diluvienne. Eh bien ! vous croiriez qu'ils cherchent à se rendre compte des phénomènes, à remonter aux causes, à suspecter et mettre en jugement la constitution intime de la société? — Point ! C est avec la plus incroyable légèreté ou la niaiserie la plus risible qu'ils traitent le pmrqtwi. des choses. — Pourquoi l'eau monte-t-ellc
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dans les pompes? Parce que la nature a horreur du vide?l Pourquoi l'eau ne monte-t-elle dans les pompes aue^s* qu'à trente-deux pieds? Parce que la nature n a horreur du vide que jusqu'à trente-deux pieds. — Ces raisonnements de rancienne physique oonnent la mesure de ceux de nos hommes politiques en fait de science sociale : encore ne prennent-ils pas toujours la peine d'en faire de cette force ; d'ordinaire, leurs élucubrations sur les désordres et les misères ne leur servent qu'à accuser des adversaires. Entre tous ces partis politiques, c'est à qui reietera toute la faute sur les autres : comme s*il était à la puissance d'aucun parti de porter remède à la maladie sociale! £h dites-nous donc, dites donc.
Ï)artis, dites donc ce que vous avez par devers vous poor a çuérir ! — Ils ne s'expliqueront pas là-dessus, je vous le jure.
Ce n'est pas une plaie pohtique , c'est une plaie sociale! Écoutez là-bas, par-delà le détroit; n'entendezvous pas retentir aussi à la tribune d'Angleterre, o' grand cri : détresse ! — Et plus loin encore, aux £taty Unis , dans ce pays modèle , dans cet Eldorado républicain, c'est encore le même mot : détresse ! Ce peuple jouit pourtant de ces formes politiques qu'on dou> a long-temps données pour une merveilleuse panacée. Ce sont des présidents qui le gouvernent et non pas des rois, ces grands croquemitaines de la philosophie! Mais il jouit comme le peuple de France, comme celui d'Angleterre, d'une industrie anarchique, d'un commerce anarchique. Il est comme nous en pleine Civilisation , c^est-à-dire dans une arjène de morcellement et de désordre
Ce n'est pas le tableau de Tétat de la France ()ue J'ai tracé tout-à l'heure , c'est le tableau de la société civilisée arrivée à un certain point de maturité. Ce tableau, je le répète, est exact et ndèle, et quand encore toutes les lèvres ne s'ouvriraient pas pour l'affirmer, le bruit des révolutions qui éclatent partout où la Civilisation a atteint cette époque de sa vie, suffirait bien pour nous en convaincre: elles parlent assez haut!...
Chaque jour cette Cudlisation prend soin d'écrire avec du sang frais , sur les murs de nos cités , son caractère
ma^lfausant et odieux. — Est-ce là une société? Est-ce là. un état normal pour i'homme? et les peuples s'insurgeraient-ils , se montreraient-ils faciles aux excitations des agitateurs , s'ils n'étaient en souffrance , s* ils vivaient dans une société où leurs intérêts fussent l>ion servis? — Non, certes! Et c'est bien Tétat social lui-même qui recèle les causes de la fièvre, des convulsions et du délire.
Voilà en quoi notre opinion diffl^re de la vieille politique qui s'inquiète exclusivement de l'organisme constitutionnel; voilà le terrain sur lequel nous appelons les hommes sincères de tous les partis , les hommes de conscience et de bonne volonté. La chose vaut la peine qu'on y prenne ^ardc et au on examine ; car il y va du bien-être et du salut du riche et du pauvre, des grands et du peuple, de vous et de tous.
La critique sociale que nous présentons , d'accord pour les faits avec la voix publique , l'œil public et l'évidence , a cela de particulier qu'elle est nette et précisée. Je ne *peQX la produire que très-sommairement ici ; dans les livres de Fourier, vous la trouverez bien autrement développée et serrée, incisive et vigoureuse. Il ne s'est pas livré, ainsi que toujours on l'avait fait jusqu'alors, à de vaines et stériles déclamations sur le mal des choses et la perversité des hommes : il a analysé , classé et décrit par familles , par genres et par espèces , les maux de la Civilisation ; il a fait , on peut le dire , l'histoire naturelle des vices de notre ordre social. Il est allé à la racine • du mal ; il l'a mise à nu : les plus faibles yeux peuvent y voir.
Quelque incomplète que soit la critique générale que l'on vient de lire, elle suttira pour faire comprendre aue les effets généraux du Morcellement civilisé sont et doivent être nécessairement les neufs fléaux suivants auxquels Fourrier a donné le nom de fléaux lymbiqves , parce qu'ils constituent l'apanage de plusieurs périodes successives dont l'ensemble , — ainsi que nous le montre- . rons ailleurs, —constitue les lthbes sociales ou les époques^ douloureuses des initiations de l'humanité.
GS CKIllQUË. SKCT. 1. CUAP. 111.
Tableau des Fléaux Lymbiquet