‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 16 sur 95 · LE DROIT AU TRAVAIL · texte numérisé non relu

LE DROIT AU TRAVAIL

Le prolétaire civilisé dépouillé, sans équivalent, de ses droits naturels, dévoré de besoins, ajoutant aux maux du jour le souci du lendemain, bourrelé d'inquiétudes sur son sort et sur celui de ses enfants, est certainement tombé dans une condition bien pire que celle du Sauvage. Aussi le Sauvage répugne t-il à la Civilisation, dont les jactances de perfectibilité sont réduites à leur valeur par cette imprécation de Thomme de la natt»re qui dit à son ennemi : a Puisses-tu être réduit à labourer un champ ! »

Voyez en Afrique : la Civilisation y est, à l'heure

Ju'il est, aux prises avec les Arabes; leur inspire-t-elle e Tattrait? voit-on ces peuplades, qui aiment le bonheur comme tous les autres nommes, accepter la Civilisation ? — Si pourtant cette société étnit bonne et bien* faisante, si elle favorisait l'homme dans ses intérêts, ses passions et ses plaisirs, ces patriarcaux, qui sont hommes sous leur patriarcat, comme nous sommes hommes sous notre Civilisation, se rangeraient à la loi que l'homme cherche partout sans la rencontrer dans aucune des tociétés Axistantes, la loi de sa nature, la loi du bonheur.

PBUODBS ANTBBIBOMS. M

On a constaté plus d'une fois que les demi-Edéniens ie Tahiti et de la mer du Sud, et les Sauvages Trancs iximme les Osages et les Charmas, meurent de tristesse et d'ennui quand on les transplante en sol civilisé ; tandis qae des matelots civ lises se sont souvent sauvés dans les bois des insulaires de la mer du Sud, pour se rallier, après le départ du navire, à la société demi-sauvage de ces contrées. •

Enfin, les hordes de rAmérique, malgré leurs fréquents rapports commerriaux avec les colons européens et la tant florissante Civilisation des États-Unis, refusent constamment Findustrie civilisée, et s'enfoncent dans les bois au fur et à mesure que la race blanche gagne du terrain. Ils meurent plutôt que d'accepter la Civilisation.

En toute vérité, ceci est péremptoire, et prouve que la théorie est bien mathémati(|uement exacte, quand elle

Î>1are, dans la formule des attraits respectifs exercés sur 'homme par les différentes périodes, la Sauvagerie sur un rang moins enfoncé dans le mal nue la Civilisat'ou. Sous le rapport du sort qu'elle fait à 1 homme, la Civilisation doit amener pavillon et s'humilier devant h Sauvagerie. - J.-J. Rousseau l'avait bien confessé et prouvé, lui. Aussi a-t-il été fort maltraité par les sophistes qui/de son temps, chantaient la perfectibilité. Rousseau n*eut qu'un tort, — et c'est à TmOuence de la routine philosophique qu'il céda, sans s'en douter : -;- ce fut de se jeter aans une rétrogradation quand il fallait invoquer un progrès ; il manqua de foi en Dieu et de croyance à l'avenir de l'humanité. Ce n'est pas pour retourner en Sauvagerie qu'il faut sortir de Civilisation !

92 CRITIQUE. SKCT. II. CBAP. 11.

Troisième H QwUrième Périodes,

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