‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 17 sur 95 · PATRIARCAT ET BARBARIE · texte numérisé non relu

PATRIARCAT ET BARBARIE

Parce qu« le chef de 1# famille put exercer uu« aatorit« absolue dans sa maison , il ne prit pour règle de sa conduite que ses goûts et ses aheetions : il doona «m ôta ses biens.. . sans justice , et le d»-m>Mismf ^^entf-e jeta les fondements du despotisme politique.

Vox.vBir.

Malheur aux ▼aincus !

BaBvvvs.

Courbe ta tète, fier Sicambre; adore œ que tu as * brûlé , et brûle ce que tu as adoré,

t St. Rimi , Évêque de Mtin-*.

Le Patriarcat est la domioation exclusive du principe de la Famille, auquel tout se coordonne dans cette période, et qui laisse de profondes traces reçonnaissahles dans les transformations successives de la société. Yoi* ney, qui a observé si attentivement les mœurs des patriarcaux et des barbares, s'exprime ainsi sur ce sujet :

On prouverait , sans réplique, que tous les abus des gouvernements ont été calqués sur ceux du régime DOMB:>(TiorB de ce gouvernement que, sous te nom de pairiareal, des esprits siiperRcielâ vantent sans l'avoir analysé. Des faits sans nombre démontrent que chez tout peuple naissant, que dans Tétat sauvage et barbare, le père, le chef de famille est un despote, et un despote cruel et insolent. La femme est son esclave, les enfants ses serviteurs. Ce roi dort ou fume sa pipe, tandis que sa femme et ses filles font tout le travail do ménage, et même celui de la culture et du labourage, autant que le comporte ce genre de sociétés : à peine les garçons prennent-ils quelque force, qu'ils se permettent de les frapper, et se font servir comme leurs pères. Cet état se retrouve tout entier chez nos paysans non civilisés. (Les Ruines,)

Toutefoib, dans cette période déjà, rhomme fait un pas dauë l'industrie ; il a cessé de vivre uQÎquemmt de

cnnoiJB. iBCT. n. cia». ii. K

et de pécbe au sein des bois. Il a dompté des am- Baux et conquis de grands troupeaux qui lui fournissent les ressources nouvelles pour la nourriture et les vête*, nents. LMnventîon de la charrue (1) suffit pour faire ibandonner la vie nomade, et créer la propriété terrioriale qui n*exîstait pas jusqne-là, * quoique la dis- Jnction du tten et du mien, qui est le principe de la paoPBiÉTÉ, soit aussi ancienne que le monde. Cette dis> inction n*avait pas été jusqu'alors appliquée à la terre.

Ou doit remarquer ici que c*est à tinvention (Tun instrument que Ton doit cette transition de période.

L'homme s'attache à la terre, les États se forment et s'agrandissent, l'agriculture et l'industrie manufacturière commencent à se constituer. Mais ces progrès s'accomplissant au sein de la guerre, c'est la force brutale qui domine et gouverne. Tout relève du sabre dans la

Sériode barbare ; toutes les volontés ploient sous celle u chef militaire, toutes les tètes s'inclinent devant son panache de guerre.

L'esclavage des faibles, des industrieux et des femmes, est au comble.

Ces diverses formes sociales ont leurs caractères spéciaux parmi lesquels on doit distinguer les caractères PivoTADx, qui décident du rang occupé par un peuple dans l'échelle ; on ne sort d'une période oue quand on en quitte les caractères pivotaux. Ainsi, la société où nous vivons est une Civilisation, parce qu'elle possède les caractères pivotaux de cette période ; et cependant elle porte d'assez nombreux caractères de second ou de troisième ordre emprântés aux périodes de Sauvagerie, de Patriarcat, de ^rbarie, et aéjà môme aux périodes sopérieures.

Un regard jeté sur les temps antérieurs nous a montré • l'humanité accomplissant peu à peu sa tâche, conquérant à travers 4es sociétés primitives ses moyens d'action et de puissance. La Barbarie a fondé Ta^culture et l'indostrie ; c'est maintenant à la Civilisation à en perfec

(f) On comprend bien que le mot charrue est pris ici pour ligure lâmqoedes fnstrmnenU et moyeni de culture.

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ti^imer les procédés, à créer les arts et les sciences qiiî permettront enfin à l'humanité d'organiser l'Harmonie et de prendre dorieusement en main. la gestion et le gouvernement ae son globe.

Le système théocratique forme transition entre la Barbarie et la Civilisation. Le pouvoir, du pnHre, moins violent Que celui du chef militaire, tend à atténuer déià la brutalité qui caractérise la Barbarie franche. C'est le prêtre oui recueille les germes des sciences et des arts, qui se livre aux premières recherches sur les phénomènes de la nature. Les prêtres se vouent d'autant plus ardemment aux études que les connaissances qu ils acquièrent semblent assurer plus exclusivement leur domination sur les peuples. Aussi les temples ont-ils été chez toutes les nations les foyers où se sont primitivement concentrés les éléments générateurs des sciences. La science a eu pour berceau le sanctuaire. Dans ces âges antérieurs si troublés, dans ces jours si âpres de l'humanité, la science ne pouvait croître, en effet, qu'à l'ombre des autels, sous la protection mystérieuse et redoutable des lieux sacrés devant lesquefs le Barbare armé s'arrête, tremble et courbe la tète. Seuls, les représentants de Dieu pouvaient défendre la science contre les violences des hommes, et le temple lui faire un rempart contre le sabre.

Les prêtres, il est vrai, s'efforcèrent généralement de

Krder la science pour eux, de cacher la lampe sous le isseau ; mais c'est le sort du boisseau d*étre brûlé par la lampe. Taillée et dégrossie par les prêtres qui en faisaient un monopole, un instrument de domination , la science devait échapper à leur tutelle égoïste et reo- ▼erser elle-même les dogmes grossiers qu'ils jetaient en pâture aux peuples. —La Théocratie n'en a pas moins été, en fait, germe de culture des sciences et des arts, et, par conséquent, transition à la Civilisation.

Mettons donc à sa place histori(|ue cette Théocratie, que des hommes qui ignoraient la véritable loi du mouvement social, ont voulu restaurer de nos jours (1). La

(1) Les Satnts-Simontom , pins avanoâs ponrtiat en erltlqu» m»

PUU0DB8 ANTÉftlBOfeBg. 95

Théocratie est si bien uoe transition de Barbarie en Civilisation, que c'est elle qui fait passer rautorité du sinipie au composé. Dans la Barbarie pleine, le pouvoir ne s*appuie que snr le ressort simple delà force brutale : quand la Théocratie surgit, elle ajoute à ce ressort qu'elle modifie, celui de rautorité religieuse. Or, c'est un Ta pivotalement caractéristique de Ta Barbarie, c^uo Taction s'y exerce en mode simple^ tandis (|u'eu Civilisation, l'action s'exerce en mode composé : — ceci resuite très-nettement du passage suivant de Fourier :

En régime barbare, le caractère de pivot général, celui qui forme contraste avec la Civilisation, c'est le simplisme d'eus tion. L'action est toujours composée en mouvement civilisé.

On peut établir le parallèle sur un petit nombre de caractères barbares, huit seulement :

I • Immobilisme. 5. Dignité réelle de f homme.

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