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D'est plus temps de dire aux voleurs : Soyez des hommes ; aux mendiants : Devenez des citoyens ; aux lâches mdifférents : Ayez une patrie ; aux machines : Soyez des armes, et défendez-nous. Le secret pour n'être jamais dans le cas de forcer aucun de ces moyens est de savoir, dans les temps calmes, les employer tous avec égalité.
Les manufactures sont l'âme des nations modernes; depuis plusieurs siècles, elles reçoivent beaucoup de transfuges de l'agriculture, et ne lui en rendent aucun. Le premier devoir d'un gouvernement est de les étendre par tous les eocouras^ements d'honneur et d'intérêt qui sont en sa puissance, car telle est maintenant la circulation de la richesse que ce n est plus que par les canaux du commerce que l'agriculture peut en recevoir le bienfait.
Mais malheur au gouvernement qui ne considérera dans les manufactures que le produit et non pas le travail ! Un rêveur peut bien, dans ses calculs, traiter les hommes comme une valeur inerte ; mais les passions se jouent des calculs- Les hommes, pris en certaine masse, seront toujours ou ta prospérité, ou le fléau de leur pays. L'oisiveté, qui, en physique, ne présente que l'idée du repos, est un volcan furieox dans l'ordre politique. C'est en ce sens que le commerce, oo, Housun autre nom, le travail, est le fondement des société européennes, le seul fil auquel tienne encore la morale des peuples. Aussi ne suis-je pas éloigné de Topinion que la seule richesse réelle est le travail, et que tout le reste n*en est que le signe ou l'abus.
Le travail sans produit cesserait à l'instant ; le produit sans travail serait le signal de l'anarchie et la dissolutiou du corps politique. Ces deux choses doivent donc être maintenues dans un certain équilibre. La mesure et l'utilité des produits ont des bornes : trop abondants et trop faciles (I), ils rejettent le travail ; trop modiques et trop pénibles, ils le découragent. Or, la division de la main-d'œuvre, tendant san? < ■■.II. I ■■ I — ^— ■ III ■■
(1) Encore une argumentation trèa-vraie au point de vue civilM, et qui fait le procès de notre système industriel , mais qui cewl d'être vraie au potot de vue absolu. En effet, quand on aura réalM un régime social, dans lequel les produits du travail reflueront équifablementsur toutes les têtes en raison de la coopération de chacuo à la production générale, quand, en un mot, le taiaire sera remplace par la part proportiounelU dans U* àinefiçts» aIua les produit!
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cesse à augmenter les produits en diminuant le travail, arrive nécessairement à un point où elle rompt Téquilibre entre ces deux éléments de la société ; elle ressemble beaucoup alors à une nature trop prodigue dans un siècle corrompu. Le travail, conservateur des vertus, s'endort, et le règne des lazzaroni commence.
Mais comment trouver ce point où le travail, trop divisé, 8*atténu6 et périt de lui-même, où la somme des salaires ne représente plus la subsistance de la population sans propriété? Il faut se défendre ici des principes trop austères, et composer avec les faiblesses d'un malade. L'Europe, devenue commerçante, a changé de préjugés et affaibli le ressort de sa vie intérieure. Je sais d'ailleurs tout ce qu'on doit accorder à la mollesse d'une nation qui vieillit, à la perfection des inven< tiens humaines, à l'accumulation de trop grands capitaux -, enfin, je ne puis nier que la division du travail ne soit une théorie grande et puissante, bonne en abstraction, et réunissant quelques avantages relatifs très-importants. En jugeant diaprés ces idées le terme où son influence devient dangereuse, il me paraît que la France ne l'a encore atteint dans aur^me branche d'industrie, et que TÂngleterre a commencé à le dépasser dans quelques-unes.
A quels signes prévoir le moment où le travail, trop épan gnéy doit manquer à la population ? Comment préparer, pour ce moment, un autre emploi à l'industrie délaissée ? Si celle ressource manque ou ne suffit pas, par quels moyens doux, indirects ou réglementaires, prévenir une trop grande disproportion entre la somme des produits et celle du travail, sans blesser la liberté ni Tintérét individuel ? Dans ce cas, par quelles mesures et par quels sacrifices remédier à l'avantage momentané que d'autres nations, moins jalouses de leur sûreté, obtiendraient dans le commerce par un plus bas prix de leur fabrication ? Ces sacrifices, quels qu'ils soient, seronlr ils jamais aussi onéreux que les vols, les aumônes, les répresseront abondants et le travail facile, plus il y aura de bien-être, et plus ce bien-être sera généralisé.
Quant au travail conservateur des vertuSj il ne sera plus sujet è s'endormir, lorsque l'industrie civilisée et répugnante aura fait place h Tindustiie sociétaire et attrayante.
Toutefois, et je le répète encore, tout ce que dit là Lemontey est très-exact comme critique de notre industrialisme morcelé.
ï'iO CitlïlQUË. SEGÏ. Il, CHAP. IV.
sions, et tous ces fruits si amers d'une oisiveté prétendue économique ? Telles sont les questions que Thonime d*état ne jugera pas indignes de son examen. Quoique leur solution tienne principalement à une grande variété de circonstances locales, elle peut néanmoins admettre quelques principes généraux ; ils seront, dans la suite, Tobjet de nos médîtatioos. Nous avons seulement voulu signaler ici Tinfluence de la division du travail, féconde et salutaire dans de justes bornes, terrible et destructive dans ses excès.
Il ne faut pas croire qu'un tel résultat doive refroidir l'émulation de ces arts créateurs, qui ajoutent sans cesse à la puissance de Thomme. La nature offre tant d'éléments à combiner et tant de forces à diriger, que la carrière de la mécanique sera toujours sans limites. En regardant en arrière, cette science trouvera même des oublis à réparer. Une direction qu'elle paraît négliger, et qui devrait être son premier devoir, serait de remplacer dans les métiers une foule d'opérations dangereuses ou malsaines qui cachent un écueil ou un poison. En général, depuis que la finance est aussi devenue une science, l'économie publique et particulière s'occupe beaucoup plus de Targent que de la vie des homnaes. On cherche partout des machines pour abréger le travail, aucune pour conserver l'ouvrier, ou bien cette considération n'entre jamais dans les calculs que comme accessoire. Il faut prendre garde que la propriété, qui est bien la base de l'organisation sociale, n'introduise des théories dures et arides qui substituent partout l'esprit d'intérêt à l'esprit de fraternité, et consacrent en quelque sorte un égoïsme universel pire que la nécessité dans l'état sauvage.
J'ose prédire des jouissances pures et une gloire durable au manufacturier qui veillerait ainsi sur la vie des hommes aux dépens de quelques-uns de ses bénéfices annuels. La continuité d'un sacrifice donne à la bienfaisance un caractère grave et sublime que n'obtient pas toujours le plus brillant héroïsme. Quel homme n'est pas capable d'un mouvement généreux î Les tyrans, les méchants, pleurent au théâtre ; et c'est peutrètre un malheur, car ils se croient absous par cette sensibilité stérile et passagère. La nature aurait dû refuser le plaisir de l'attendrissement aux cœurs qui n'en sont pas constamment dignes ; et celui-là seul mérite le titre de bienfaisant qui fait le bien avec persévérance.
FÊgOALITK INDU8TKIkU.B. 444
J'ose prédire, moi, à Lemontey etatoiu» ceux qui, comme lui, ont bien vu le mal, que s'ils n*ont, pour y apporter remède, que des sucreries morales et des yotit/sances pures à Fadresse des manufacturiers, de ceux même qui sont capables, comme les tyrans, de pleurer au spectacle, ils pourront voir longtemps nombre de manufacturiers persévérer à bénéficier sur la vie des hommes , et s'enquérir beaucoup plus avidement des moyens de baisser les salaires et abréger de travail , que de ceux d'assurer la conservatiiM et le bien-être de rouvrîe7\
Terminons par un article de La Réforme InduS" trielle (48 janvier 4833) , où j'ai montré