‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 39 sur 95 · FORMULE DE LA RÉPARTITION INTÉGRALE · texte numérisé non relu

FORMULE DE LA RÉPARTITION INTÉGRALE

Supposons une opération à laquelle N personnes ont pris part tant comme bailleurs de fonds que comme travailleurs ou fonctionnaires.

Soit C le Capital total fourni par Pensemble des N Sociétaires, et c\ c", c"\.. en les parts respectives fournies par chacun d'eux. On aura

Soit pareillement T la quantité totale de Travail et tt la quantité totale de Talent dépensés, dans l'opération en question, pendant un temps déterminé, une année par exemple; on aura , en prenant une notation analogue à la précédente :

Appelons P le produit créé, pendant Tannée, par l'action combinée de C, de T et de 6.

La Justice exige évidemment que chacun des N Sociétaires prenne au Dividende général P une part proportionnelle à son concours individuel dans la création de cette valeur.

D'après ce principe , en représentant par les coefficients (/, r, s, la productivité du Capital , du Travail et du Talent, et par Q^ R, S, les parts respectives de P, auxquelles ont droit C, T et f^, nous aurons :

^4-r-f «' gH-r-h*' «3r-4-r4-«'

po»iT?o?r DU pnonr.feMC. 4f5

et nous* trouvai uns pour expression générule du Droit de cbiique Sociétaire, ou de la part p qui lui est due,

ICqualioii que l'on peut appeler la Formule de la Justice , puisqu'elle exprime le rapport du Droit de Tlndividu «m Droit de la Masse entière.

On voit, à l'inspection de cette Équation, que^ pour faire la part exacte de chacun , et appliquer à la Répartition la Loi de la Justice dislributive , il faut que Ton puisse déterminer convenablement les valeurs des coefficients q, r, s, et établir pour chaque individu les valeurs e\ c"... t\ f...

Tout système industriel qui ne se prête pas à l'établissement régulier et consenti de ces valeurs , et qui ne répartit pas, d'après la formule précédente , les Richesses créées par le Concours du Capital, du Travail et du Talent, établit évidemment une Rétribution injuste, arbitraire, et spolie généralement une ou deux des trois Facultés industrielles.

Il est superflu d'observer que le Système morcelé et anarchique de notre Industrie actuelle ne se prête nullement à rétablissement régulier de ces valeurs , ni à Tapplication do l'Ëquatîon de la justice, laquelle suppose et exprime TÂssudation des trois Facultés productives. Aussi , dans les Compagnies industrielles actuelles, ne fait-on usage du principe de cette Équation que pour régler les intérêts de Tune seulement des trois Facultés , le Capital. Dans ces sortes de Compagnies , en effet , la part proportionnelle de chaque actionnaire est exprimée par le premier terme de Téquation

générale , c'estr-à-dire par la formule P = Q—dans laquelle

Q représente le bénéfice net, et non plus la part sociétaire

q du Capital P : — , car ici Q est une expression de la

forme P — D , dans laquelle D exprime les dépenses, et comprend , à ce titre , le Salaire des Travailleurs et Fonctionnaires. Ce Salaire ne se lie par aucun rapport d'Association ni de Justice à la part du Capital , puisqu'il n'est nullement réglé par la formule que nous avons fait connaître, mais bien

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par l'arbitraire des chefs de Pentreprise qui tendent à le

rendre le plus petit possible.

Quoi qu'il en soit , tout le problème de la Répartition harmonique réside uniquement en ceci : Que les valeurs générales des coefficients q, r, è soient librement fixées et consenties par tous les sociétaires, et les valeurs de c, ( et a régulièrement établies pour chacun.

Ces conditions remplies ( et nous verrons que Torganisation phalanstérienne en fournit très facilement les moyens) , il est impossible de faire la moindre objection contre cette Formule de Répartition, qui n est autre chose que Pc^rprMsion mathématique de la justice telle que la comprennent tous les associés t l'expression de leur accord, de leur volonté commune dans le partage des fruits de leur concours sociélaire, puisque c'est leur volonté commune qui détermine la valeur des coefficients q, r, ^, et des termes c, t, et 6.

Les différents systèmes communistes consistent à trancher ou à escamoter les difficultés du problème de la Répartition^ en faisant toutes les parts égales, p' = p" = p'" = .. po , ou en les laissant arbitraires ^ chacun fixant à sa guise d'après ses beê(msy la valeur p de sa part : ce qui ne résout absolument rien; car toute la difficulté de la Répartition consiste précisément à obtenir pour chaque part p\ p", etc., l'accord de Tindividu et de la masse. Si p^ se fait trop fort il faudra bien le limiter. Or, qui limitera la valeur de p' et toutes les autres valeurs semblables? Poser cette question, c'est précisément poser de nouveau le problème de la Répartion et avouer, par conséquent, que la prétendue Répartition suivant les besoins n'est qu'un mot et non une solution.

La société doit aux individus un minimum qui couvre les besoins essentiels de l'existence, nourriture, vêtement, logement. Le surplus doit être distribué aux plus méritants proportionnellement à leur concours dans la création des richesses sociales. L^intétêt de la société et le droit des individus sont, là-dessus , parfaitement d'accord.

MOT A (8« édition). Les gens qui ne pénètrent pas te senê el l'esprit du» cboses cpmmeUenl les pi uà grossières erreurs par llnlerprétauon brulaiect iolntellii^cnle de la Iclfre. Plus que tous les autre*. pcul-Hr€, les teites de Fouricr fournissent pâture a ce genre d'en^ur.

FO0IT1OM DO PMOBlJkMB. ^95

U faculté plasiique à une puisMuoe trantceodante oit l'un des carictèreg éminemmenl dlsUncTlfsdu génie de Fourier. La pensée de ce BubliDie esprit se produit cgmme celle de Dieu . par la nature rnf me desafacu té créatrice, en manlrestations déterininées, palpables, vifanle», en réalités. Cette puissance suprême du Térltable génie, qui donoe toujours à ridée son oorps.à Tesprlt sa forme, déroute les penseurs aulgalres. Ceux-cl,%n effet, s'arretçnl au moule et ne voient pas l'esprit : Te corps, au lieu de leur révéler ridée, a leur dériH>e. De là, chei eui, sur toutes les branches de la conception de Fourier, leserreurslcs plus^rosslères. . ..

Cest ainsi que, en ce qui concerne la Répartillon, Fourier concre- Unt sa pensée par son procédé habituel de réalisation » lui donne la forme déterminée suivante :

CapUal 4/lS (c'esirèrdire ç = 4/« «t Q = j^ P.) rrava«IV4)( -^ r=«K«ctR=:-P.) Talmî V«C • — 3)iaetS = -P.)

Celle formule, qui n'est qu'une simple forme, la forme à laquelle Fourier suppose que la volonii colUctice se û^era comme délerminaliou de la valeur moyenne des cocfflcienls de la Reparution dans lej Phalanges, a été souvent prise par les espritssuperflciels dont nous parlons, pour une loi que Fourier proniulgue, pour un aécre\qu 11 impose. Si ▼eus leur demandes que! es le pnnctpe de la ReDartilion «ociéialrc, il» vous répondent sans hésiter : 4/ia au Ç»P»'»'» */•*«•; TrawU, 8/1 1 au Talent; et si vous leur dites qu'ils se Irompent , que cette réponse prouve de leur part une ignorance profonde de la peorie, de son sens et de ses principes, ils vous répondent Iriomphaiement:. Cela est écrit dans Fourier!» «ka-..- i.ThAft.

Nous avons mis le lecteur à l'abri de cette énorme bévue. U Théo-

con«titulion ou le maintien au régime socieiaire, u mii^n^. "»"'''■ "^ législaUve une prescription quelconque, U eût ruiné »«»-"$"'« ** Tfféorie de fond en comble, snaurloul en ce g"ijf "f »Jf, "» P? "^^^^^^^ capital que ce grand et décisif problème de fa Répartillon " eût été cohUainl de recourir à une règle impérative, à un acte i«|^i«*aiif. Cesl-à dire à^acte arbitraire, sa doctrine Çe^jf!;" P^JlSl^Sf.^^ tout caractère scientiaque ; son système »0Ç»étalre ne Mrall j us la découverte du système naturel de l'harmonie spcia e, ce «f rail une création arhiiratrt de l'imagination, un rftve cérébral comme les poétiques fantaisies socialistes de Platon, de Mprus, de Fénelon, etc., ou comme les puérilllés civiles et honnêles de »» filandreuse Icarie.

Le pnneipe de la répartition sodélaire réside tout ent er danj la /.Vï JSÏon</des associéSTle problème consistait à débroumer les é émenls naturels de celte Reparution à construire la formule qui iw contient et les combine, et à trouver les conditions jocii es <»paSj«J d'amener le contensut omnium, le libre accord de tous les aw^^^^^ dans la détermination . çtieM» qu'elle eoit, de ses eoefflclents esaenlicl-

Xifô que^is coefficients p, ,, r ne «^ft Pa. faculta«fe,^^^^^ Fourier en a, de son autorité personnelle «i P^^ï» ^p* *5^^^^^ c'est tout bonnement prouver qu'on ne comprend pas le pnncipe le

et comment il sera f»ci>. même dans la traMilten, de d^^^^^^ d'une manière Irèft-Balisfaisante lei coefficients p, ç, r et les valeurs particulières de o, de i et de é.

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