CHAPITRE TROISIÈME
305OdAtton tl OToninutnant^.
/e a« nis Traimeiit plas i qooi tervaat les moU : kafaia •t note... oomprrlMnsion. A entendre parier at^jMirdlraiy il wt permis de faire cette idMerTatioii. Imposai* ble d'acciunuler autent de bi^Tues et de faussetés ! il n'y a pas d'exagération à dirtt qu'aujourd'hui on ne Tolt pat même aussi loin que le bout du ncs.... car on ne voit pas du tout. Il est rrai qu'autrefois c'était k peu près la
f »% même ehoae ; mais je doute que l'on fut anmi fiit et aossi
fanfaron que dans ce siècle.
O >.' J. CâASsoos.
Eion n'est pins «^poié à l'AModaUOB que ta Communauté.
J, Mpirok.
er
Il en est de la'Communaiité religieuse ou ooaTentoelle, de la Communauté conjugale, militeira ou antre, comme de la Communauté urbaine. Toutes exigent que les i nierais des ons soient sacrifiés aux intérêts des autres.
J, Mvimov.
Il y a Communauté là où les individus sont réunis sous un régime rigoureusement égal pour tous, distribuant à tous les mêmes tâches, les mêmes peines, la même rétribution, la même nourriture, etc..
Le principe logique et la règle obligatoire de la communauté, c'est Tégalité.
Dans un couvent, dans une pension, dans un régiment, — abstraction faite des chefs, des grades et de la hiérarchie, — il y a pour la masse Communauté de nourriture, de logement, de régime, c'est-à-dire, sur tous ces objets, égalité et même identité pour tous.
Si Ton veut faire, de Y égalité pratique^ l'impératif absolu du droit social, le principe principiant de la société naturelle et légitime, il faut alors que ce principe règle toutes les choses sociales, tous les droits personnels , toutes les relations...
248 ORGANISATION. LIT. I. CRAP. Ht.
Mais Tégalisation sociale de tous les éléments humains c*est la négation même de toute société, de toate hiérarchie, c'est la confusion absolue ; ce serait en même temps l'injustice pratique la plus tranchée et l'absurdité la plus palpable qui se pussent imaginer. Aussi est-il impossible non-seulement d'exécuter, mais seulement de décrire un établissement communiste quelconque , sans abattre, dès le premier pas , dès le premier mot, le principe fondamental, logique, et prétendu principiant de l'égalité pratique ; car la moindre organisation exige une hiérarchie^ et la hiérarchie n est rien moins que de l'égalité pratique. Aussi est-il très-facile de faire des phrases générales, des tirades, ce que l'on appelle des taftines, sur les principes de communauté et d'égalité; mais nous mettons qui que ce soit au défi de concevoir et de décrire avec quelque précision un état social systématiquement et logiquement fondé d'un bout à l'autre sur la communauté et l'égalité.
La communauté, contenant le principe de la collectivité, jouit, dans la mesure où elle est applicable, des propriétés économiques de la grande exploitation. Exemples:
Si les vingt soldats d'une escouade devaient faire vingt feux et vingt soupes, à vingt foyers, dans vingt marmites, ils ne vivraient certes pas, avec sept sous par jour à l'ordinaire, comme ils le font en confiant à un seul d'entre eux la préparation de la nourriture commune, dans une seule marmite.
Dans une pension, dans une grande école, etc., il y a évidemment une incalculable économie du même genre à préparer en grand les aliments, etc., au lieu d'exécuter trois cents, quatre cents préparations particulières, au* tant d'opérations qu'il y aurait d^individus, quatre à cinq mille, par exemple , aux Invalides!
Enfin, on sait que les commuantes d'Hemutes ou frères Moraves, — qui se sont maintenues par la comprey sion énergique d'un principe religieux. — sont douee.s
Association bt communauté. 2\9
industri^lement d'une grande puissance envahissante, et que, sous le rapport de la prospérité matérielle, elles dépassent de beaucoup les exploitations morcelées qui les avoisinent (4 ) . Hais, je le répète, c'est uniquement de la manutention en grande échelle que les avantages proviennent. Quant au principe de la Communauté, pris dans sa rigueur égalitaire, U est monstrueux et odieux , puisqu'il brise tous les droits, toutes les individualités, et que son joug monotone et stupide ne tendrait à rien de moins qu'à transformer la masse humaine sur laquelle il pèserait , en un véritable troupeau. Le régime de la Communauté parfaite , de l'égalité absolue, n'est effectivement que le régime social des bétes à la pâture.
Ce régime étant , au reste , la dernière et rigoureuse conséquence des principes de l'égalité philosophique, et en même temps la plus complète négation de la nature humaine , reste tout-à-fait irréalisable. Dans la plupart des réunions, même religieuses, portant le nom de Communauté, la Communauté n'a jamais été intégrale et absolue , jamais elle n'a été établie sur l'ensemble et sur toutes les branches. Quant au régiment , ce serait une grave erreur de le prendre pour une Communauté , attendu que les épaulettes du colonel , du capitaine et du soldat, leurs soldes, leurs positions et leurs grades respectifs , réalisent tout autre chose que de l'égalité. Dans l'escouade même , malgré la Communauté d'uni- ^■^^^■^^^■— ■^~-~"~™— ■» ' ' ■ ■ I ■»»^^— ^»i»
(i) Quelques années apr^s avoir écrit ces lignes, Je suis allé yIsiter en Hoiiande, à Zeist, près d'Utrech, un des plus beaux établis8em«ns de ce« Mora?ea de qui on n'a dit qu« des choses fausses ou confuses. Les Moraves forment une corporation religieuse, mais à l'exception des non mariés pauvres , garçons , filles , veufs ou veuves, qui travaillent dans les ateliers des établissements , ils ne vivent pas le moins du monde en communauté. On m'a cité à Zeist une veuve qui avait deux millions de fortune, et J'y ai vu des famUles extrêmement gênées. Ceux qui vivent et travaillent en communauté , régis par une discipline très-sëvére, sont rudement exploités par la Corporation qui gagne beaucoup et emploie ses richesses à créer de nouveaux établissements, [jYoïe de la 2« Édii,)
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forme , de soupe et de fonction , il s'établit invinciblement de très-grandes inégalités depuis le troupier le plus ancien jusqu'au novice dernier arrivé, depuis le plus fort des loustics jusqu'au plus faible des plastrons. Tout officier qui connaît sa compagnie sait qu'il s'y forme naturellement vingt hiérarchies réelles , vingt classements particuliers, fondés sur vingt titres différents.
Au reste , ce qui condamne sans appel le principe de la Communauté en tant que principe social générateur, c'est qu'il n'a jamais pu recevoir une application même partielle , sans que cette application ne fût forcée. Jamais Communauté n'a subsisté que par un effet de discipline, par le despotisme d'une loi , par la puissance exceptionnelle d'un fanatisme monastique et ascétique. Les premiers chrétiens ont tenté de réaliser une société communiste dans toute la force du terme : malgré l'exaltation d'une foi immense à une doctrine non-seulement de fraternité , mais encore de sacrifice , de renoncement aux biens de ce monde , d'humilité et d'obéissance, ils ont échoué. On ne refera jamais des hommes préparés et aptes, comme ces premiers chrétiens, à la pratique de la Communauté.
L'idée principiante de la Communauté, c'est une moitié de l'idée sociale (le principe de collectivité) à l'état brut, rudimentaire, embrîonnaire , comme l'idée principiante du Morcellement (le principe individuel) en est l'autre moitié. L'union de ces deux éléments simples, dans une combinaison supérieure et composée, développant légitimement tout le droit , toute la fécondité, toute la richesse et toute la force de chacun d'eux, cette uniou harmonique, disons-nous, produit l'idée principiante de I* Association.
AMOCIATIOH BT COMMUN AU IB. 221
Dans la Traie Aoociation , loin de ae inélangflr, à» M amfoadre, de m Mcrifter, oa Mulement de m snbor* dminer les not aux aalre» , les intéréu iodiTÎdaals doivenl "demeurer essentielleaMnl distincts, et lesTO» loatës s'exercer pour le plus graed bien de toos, s»- Ion la naturelle et libre impulsion de cbacon, sans jeniaii se froisser oa s'imposer réciproquement.
J. MonoK.
r AI cité des exemples partiels de Communauté , citons un exemple partiel d'Association. — En voici un fort remarquable ; c'est une institution qui a peuplé les chataes du Jura , ainsi qu'une partie des Alpes et des Apennins. Je veuK parler de la fabrication des fromages counus sous le nom de fromages de G^^yère.
Dans nos montagnes du Jura, où le climat interdit la culture de la vigne et du blé, et où le lait ne saurait être vendu en nature, à cause de l'éloignement des villes, il faut le convertir en fromage. Or, si , dans un village ou l'on compte^ je suppose, deux cents vaches et quatre-vingts familles , chaque ménage voulait faire tous les jours son fromage particulier, cette manière de produire nécessiterait l'emploi de quatre-vingts personnes, quatre-vingts ustensiles, quatre-Sfingts feux , etc.; elle amènerait en outre une grande déperdition de matière première, et donnerait des produits de faible qualité. Chaque famille serait d'ailleurs forcée d'envoyer, de temps en temps, un de ses membres perdre une ou plusieurs journées à colporter, dans les villes^ les produits de sa fabrication morcelée. Enfin, les paysans, se faisant concurrence entre eux sur les marchés, seraient en opposition d'intérêt et portés à déprécier, les uns les autres , leurs denrées respectives. Dans de pareilles conditions, la fabrication ne saurait se soutenir.
Eh bien ! qu'ont-ils fait , ces braves paysans qui n'ont pas le bonheur d'être illuminés par l'économie politique
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et les théories de libre concurrence? — ils ont inventé etréalisé une très -belle économie domestique sur cette branche importante du ménage. Yoîci comment les choses se passent dans une fruitière;— c'est le nom donné à r Association partielle que je vais décrire.
On loue une petite maison composée de deux pièces , Tatelier et la laiterie. H faut , en outre , une cave pour magasin. Dans Tatelier on dispose une énorme chaudière en cuivre sur potence pivotée , destinée à recevoir le lait des deux cents vaches, reçu préalablement dans les grands vases de la laiterie. Un seul homme , appelé le fruitier y suffit pour confectionner chaque jour un, deux ou trois fromages de soixante à quatre-vingts livres. Ces fromages sont déposés, au fur et à mesure, dans le magasin où le fruitier les sale et leur donne les soins qu'ils réclament.
Tous les jours, la quantité de lait, apportée par chaque laitière, est marquée, par des encoches, sur deux <ai//e^ de bois, dont l'une reste entre les mains de la laitière, l'autre à la fruitière. On sait donc exactement la con* tribution fournie par chaque famille. — Il y a des pays où l'institution, plus perfectionnée , tient compte , en outre, de la qualité relative des laitages , estimée avec un aréomètre ou pèse-liqueur.
Quand viennent les époques de vente , on traite avec des marchands qui achètent en gros et chargent des convois.
Sur le prix des ventes on prélève les dépenses de loyer, combustible , ustensiles , entretien , etc. ; on paie le fruitier, dont les gages augmentent , avec le bénéfice général, suivant un taux convenu, et l'on partage tout le reste entre les familles , proportionnellement à la valeur de leurs versements respectifs.
Les dépenses et les ga as sont donc strictement et mathématiquement répartis suivant le principe de la proportionnalité du concours à ia production : car les habitants du village reçoivent proportionnellement au Ca*
AtSOCIATIOll BT COMHlIllAUTi. 225
pîtal qu'ils ont fourni en nature , et le fruitier, proportionnellement à son Travail et à son Talent, puisque sa rétribution augmente en raison du nombre et de la qualité des fromages qu*il a fabriqués.
C'est ici fopposé de Tabsurde régime de la Commu* naulé , de l'égalité , de la fraternité agraire et philoso* pbique. Ici , il y a concours libre de chacun à la production , et rétribution de chacun propcurtionnellement à son concours : il y a stricte équité , il y a prospérité , il y a Association, et c'est sur cette i>ase seule , et parce que le droit de l'individu est d'abord satisfait , que peut s'édifier le fait social harmonique , l'accord libre des volontés, la véritable fraternité huipaine.
Comparez, sur cet exemple, le principe de l'Association avec ceux du Morcellement et de la Communauté. La Communauté est si absurde qu'aucun paysan ne s'y fût jamais soumis librement. Quel est celui qui se* rait assez philosophe pour apporter à la fruitière deux , trois, quatre fois plus que son voisin , s'il ne devait recevoir que part égale dans les bénéfices? Trouvez-en qui acceptent le principe d'une telle proposition...
Le Morcellement exigerait , par jour, dans les quatrevingts familles, des dépenses de temps, de combustibles , d'ustensiles, etc., quatre-vingt fois multipliées et ruineuses ; il occasionnerait une grande déperdition de matière caseuse et donnerait des produits infailliblement inférieurs , soit à cause de l'exiguité de la préparation , soit par défaut d'habileté des préparateurs; —car un habile fruitier est un personnage recherché.
J'ajoute enfin que cette fabrication morcelée tendrait à semer des germes de division entre les vendeurs, tout en nécessitant de nouvelles déperditions de temps pour les ventes isolées. Ceci est si vrai que Ton abandonne la fabrication dans les hameaux où l'on ne peut pas rassembler au moins une quarantaine de vaches.
Le procédé d'Association produit , au contraire, tous les bienfaits d'économie, de bonne gestion, d union (te
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rintéfèt individuel à Tiatérèt collectif , d'équité. Les familles les plus hostiles sont amenées à se faire un biea réciproque, à avoir des intérêts communs. — Aussi ce régime, établi dans nos montagnes depuis un temps immémorial y a-t-il été, sans interruption pour elles , un gage de prospérité.
Les fruitières commencent à deux pas de la petite ville de Salins où j'écris maintenant ces choses ; elles s'étendent indéfiniment dans le haut pays. J'ai vu cent fois dans mon enfance et depiys , les opérations que je viens de décrire. C'est un fait qui est là.
Eh bien ! en dissertant sur les avantages du régime sociétaire, avec des Parisiens ou autres amateurs qui ne connaissaient pas l'existence de ce fait , je me suis souvent amusé à le leur décrire comme un projet que devraient , leur disais-je, adopter nos paysans, au lieu de faire leurs fromages isolément. — Que me répondaiton? — Que c'était bien , mais complètement irréalisable; que les paysans sont trop méfiants, trop intéressés; qu'il y aurait des fraudes continuelles, etc. — Moi , je présentais le détail des bienfaits et des garanties qu'oiïri* rait ce procédé. — On s'échauffait, on s'écriait que c'était-là une utopie, que c'était impossible^ que c'était ne pas connaître le cœur humain , que c'était un aveuglement de l'esprit de système; et puis , à propos de fromage, mille lieux communs philosophiques, battus et rebattus, mille phrases toutes faites qui courent partout. — « Vous pensez donc que ce procédé serait impraticable ?» — « Oui. » — a Eh bien ! dans les montagnes du Jura et de la Suisse, on le pratique depuis plus de mille ans peut-être, et j'ai vu de mes yeux tout ce que je vous ai donné comme un projet... d — Plusieurs ne me Font pas pardonné.
Voilà donc un germe d'Association matérielle très» remarquable sur une branche des travaux du ménage.
Ce germe devait exciter à rechercher les moyens d'appliquer un principe aussi puissant à l'ensemble des tra-
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▼aux domestiques, agricoles et autres d'un canton. — On serait arrivé ainsi à l'idée générale que le lecteur peut déjà se faire d'une Phalange industrielle ou réuniont de quatre cents familles associées en travaux de culture, ménage, éducation, etc. , en supposant étendu à toute fonction le procédé dont on vient de voir rappKcation à UD détail du ménage, à la fromagerie.
Ainsi, dans la Phalange, point de Communauté, point de pèle-mèle , point d'égalité.
Si Pierre a apporté un Capital double de celui qu'a fourni Paul, Pierre touchera sur le lot du Capital un revenu double de celui de Paul, — et cela sera justice.
S'il est constant que Paul a travaillé trois fois plus c|ue Pierre , Paul aura sur le lot du Travail une part qui vaudra trois fois celle de Pierre, — et cela sera justice.
Si les rapports de leur Talent sont comme les nombres un et quatre, leurs parts , sur cette troisième faculté, seront dans le rapport de un à quatre^ -- et cela ' sera encore justice.
Et il y aura justice en tout cela, parce qu'il n'y aura pas eu égalité, mais proportion.
Et s'il y avait eu égalité de rétribution , il y aurait eu au contraire monstrueuse injustice.
Puis, Pierre et Paul et tous les autres se logeront comme ils l'entendront, en consultant leur goût et la ro* tondité de leur bourse, dans un appartement de luxe ou dans un logement modeste ; et de môme ils dîneront au prix que chacun choisira : — seulement l'un et l'autre et tous, seront dix et vingt fois mieux traités pour la même dépense, dans le régime sociétaire, qu'ils ne l'eussent été dans le régime morcelé. Il y aura donc dans le régime combiné, beaucoup plus de facilité pour chacun à satisfaire ses goûts individuels, qu'on ne peut en rencontrer dans le régime civilisé; ce qui signifie rigoureusement que la LiBBtT£ inniTinuELLE , très-restreinte