‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 50 sur 95 · BRANCHE DES TRAVAUX AGRICOLES · texte numérisé non relu

BRANCHE DES TRAVAUX AGRICOLES

ABALtTIOH SU TOI ET DBB PlOCit.

NoDA pouvons quadrnpler le produit de DOS terres.

FkAUÇOtS M NtVVCIIATBAV.

Le sol tout entier du canton sociétaire est géré comme domaine d*un seul homme, par suite de F Association qui change la possession territoriale partielle, ~ préalable* ment et dament évaluée, — contre une propriété actionnaire hypothéquée sur l'ensemble des terres et des bâtiments, sur le matériel et les produits des travaux du canton.

Voilà, tout de suite, une épargne des immenses dé* penses consacrées à la construction et à l'entretien des murs de clôture, des démarcations de toutes sortes qui perdent le terrain ; une épargne, en un mot, de tous les travaux improductifs qui servent à la défense delà Propriété établie en mode simple et morcelé. C'est incom mensarable. La maçonnerie des murs de clôture suffirait, et au large, en France comme dans tous les pays civilisés, à loger confortablement toute la population qni se terre dans de misérables huttes de boue et de paillçs pourries, ou qui s'étiole dans les caves, courettes, greniei*s et galetas des villes.

La Propriété passant au mode composé et intéressant tout le monde, propriétaires et ex-prolétaires, le vol est aboli. — On ne se vole pas soi-même. A quoi serviraient d'ailleurs les denrées et produits volés ? On ne peut plus les consommer dans un ménage isolé. On ne peut pas davantage les vendre, car uilVndividu qui offrirait des produits à vendre, se déclarerait lui-même voleur par ce simple fait^ puisque les administrations phalanstérien* I. 15

254 dllGAWlSATIOS. LiV. It. GlU^. t.

nés sont chargées de toutes les opérations commerciales. — Et puis, songe-t-on à voler, s'expose-t-on à Tavilissèment, à la honte , au déshonneur, quand on est abondamment pourvu en nécessaire et en plaisirs? Tout ceci, —soit dit en passant, —est plus puissant contre le vol que les élucubrations fabriquées par la morale à l'usage des affamés civilisés, plus puissant encore que les tribunaux, le carcan, les galères et les échafauds (4). Le mal est prévenu, coupé par la racine. Fermez vos prisons ; congédiez vos geôliers et supprimez au budget tous les

(1) « John Brown, quiadepuis long-temp» la répuUtîon d'anvoleur accompli, a été amené devant le tribyoal sous la prévenUon de s'être promené dans les rues de Londres de manière à faire croire qu'il avait l'intention de vider les poches des passanU. Brown a protesté contre cette accusation, et a déclaré de la manière la plu> solennelle qu'il avait cessé d'être voleur depuis six mois, et qu'il avait repris son état de taiUeur. Le lord maire lui dit alors que son changement de conduite venait de ce qu'il trouvait l'état de tailleur plus avantageux que celui de voleur ; et je n'en suis pas étonné, ajoute S. S. , car il y a long- temps que je conseille aux geos de porter des chaînes de sûreté à leurs montres ; quant aux mouchoir^ de poche, nous savons maintenant que les filous les regardent comme ne valant pas la peine d'être volés.

» Le prévenu. — railord ! Je ne volerai plus, Je vous en donne

ma parole.

» Le lord-maire. — Vous admettes donc que le méUer est mauvais et qu'il ne rend plus rien ?

» Le prévenu, — Mauvais, milord ; U ne vaut pas le diable ; il ne rend pas assez pour faire tenir Vàme au corps. Un voleur ne gagne pas maintenant autant qu'un mendiant.

m Le lord-maire. — Dites-moi la vérité. Avei-voua re^ïris votre état parce que vous aimez mieux travailler que voler ? ou bien estce parce que vous trouvez que l'état de voleur ne rapporte pas assez ?

• Broum. — Je n'essaierai pas de tromper voire seigneurie, je sais que c'est inutile. Je suis maintenant tailleur, parce que ja trouve qu'il n'y a pas de profit à rester voleur.

» Le lord-maire. — Ëh lûui ! Bro^njc vous ferai mettre en H* berté pour cette fors j mais prenez garde à vous ; car vous êtes on famiip mou (homme de famille, dans l'argot des voleurs aoslats, voleur de première claue), et on vous surveillera de près ; je crois en eiifet que vous préféreriez la vie de voleur à celle d'hoiinètehoui*

PABAttèr.K VÉ LA fllODUCTlON. 2ÔS

rangs de millioDS que vous coûtent la répression des crimes engendrés par rinsolidarité, par la misère , par Tabjection où vous laissez croupir vos populations.

lâ plupart des procès et collisions d'intérêts sont l'effet du Morcellement et de Textrème complication de l'or- •ganisation actuelle. L'Association termine d'emblée les contestations de limites, de bornages, d'empiétements, de mitoyenneté, et ces innombrables chicanes, grâces auxquelles propriétaires et paysans se dévorent entre eux et se font dévorer tous ensemble par la justice.

me 8i elle vous rapportait autant ; cependaot je peiue qu'il est trèavrai que les profits des Tçleors sont en baisse.

» En conséquence, Brown a été élargi, et continuera sans doute, taf fleur on volear, à s'o.;cuper de celui de ces deux états qui lui rapportera le j^as. » (Extrait (tun jourtua angiait.)

Si V008 pensez que vos voleurs préféreront la vie de voleur à «elle (Vhonnête Aonimc, tant qu'elles rapporteront autant Tune que l'autre, songez donc à faire que le métier de voleur ne rappoQUs rien, et à rendre attrayant et lucratif le métier d'honnête honmie. Cela vaudra bien votre morale, vos lois et vos prisons. « f^ouj aimes • MI8UX voUr que travailler. » Eh! la faute en est à vous, lé^is- Uteurâ imbécilles, qui n'avez pas su rendre à votre peuple le travail aussi aimable que le vol !

A cette anecdote, i^outons-en une racontée par Montaigne, et dont le lecteur tirera facilement la moralité. Cette anecdote est , du H;us au moins, sauf la restitution et la précaution dtstributive , . aitttolre des voleurs d'aujourd'hui et de tous les temps.

» En la terre d'un mien parent, l'aultre tour que i'estois en Armaignac, ie veis un paîsan que cha?cun surnomme le Larron. 11 alsoit ainsi le conte de sa vie : Qu'estant nay mendiant, et trouvant qu'à gaigner son pain au travail de ses mains, il n'arriveroit lamais à se fortifier assez contre l'indigence, il s'advisa de se faire laiton : et avait employé A ce mestier toute sa ieunesse, en seure* té, par le moyen de sa foroe oorporelle ; car 11 moissonnoitet vendangeolt les terres d'aultry, mais c'estoit au loing et à si gros moreeaux, qu'il estoit inimaginable qu'un homme en eust tant emporté en une fiUTCtsurses espaules ; et avait soiog, onltre cela, d'egua- 1er et disperser le dommaige qu'il faisait, si que la foule estoit moins Importable à chaque particulier. 11 se treuve, à cette heure en sa vîrf liesse, riche pour un homme de sa condition, merci à cette tra* dque, de Inquelle il se confesse ouvertement. Et pour s'accommo*

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