ORGANISATION. LIT. H. CHAI». I
ia Phalange. Ils sont associés. •— Nous déniootrerons d'ailleurs que, par suite du mode même de l'organisatioD des travaux, chaque homme sera toujours assuré d'avoir, en surabondance, des fonctions honorablement rétribuées à remplir.
Voilà donc, sur cette question comme sur toutes les autres, la véritable, et bonne, et humaine solution fourme par l'Association, face à face avec les désastreux effets du Morcellement et les inepties des Économistes civilisés et morcelés!
Continuons.
On sait que la division du travail introduite dans la fabrication en grande échelle a augmenté la puissance productive dans une proportion incalculable (1).
(1) Voici, pour foire apprécier la valeur du principe de la diri- 8ion du travail, une citation empruntée à l'un des pères de Féconomie politique, Adam Smith : il s'exprime ainsi dans tes Necherches 9ur ta nature et les causes de la richesse des nations,», qui meu* rent de faim.
« Plus de développement dans les puissances productives du travail^ c'est-à-dire, plus d'adresse, d'activité et d'intelligence dans ia manière dont partout aujourd'hui on l'applique et on le dirige, c'est là l'effet de la division du travail.... Prenons pour exemple une manufacture dont l'objet parait peu impoilant, mais qui a mérite plus d'une fois qu'on en remarquât les détails avec une sorte d'admiration ; je veux dire la fabrication des épingles. Un ouvrier qui d'une part n'aura pas été élevé pour ce métier, dont la division da traiail a fait un art séparé, et qui de l'autre n'aura aucune habitude des machines dont on y fait usage, et auxquelles probablement celte même division a donné naissance; cet ouvrier peut-être, avec tous les efforts de son industrie, ne parviendra pas à faire en on jour une 8( ule épingle, et sûrement il n'ira pas jusqu'à vingt. Mais, de la manière dont ce travail est conduit aujourd'hui, non seulemeot l'art de l'épinglier est un métier particulier, mais cet art se distribue encore en différentes branches dont chacune forme un métier séparé. Dix-huit opérations forment le grand art de faire une épinpie. Dans quelques manufactures, ces dix-huit opérations sont presque toutes exécutées par autant de mains différentes. Cepeudaot j'ai vu une manufacture d'épingles qui n'employait que dix hommes, dont quelques-uns par conséquent s'occupaient de deux w trois manipulations particulière», l/élablissemcnl était pauvre, et
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Or, ce principe de la division du travail n'a été jusqu'ici appliqué qu'à l'industrie maDuracturière , parce que l'industrie manufacturière seule s* est mise sur le pied de la grande échelle. L'agriculture morcelée et le ménage morcelé s'y refusent ; mais l'agriculture et le ménage sociétaires s'y prêtent merveilleusement. C'est donc encore ici une source de richesse des plus abondantes. Nous devons en prendre acte.
Enfin rappelons , en terminant , que la combinaison des travaux d'ateliers et de fabrique avec les travaux agricoles met la Plialange en garde contre toute perte de temps provenant de l'état de l'atmosphère ou de la saison. Plus de chômage industriel , plus de moments gaspillés, plus de temps perdu.
dès-Iors mal pourvu des machines nécessaires ; mais le zèle quelquefois sappiéatt à tout, et le travail commun donnait alors par jour douze livres d'épingles de moyenne grandeur. Or, la livre se formant de 4 000 épingles, il s'ensuit qu'il en sortait plus do 48 000 par jour delà main de dix personnes, et que chacun de ces ouvriei-s, faisant ua dixième portion du travaU général, doit être considéré individuelflement comme l'artisan de 4 800 épingles par jour.... Dans tous les 'autres genres d'arts et de manufactures, les effets de la division du travail sont les mêmes.... Ce grand accroissement dans la quanUté de l'ouvrage, que, par une suite de la division du travail, un petit nombre de mains est en état de faire, est dû à trois circonstances diiîérentes : d'abord, à une plus grande dextérité de l'ouvrier, qui doit faire mieux et plus promptement une simple opération, qui est la seule occupation de sa vie ; ensuite, à l'épargne du temps que l'on perd ordinairement en passant d'un ouvrage à l'autre; enfin, à l'invention d'un grand nombre de machines qui facilitent et abrègent le travail, et rendent un homme capable de l'ouvrage de plusieurs.... Ainsi la division du travail, en multipliant les productions de tous les arts dans une société bien ordonnée, enfante cette opulence universelle qui circule et se répand jusqu'aux dernières classes du peuple, »
Celte opulence universelle qui circule !!!! Faut-il un front d'Économiste pour oser écrire une phrase pareille !
Lémontey, qui rapporte aussi ce passage d'Adam Smith, l'accompagne de la réflexion suivante :
m On voit, en dernière analyse que, par la division du travail, les opérations des arts se partagent en tant de fractions que toutes sont
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Cette dernière observation mérite bien d'entrer en ligne de compte, puisque déjà Ton peut voir aujourd'hui des populations agricoles, placées sur un sol fort in^jat, comme celles des montagnes du Jura, trouver, dans l'alliance des travaux de l'industrie et de Tagriculture, ie gage d'une prospérité relative qui contraste avec la misère de certiaines populations qui cultiyent des terres fertiles.
Dans nos montagnes , en effet , on peut voir des hommes qui se livrent en temps opportun à la culture, et qui, par les mauvais temps et pendant leurs six mois de neige, travaillent sur métaux et confectionnent les plus fins ouvrages d'horlogerie. Grâce à cette alliance, ils rivalisent avec les grande^ fabriques de Genève qui les avoisinent , et qui auraient promptement raison d'eux sans cette heureuse combinaison. Us sont parvenus, par ce moyen, à fabriquer à des prix extraordinairement bas , et à s'emparer en grande partie dn commerce d'horlogerie de Constantinople et du Levant. — Encore une leçon donnée aux Économistes par nos montagnards du Jura. — Les tisseurs de mérinos aux eavirons de Reims, de mousselmes de laines et barèges aux environs de Saint-Quentin , de certains draps , qui ont jusqu'ici échappé aux machines, aux environs de
exécutées avec promptitude et facilité, ou par des machines- ouvrières, ou par des hommes à qui, par analogie, conviendrait le nom ù'ouvriers-machine». •
Et moi j'ajoute : On voit que les Économistes n'ont pas inventé le principe de la division du travail, qui s'est introduit par le fait des perfectionnements successifs que les praticiens ont apportés dans les procédés techniques de l'industrie. — Ces Économistes, eax, n'ont sa qu'adopter ce principe après sa réalisation, et vanter bêtement, à cause de sa puissance productive, l'application qu'en bit la Civilisation, application odieuse, qui matérialise et dégrade l'homme, tout en préparant l'avènement de IMgnoble Féodalité industrielle. Leur science devait rechercher un bon système d'appiiration de ce principe, un système capable d'en faire jaUlir double bien, au lieu de celui qui produit )e mat en mode composé. * i*il dit, je crois, leur .science ! je suis bien bon...*
FARALLÈLB DE LA PBODUCTION. 267
Sedan, etc., ont trouve dans une association du m6ne genre des avantages analogues.
BRANCHB DBS OPÔlAnONS GOIIll£JIClAIJM«
Lb Hau. YotM minage m* rwiM.
L*. FBitMB. Est-ce au fente si tont est horribknent cher ckes les narehaadt i
Dialogue cofi/ug~il.
Socs le rapport des opérations commerciales, la supériorité du Régime combiné sur le Morcellement est plus palpable encore que dans Tordre domestique, agricole ou manufacturier. Rien n*est plus facile à démontrer.
Chaque petit ménage est obligé de faire journellement ses opérations de vente et d'achat en toutes denrées Ne voit' on pas, dans les villages voisins des villes, un membre de chaque famille perdre chaque jour une matinée pour aller vendre un misérable pot de lait , une charge de jardinage? Ne voit-on pas les paysans muser des jours entiers dans les cabarets et sur les marchés , pour faire argent d*une voiture de bois, de quelques sacs de grains, d'un millier de fourrage, etc.?
Puis chaque ménagère va acheter, au fur et à mesure, en menu détail, la viande, les légumes, les objets d'épiceries, tout ce qui est nécessaire à la consommation de la famille. Que de temps gaspillé I que de travail perdu par la superfétation des agens du commerce , résultat du morcellement domestique ! que de richesses absorbées par cette fonction improductive 1 — Le lecteur, au leste, peut se rappeler ici la critique du Commerce anarcbique, esquissée dans un chapitre spécial.
Hé bien ! supposez les cantons sociétaires organisés : un convoi d'une ou de plusieurs voitures, conduit au besoin par un enfant, remplace pour l'apport des légumes,