‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 61 sur 95 · PABALLÈLE DB LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

PABALLÈLE DB LA PRODUCTION

Messieurs, œil pour œil et dent pour deot. Quand ^ous voudrez user avec nous de loyauté, de bonne foi et de justice, nous vous tendrons la main sans raicunc. ?tf ais si vous voulez trancher, tailler, juger, condam" ner et calomnier tout à travers de cette grande Doctrine dont vous ne connaissez pas le premier mot, et que vous êtes généralement , la justice veut qu*on le reconnaisse , peu capables de bien comprendre ; si vous y touchez imprudemment ou impudemment, vous aurez sur les doigts. Nous sommes prêts pour les coups aussi bien que pour la discussion bienveillante ou Taccord, et si vous voulez des coups, eh bien ! . . comme l'a dit par trois fois Jeanne d'Arc aifx Anglais, sous les murs d'Orléans : Auœ horions l'on verra qui a meilleur droit !

Mais en voilà suffi>amment sur ces ridicules contempteurs du matéridlisme du Phalanstère, sur ces prétendus amis du Peuple qui insultent la Théorie parce qu'elle s'occupe d'abord des moyens d'assurer au Peuple la première de toutes les garanties d'indépendance et de dignité, à la société la première de toutes les garanties d'ordre et d'harmonie, une abondante richesse, équitablement et fraternellement distribuée , et reliant y dans l'oeuvre de sa création , tous les intérêts et toutes les classes. — Laissons là ces imbécilles et passons outre.

Je n'ai pas encore énuméré les plus puissantes sources de la Production dans l'Ordre harmouien ; pourtant un lecteur intelligent aura amplement reconnu déjà que l'Association amène des Oots de richesses là où le Morcellement ne donne que dénuement et misère. Je suis donc en droit de m'appuyer sur ce résultat suffisamment démontré. Ainsi, on ne devra pas oublier, à mesure qu'on entrera dans le Nouveau-Monde sociétaire, qu'il renferme des mines bien autrement fécondes que n'en contenait ce Nouveau contimmtal dont le génie hardi et persécuté de Christophe Colomb a enseigné la route à rhimianité.

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Ces démonstrations prouvent nettement, en outre, qu*il ne s'agit pas de perfectionner le Morcellement, ni la philosophie, ni les philosophes, ni Tharmonie des philosophes, mais qu'il faut spéculer sur rAssociation :

Car c'est là seulement que peut se trouver la Destinée de l'homme.

Et si l'homme est mal à l'aise dans le Morcellement, si ses passions s'y heurtent et s'y choquent en milte rencontres, si les individus s'y grugent, s'y volent, s'y déchirent et s'y tuent, ce n'est pas une preuve que Dieu est inepte et qu'il nous a fait mauvais, — ainsi que le croient ces philosophes qui parlent de Dien à chai|ne phrase, et qui ne savent que déblatérer contre les Passions CONSTITUTIVES de la nature humaine par la voLOiiTfi DE DIEU qui a créé cette nature. C'est tout simplement une preuve que l'humanité n'est pas encore entrée sons sa LOI ; qu'elle ne s'est pas encore placée dans le milieu pour lequel ses Passions lui ont été données, et où elles se résoudront en harmonie avec bien plus de puissance et d'énergie qu'elles n'en manifestent pour engendrer le désordre tant qu'elles sont hors du Régime social qui est leur Destinée préétablie.

Chaque forme sociale ouvre aux Passions des essors spéciaux ; les unes, des essors subversifs ; les autres, des essors harmoniques. ~ Ce qu'il faut faire, c*est de changer la forme sociale mauvaise, car la forme sociale est variable ; — et il ne faut pas vouloir changer les passions humaines, car elles sont invariables. Les prétentions des philosophes sont, à cet égard, aussi ridicules qu'impies et stupides : et tant qu'ils combattront la Nature de l'homme et ses Passions indestructibles, ils bri* seront piteusement leurs lances et leurs armets contre l'aile massive mue par un vent irrésistible. Le Gheva* lier de la princesse du Tobozo n'a engagé semblable combat qu'une fois en sa vie : les Chevaliers du Moralisme le répètent bravement chaque jour depuis trois mille ans. Quelles intelligences I.., dans ce siècle surtout

rARALLÈLE DE LA PRODUCTION. 2%i

?^est curieux. Les voilà bien ea train, nos libéraux moiernes, qui ont porté jusqu'à 4830 la défroque du dixhuîtième siècle et les nippes de Voltaire, les voilà bien en train, maintenant qu'ils sont parvenus à leurs fins, de se travestir avec du catholicisme et de doubler de religion leur jaquette de morale !

Voyez-les donc, ces libéraux, nous faire maintenant de V autel et du tr&ne ! — C'est édifiant tout-à-fait. Ëcoutons-les nousdire : cr L'homme a besoin d'être gardé à vue, i> et constamment tenu en bride contre le mauvais en-*

B trataement de sa nature d — Et qui gardera Thu*

manité à vue? qui tiendra la bride ? — Qui ? — Ce seront ces Messieurs de l'école libérale, qui n'ayant plus besoin de l'arme de la négation, ne veulent plus de l'athéisme que pour eux, et éproiivent le besoin de commander au peuple l'obéissance par la foi !...

Yoyez donc! L'homme — qui est l'ouvrage de Dieu — n'est ni bon ni intelligent , et il faut que des moralistes , qui sont des hommes — intelligens et bons par grâce spéciale sans doute,— interviennent pour corriger Touvrage de Dieu, pour tenir la bride ! car ces Messieurs entendent tenir la bride.... Oh ! c'est grand dommage, en vérité, que Dieu n'ait pas été assisté, quelque temps avant la création, d'un conseil de moralistes ; combien n'en eût-il pas reçu de bons avis et de lumières? Heureusement qu ils sont là pour réparer les bévues divines !

Et ce qui est merveilleux, c'est que ce soit sur une pareille conception de Dieu, sur cette conception d'un Dien qui n'aurait pas su ou pas pu faire l'homme bon et intelligent, d'un Dieu ridicule, inepte, d'un Dieu, pour tout dire, inférieur en raison aux moralistes, que ces hâbleurs prétendent établir une foi religieuse, une obligation religieuse, une obéissance religieuse aux prétendus préceptes de ce Dieu plus bète qu'un moraliste !!! Hé ! Messieurs, pourquoi ne pas vous faire adorer, vous, tout d'un temps, par 1 humanité? ce serait plus judicieux, ce serait conséquent et logique; vous avez, Messieurs, àradoralion

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de Thumaaité des droits plus légitimes qae Dieu s'il esl ce que vous dites : car s'il est ce que vous dites, il faat que rhomme dresse la tète, et le regarde fièrement ca face, et le toisaut avec mépris lui dise : a Dieu impuissant » et stupide, tais-toi 1 Dieu idiot, je ne tç reconuats pas n mon maître 1 »

Mais encore une fois laissons donc là, pour ce qa ils valent , ces moralistes , ces roués , ces philosophes , ces lihéraux encapucinés, ces sycophantes, ces enfileurs de phrases, et tous ces bavards besoigneux, et tous les vertueux conservateurs, et tous les repus confits eu religion, et tous les vénérables satisfaits qui trouvent que tout est

pour le mieux dans la prospérité toujours croissante

pourvu... pourvu que les gens du peuple consentent à crever de faim sans bruiten respectant les droits sacrés de la Propriété! Laissons cette boue dorée, argentée on cuivrée, et terminons ce long chapitre comme ceci :

Il est prouvé , aussi irrévocablement que proposition mathématique du monde , en quelque traité de science mathématique que ce soit :

Que la sTNERGtB des forces humaines dans lb régiii SOCIÉTAIRE, donne des produits incommensurables en qualité et en quantité^ là où la divergence et le conflit de ces forces^ ne produisaient, enrégihe iwsocifiTAiRE ET MORCELÉ, que Ic dénuement social et la misère.

La RICHESSE de l'Ordre combiné est donc une donnée sur laquelle nous pouvons solidement établir maintenant nos spéculations. C'est une fondation sur roc dur. C'est un point emporté. C'est un fait.

Donc, exploitons nos mines d'or etdediamans; poisons à pleines mains dans les trésors d'Harmonie; et d'abord, voyons comment l'homme, enfin réintégré dans sa glorieuse Destinée, saura se construire une demeure dide lui, élever le Palais de sa Royauté terrestre.

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