OBGANISATION. LIV. II. CHAP. II
elle guerroie dans le château-fort, elle prie^ espère, tremble et s'inspire dans le temple et la cathédrale. .
L'Art suit rhomme pas à pas dans ses initiations successives : sa puissance plastique donne des formes seii«sibles à toutes les conquêtes progressives que font, sur la nature, Tintelligence et l'activité humaines. Quand il ne sert pas lui-même d'arme pour les faire, l'Art du moins consacre ces conquêtes.
La matière est inerte, et l'esprit actif. L'esprit moule et pétrit la matière. La pensée donne la forme. L'homme, individu ou espèce, se peint comme Dieu dans ses œuvres : et c'est pour cela qu'il y a entre l'état de l'Art chez un peuple et I état de ses mœurs et de ses habitudes, entre l'Art et la vie sociale en un mot, un rapport intime, une corrélation infaillible.
Or, l'art qui donne à l'homme sa demeure, est le premier de tous les arts, celui autour duquel se groupent les autres ainsi que des vassaux autour de leur suzerain : la Sculpture, la Peinture, la Musique, la Poésie elle-même, ne peuvent donner leurs grands effets qu'à condition d'être coordonnées et harmoniees dans un Tout architectural. L'Architecture c'est l'art pivotai, c'est l'art qui résume tous les autres, et qui résume par conséquent la société elle-même : — TArchitecture écrit l'Histoire.
ARCBITRCTONIQUR 287
§ir.
n Mt, il est sar terre une infernale cuve.
On la nomme Paris : c'est nne lai^v étHYC,
Une foue de pierre aux immenseï coutourt,
Qn'noe eau jaune et terreuse enferme i triples tooraj
Cest QQ Tolcan fumeux et toujours eu haleine,
Qui remoe k longs flou de la matière humaine;
Un prédineB oarert i la eorrupUon,
Ok la fange descend de toute nationi
Btquide temps en temps plein d'une vase ImmonAc,
flooWant SOS boailloôs, déborde sur le numde.
I« Tanps qui balaya Rome et ms immondices, JUtroave encore, après deux mille ans de dcmin, Un abtme aussi noir qne lecuTier romain.
AiioosTB Baxsixb.
Madrid! princesse des Bspagnes I
ALrsxi» Bx HnasvT.
L'abchitectuhb écrit Fhistoire.
Youlez-vous connattre et apprécier la Civilisation dans laquelle nous vivons? Montez sur le clocher du village, ou sur les hautes tours de Notre-Dame :
D'abord , c'est un spectacle de désordre qui va frapper vos yeux :
Ce sont des murs qui se dépassent, s^entrechoquent, se mêlent, se heurtent sous mille formes bizarres ; des toitures de toutes inclinaisons qui se surhaussent et s'attaquent; des pignons nns, froids, enfumés, percés de quelques rares ouvertures grillées; des clôtures qui s'enchevêtrent ; des constructions de tout âge et de .toute façon, qui se masquent et se privent les unes les autres d'air, de vue et de lumière. C'est un combat désordonné, une efroyable mêlée architecturale.
Les grandes villes, et Paris surtout, sont de tristes spectacles à voir ainsi , pour quiconque a Tidée de l'or- (fane et de Tharmonie, pour quiconque pense à l'anarchie sodale que traduit en relief, avec une hideuse fidélité, cet amas informe, ce fouillis de maisons recouvertes de combles anguleux, échancrés, brisés, divergents, confon* dus, ariQ^S de leurs garnitures métalliques, de leurs