BE BOUB ET DR CRACHAT
La Civilisation se peint dans ses fourmilières, où s'é« lèvent çà et là quelques monuments pële-méle avec des taudis ; elle se peint dans ses villes et dans ses villages, où l'on trouve tous les genres, toutes les espèces, toutes les variétés de laideur et de saleté. — Vienne T Associa* tion ! vienne l'Harmonie ! et l'Harmonie se mirera dans ses resplendissants Phalanstères !
Ne voyez-vous pas que, déjà, toutes les fois qu*il y a eu dans le monde une concentration de volontés, qu'elle ait été obtenue par amour, par crainte ou par terreur, cette concentration de volontés s'est toujours traduite par un Monument proportionnel à sa puissance ? La féo • dalité donnait le chàteau-fort ; la royauté, la pyramide d'Egypte et le palais ; la religion, le temple antique et la cathédrale. Aujourd'hui qu'il n'y a plus de Pouvoir, ni de volontés unies et concentrées, il ne se fait plus ({ue des maisons; oh! pardon, j'oubliais... on bâtit aujouri'hui des prisons très-solides, très-épaisses, très-vastes, rès-bien verrouillées et cadenassées. Le plus bel édifice le Londres moderne est une prison [\)\\
Quoi qu'il en soit, on ne peut s'empêcher de reconnaître que l'œuvre individuelle est nécessairement petite, mesquine, étroite, et que, seule, l'union des volontés, la concentration des forces peut donner des résultats grandioses. Cette vérité est écrite partout. Vous la retrouvez dans l'Hôtel-de- Ville qui se distingue entre les maisons, parce que c'est le principe de la Commune qui l'a élevé; dans le Théâtre, qui correspond à ru amour de la population pour un plaisir commun , de même que l'Église est
(1] La nouvelle Force , dont on adiève la construction dans le huitième arrondiesement de Paris, aara coûté cinq millions... pour loger eeUulairement dooie centi accasésl [Note de la 2« £du,)
302 ORGANISATION. LfV. II. CHAP. II.
l'expression d'une pensée religieuse collective. La Communauté monastique a hérissé de Couvents les terres chrétiennes ; l'Université a bâti des Collèges ; le Gouvernement, des Palais de justice, des Ministères, des Préfectures, des Arsenaux, des Prisons ; il a élevé autour de mille Places de guerre d'épaisses et hautes ceintures de pierre, bastionnées et redoublées.
Vous voyez bien que la Civilisation, toute pauvre de moyens qu'elle est, élargit pourtant et régularise son architecture toutes les fois qu'elle a engendré une organisation quelconque.
Quand les molécules sont éparses dans un milieu troublé , elles se déposent çà et là et se précipitent en poussière. Quand elles peuvent s'approcher et se joindre dans un milieu favorable à l'affinité , elles se juxta-posent et se combinent naturellement en brillants cristaux. — Ainsi, quand les individualités, éparses aujourd'hui, se réuniront sous le principe tout puissant de l'Association, et se grouperont librement par leurs p6les sympathiques , quand les communes deviendront Phalanges, les maisons et les cabanes deviendront Phalanstères I