‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 72 sur 95 · BE BOUE ET DR CRACHAT · texte numérisé non relu

BE BOUE ET DR CRACHAT

La Civilisation se peint dans ses fourmilières, où s'élèvent çà et là qaelques monuments pële-mèle avec des taudis ; elle se peint dans ses villes et dans ses villages, où Ton trouve tous les genres, toutes les espèces, toutes les variétés de laideur et de saleté. — Vienne T Association I vienne THarmonie ! et l'Harmonie se mirera dans ses resplendissants Phalanstères!

Ne voyez-vous pas que, déjà, toutes les fois qu il y a eu dans le monde une concentration de volontés, qu'elle ait été obtenue par amour, par crainte ou par terreur, cette concentration de volontés s'est toujours traduite par un Monument proportionnel à sa puissance? La féodalité donnait le chàteau-fort ; la royauté, la pyramide d'Egypte et le palais ; la religion, le temple antique et la cathédrale. Aujourd'hui qu'il n'y a plus de Pouvoir, ni de volontés unies et concentrées, il ne se fait plus que des maisons; oh? pardon, j'oubliais... on bâtit aujourd'hui des prisons très-solides, très-épaisses, très-vastes, ■rès-bien verrouillées et cadenassées. Le plus bel édifice lie Londres moderne est une prison [\)\\

Quoi qu'il en soit, on ne peut s'empêcher de reconoaître que l'œuvre individuelle est nécessairement petite, mesquine, étroite, et que, seule, l'union des volontés, la concentration des forces peut donner des résultats grandioses. Cette vérité est écrite partout. Vous la retrouvez dans l'Hôtel-de- Ville qui se distingue entre les maisons, parce que c'est le principe de la Commune qui l'a élevé; dans le Théâtre, qui correspond à ru amour de la population pour un plaisir commun , de même que l'Église est

(1) La nouvelle Force , dont on acliève la construction dans le huitième arrondieseioent de Paris, aura coûté cinq millions... pour loger cellulairement dooM centi accusés! {Nou de la %^ Edii.)

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guUèrement économique et commode se généralisera beaucoup quand on verra la propreté raffinée des lingeries sociétaires. — Aujourd'hui on n'est pas Si chatouilleux : on couche souvent dans des draps d'auberge et d'hôtels- garnis, dont la propreté est bien fort douteuse ; et nos petites maîtresses parisiennes donnent leur lin^e à des blanchisseuses qui leur font subir, dans leurs cuviers, Dieu sait quels contacts 1

L'Harmonien n'a pas à songer à tous ces minutieux arrangements de chaque jour , qui harcèlent le Civilisé et lui font une vie si matérielle, si prosaïque , si fastidieuse et si bourgeoise : — et c'est ainsi que Fourier, précisément parce qu'il a pris en considération les questions matérielles et domestiques, a pu ailranchir I homme du joug de plomb que les dispositions abrutissantes de la Civilisation lui imposent à chaque heure de son existence! c'est ainsi qu'il a trouvé le moyen de poétiser la vie ! Essayez donc d'en faire autant avec des abstractions quintessenciées et des maximes morales? Pauvres sots philosophes ! vous verrez que ces Béotiens crieront à Vutopie, eux qui. laissant l'homme courbé sur la terre, livré au despotisme absolu et tout-puissant, à l'inflexible tyrannie des nécessités premières, des besoins matériels de chaque jour, n'en ont pas moins la prétention de spiritualiser sa vie! Cette absurdité, qui a trois mille ans de longueur, est tellement épaisse, que l'avenir n'y voudra pas croire.

Le Séristère des cuisines (1), muni de ses grands fours, de ses ustensiles, de ses mécaniques abrégeant l'ouvrage , de ses fontaines à ramifications hydrophores, pavoisé de batteries étiocelantes , se développe à la fois sur des cours intérieures de service, et duc4)lé de la campagne. Ses magasins d'arrivages , de défxM et de conserve, et les salles de l'office sont à proximité.

(1) Séristère est le nom générique des ateliers phalansléneDS ; on saura bientôt la raison de cette dénooii nation.

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Les tables et les baiïets, chargés dans ces salles basses, pris et élevés , aax heures des repas , par des machines, sont apportés tout servis dans les salles de banquets, qni régnent à Tétage supérieur et dont les planchera sont pourvus d'un é(piipage de trappes, destiné à donner aux grandes opérations du service unitaire la rapidité prestigieuse des changements à vue d*on opéra féerique. — Ces mécanismes ingénieui^ que la Civilisation emploie çà et là pour faire quelques jouissances à ses oisifs , l'Harmonie trouve son économie à les prodiguer pour faire des jouissances sans nombre à tout son peuple.

La chaleur perdue du Séristére des cuisines est employée à chauffer les serres, les bains, etc. Quelques calorifères suffisent ensuite pour distribuer la chaleur dans toutes les parties de l'édifice, galeries, ateliers, salles et appartements. Cette chaleur unitairement mé* nagée est conduite dans ces différentes pièces par un système detuyaux de communication, armés de robinets au moyen desquels on varie et gradue à volonté la température, en tout lieu du palais sociétaire. Un système de tuyaux intérieurs et concentriques à ceux des calorifères, porte en même temps de l'eau chaude dans les Séristères où elle est nécessaire et dans tous les appartements. Il existe un service analogue pour la distribution de l'eau froide. On conçoit facilement combien ces dispositions d'ensemble sont favorables à la propreté générale , combien elles font circuler de confort et contribuent à dépouiller le service domestique de ce qu'il a de sale , de répugnant , de hideux souvent , dans les doux ménages de la Civilisation morale et perfectibilisée.

La même pensée unitaire préside au dispositif de tous les services. Ainsi c'est par un mode analogue que des bassins supérieurs, placés dans les combles, recevant les eaux du ciel ou alimentés par des corps de pompe, fournissent des ramifications de boyaux divergents, d'où Teau, projetée avec la force de compression due à sa hauteur, entretient pendant les chaleurs de l'été, dans /es

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