ORGANISATION. LIV. II. CHAF. III
atriums, les salles et les grands escaliers, des foataiiies jaillissantes , des cascatelles aux bassins blancs et de hardis jets-d'eau dans les jardins et les coifts. Les boyaui mobiles sont employés au service journalior de Tarrosage des abords du Phalanstère ; ils servent aussi à laver les toitures et les façades, et surtout à ôter toute chance à Tincendie (1).
Grâce à ces dispositions, si bien prises d'ûlleurs pour marier la salubrité à l'agrément, dir enfants sur les combles d'un Phalanstère, arrêteraient un incendie plus rapidement que ne le sauraient foire toutes les compagnies de pompiers du monde dans les maisons et sur les toits inabordables des constructions morcelées, boiteuses, inextricables de nos villes morcelées et civilisées.
L'éclairage général , intérieur et extérieur, est aussi réglé, dans la Phalange, sur la même idée umtaire. Personne n'ignore que la plupart des grandes cités et des établissements publics sont éclairés par ce procédé. — Les réfracteurs lenticulaires et les réflecteurs paraboliques seront d'un heureux emploi dans cet aménagement unitaire de la lumière, qui multipliera sa puissance en combinant convenablement les ressources de la catoptrique et de la dioptrique.
Une grande partie de ces choses sont déjà réalisées dans les palais et dans quelques somptueux hôtels de France et surtout d'Angleterre. Mais, en Civilisation, pareils avantages ne sont réservés qu'au très-petit nombre. Le pauvre meurt de faim, de froid et de misère à côté des royales maisons où les riches meurent , euxmêmes, gorgés de luxe, de dégoûts et d'ennm's : car
(1) Il faut ajoptcr eocore que pour parer à ces chances inâniment réduites d'incendie, les différens corps du Phalanstère pourront être sépares par des coupures, et reliés seulement, en ces points de sec* tion, par la rue galerie qui n'est interrompue nulle part. — Au reste toutes les dispositions que nous décrivons Ici seront mille fois dé- ^■*^I«r les progrès de la mécanique et des inventions du gé^iie
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la Civilisation met à la disposition du riche tons les raffinements du confort et du luxe... et elle les empoisonne, — ce qui est justice ! Dieu n*a pas voulu que quelques fainéants ^olstes pussent être réellement heureux au milieu des souffrances et des grincements de dents des masses qui travaillent pour eux. Le bonheur est une conquête qui ne peut être faite qu'au profit de l'espèce entière. Aussi est-ce pitié que de voir ces pauvres riches se mutiner contre le sort, comme des enfants quinteux, parce qu*ils ne trouvent pas le bonheur , quoique places pourtant , disent-ils , au milieu de tout ce qui peut le donner.
Oh! non, non, riches du monde! vous n'êtes pas placés au milieu de ce qui peut donner le bonheur ; car vous vivez au milieu de vos frères qui souffrent! Votre égoisme fait un mauvais calcul quand il vous ferme les oreilles à la grande voix des douleurs humaines qui gronde autour de vos palais ; car tous les humains sont liés, il faut vous le crier sans cesse, par solidarité en malheur comme en bonheur. Croyez-vous donc que Dieu soit un père qui ait des préférences aristocratiques ? prenez-vous les autres pour des cadets ou des bâtards ? Tant que la misère pèsera sur eux, voyez-vous, vous aurez pour lot les tortures de l'ambition déçue, les chagrins de la famille, les désespoirs du cœur, l'implacable obsession de l'ennui, le vide de l'àme, le spleen. Tant que le corps du pauvre sera mordu par le besoin, le cœur du riche sera rongé par les vers qui le dévorent aujourd'hui.— Si l'on meurt de faim
en bas, en haut on se suicide parfois on assassinel...
Qui trouve à redire à la justice de cette loi ?
Revenons à notre architecture harmonienne qui universalise le confort et le bien être, qui loge l'Homme et non pas seulement quelques hommes comme l'architecture Civilisée ; et résumons la description précédente en disant que, dans la construction sociétaire tout est prévu et pourvu, organisé et combiné, et que l'Homme y gouverne en maître l'eau, l'air, la chaleur et la lumière.