‹ Destinée socialeChapitre 18 sur 75 · ORGANISATION. UV. III. CH. I · texte numérisé non relu

ORGANISATION. UV. III. CH. I

et se subdivisent en classes, ordres, genres, espèces, variétés, ténuités, etc., si bien que Ton est forcé, pour I les étudier, de les cataloguer et de les ranger en Grou- j pes et Séhies de Groupes, comme ils le sont dans la i nature. — Cette classification porte même le nom de , Méthode naturelle.

Les sciences, qui, dans Torigine et aux temps obscurs, formaient un assemblage confus de quelques vérités mêlées à beaucoup d'erreurs, se sont divisées et subdivisées à mesure qu'elles se sont constituées, et que l'esprit humain en a étendu le domaine. Telle branche de phénomènes dont l'existence était à peine soupçonnée il y a quelques siècles, comme l'électricité, fournit à elle seule aujourd'hui de nombreux rameaux dont chacun réclame des études spéciales et des hommes spéciaux. Plus on avance dans le champ des découvertes, plus on se convainc que, tout étant lié dans le système de la nature, l'ensemble des connaissances doit se classer en ordre généalogique ou sériaire. Les arts, d'ailleurs, exigent aussi des divisions et des classements analogues. II n'y a rien de ceci qui ne soit connu et banal.

Ainsi, tout, dans la création, dans le domaine de l'activité de l'homme et de l'intelligence, est assujéti à cette loi sériaire, — loi suprême, sans laquelle l'ordre, Tharmonie et l'unité de l'univers ne seraient que des mots.

Donc , si tous les objets sur lesquels l'homme est appelé à exercer son activité physique ou son énergie intellectuelle, sont ordonnés et classés en Séries dans le sein des choses, il faut bien que lui, l'homme aussi, accepte cette forme sériaire pour l'ordonnance et le classement de ses travaux, sous peine de se constituer en révolte contre l'Ordre naturel, de se placer hors des cadres de l'Unité universelle , d'opérer en système désordonné sur la création, et de manquer ainsi la voie et l'acte de sa Destinée.

Et si tout ceci est vrai, il fallait bien que l'organisme

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passionnel de Tbomme fût prédisposé pour cette forme sériaire, et qae Tbomme fût porté par nature à distribuer son activité parallèlement à la distribution natu^ relie des objets sur lesquels cette activité était appelée à s'étendre.

C'est chose m pintttmt soperflue, sans doute, à tout homme doué d'une certaine portée d'esprit, que d'insister sur la valeur de ce qui vient d'être développé ici. Toi^t on système social est là pourtant , et pas un système de création humaine encore, mais le système pensé par Diei}« Youlti par Dieu, et typé par lui sur la foce de tous les mondes.

Somme toute, ce chapitre nous a montré, en vue d'ensemble, €[ue la condition générale d'Attraction industrielle, c'e^it Vfxercicè des travaux en Groupes et Séries de Groupes ^ méthode naturelle qui nous a été directçme^t léyélée pfur le jeu daa affinitis électives,

Ëtudionp de plu3 près maintenant les conditions q>^«* ciales de l'Attrait, poiir «rriïw h la détermination prépose de cette fonnule.

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Nous voici donc face à i3i6e avec le problème fondamental, a La détermination du meilleur mode d'emploi dé Vactîviiê Kutnâtnè, autrement fit, de Inorganisation du travail. »

Or, puisque la PlIalaftgQ «âtU'itèUAr Mtial élémentaire, ce problème général se précise de prime abord sous renoncé suivant :

' Etant donnée um ^(^nUaUçn de quatre cents familleSy associées^ pour former une Phalange, sur un canton possédé actionnairement par elles ^ et préparé comme il a été dit précédemment , déterminer une organisation mduetrieUe aé^ptée aux goûts ^ aux penchants des travailleurs , apte au développement libre de toutes leurs facultés individuelles^ capable^ en un mef, de répandre f attrait et le charme sur leurs travail.

Cette manière de poser la question nous donne sans transition une réponse singuli^ement importante, une réponse qui condamne trancbément, dès le premier pas, tout le régime industriel des Civilisés ; car vous ne pensez pas,

Que les travailleurs de la Phalange, parfaitement libres d'organiser leurs opérations comme il leur aurait plu, se^seraient avisés dejes morceler pour s'isoler les uns des autres, celui-ci seul dsms un champ, celui-Jà seul dans un atelier, disséminés comme on voit kt plupart des travailleurs civilisés... non, certes, vous ne pensez pas cela.

^ Ce seul fait de la liberté des individus placés ao sein d'un milieu sociétairement préparé , vous révèle donc que le Groupe, ou réunion volontaire d'un certain nombre de travailleurs, se substituerait naturellement à la solité, dans toutes le^ fonctions qui pourraient s'y prêter, c'est-à-dire, dans toutes les fonctions d mdu^ trie active en agriculture, fabrique, ménage, éducation, science, beaux arts, etc.

La nature pousse Thomme aux nombreuses réunions,

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où elle lui a ménagé remploi de son activité, le jeu de ses focultés, le développement de ses vives et nobles affections ;

La Civilisation, elle, trace autour de Thomme un cercle étroit d'intérêts égoïstes, dépourvus de liens avec les intérêts extérieurs ; elle renferme au centre de ce cercle, et quand il y est bien enfermé , dûment «attaché la chaîne au cou à son métier, à sa fonction, à son travail solitaire^ la morale intervient pour prêcher à ce pauvre esclave isolé... quoi? Tamour du travail... oui, elle lui corne aux oreilles qu'il DOIT adorer ce travail abrutissant, odieux, insupportable! — quelle qualification don* ner à une pareille aberration ?

Ainsi, vous le voyez , ce principe de Morcellement, dont BOUS avons si bien reconnu Textrêmc malfaisance quand nous dissertions sur le matériel de réconomie sociale, continue à jouer son rôle subversif dans le mode d'emploi de l'activité humaine en régime civilisé. Nous le retrouvons dans les relations d'industrie active, livrant l'homme, sans grâce ni mord, aux ennuis mortels de l'isolement, à l'ahurissante atonie de la solité, comme nous l'avons vu précédemment livrant l'homme, ce roi de la terre, à la dent de la misère. Nous le retrouvons ici, ce principe fondamental des sociétés subversives, faisant obstacle aux mouvements des penchants et des facultés, étendant la nature sur un lit de Procuste et hongrant l'homme, comme nous l'avons vu faire obstacle à la création des richesses , à l'enfantement des cléments matériels du bien-être, et desséchant toutes les sources de la production.

Et vous voyez le principe d'Association, et les grandes et fécondes dispositions qui en dérivent, se prêter merveilleusement, au contraire, au développement des affinités , au jeu des aSections et des facultés, à l'essor des passions corporatives et sociales, qui ne peuvent éclore qu'au sein des grandes réunions humaines, dont les preiDiers éléments sont les Groupes.

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