ORGAmSATION. LIV. III. CH. I
Mais , avant d'aller aux conséquences , nous devons légitimer d'abord, par de bonnes preuves, ce que nous avons dit sur là tendance de la nature au Groupe, -*mot tout-à-fait technique en science passionndle , et qu'il faut dès maintenant accepter comme tel. —Noos devons étudier encore les phénomènes qttî se manifestent dans la formation des Groupes et dans leur» contacts. Ceg démonstrations et ces études sont si faciles, qu'elles consistent uniquement à savoir observer et bien voir ce qui se passe chaque jour sous nos ye^x. Noos Voulons reconnaître les lois des impulsions natKrelles ? examinons les effets de ces impulsions dans lei^ milieuiL où elles ne sont pas enchaînées et contraintes.
Las fl^ments t-'nilenl à i'unir. Cette citspositfon tngmente oa Atniiiue âant 1« rapport plus mt moin* prociMifi à» l«ttr nator» oa d« leurs qi»«tiiâ r«speetÎTes. Cu, BoimsT.
Au bal , — je ne vous parle pas du bal froid , glace, guindé, du bal tel que la Civilisation le fait souvent, — et c'est une de ses hontes, — où Je jeune homme, quand i\ reconduit sa danseuse, a échangé avec elle deux paroles, l'engagement et le remerciement ; où trois femmes càte à côte assises n'ont pas eu l'une pour l'autre, pendant la soirée, un mot, un signe de tête, un sourire... bai triste, raide, compassé , où Feuntii saisit toutes les âmes et déborde sur toutes les figures à travers leur masque d'impassibilité ; bal que je hais plus qu'on en-J terrement.... je ne parle pas de cela, mais d'un bal joyeux, animé et vivant, où Ton n'est pas gêné par Tétiquette, où l'on connaît son monde, où chacun se sent si Taise. Dans une pareille soirée, vous voyez la popula^ tion du bal se distribuer naturellement et bien vite en Groupes différents. — Les uns, dans la salle du jen, si pressent autour des tapis verts de la bouillotte et d<
TBNBAMGBS GtKtftALBS. 444
l'écarté) tout à côté des tables plus calmes, où les dames d'un certain âge et les grauds-pareuts font leurs parties de whist et de boston. Les autres^ attirés dans les saloQS où Torchestre résonne, où les fmnmes iNîllent sous les diamants et les fleurs^ se mêlent am figures croisées des contredanses, ou se font emporter auxnid»vements précipités des walses et des galops. Ici c'est un petit noyau qui passe en revue le bal et épilogue ; là on cause littérature ; plus loin on s'échauffe sur la politique.
Sert-on un souper ? — la masse encore se difise, et chacun f pour prendre place, recherche le voisinage de' œux qu'il aime, de ceux ayee qui il désire noufifr relation. Et ainsi , et toujours , dsm un milieu libre , les Groupes se forment naturellement par affinités de conr venances réciproques, par affinitéi électwes. ,
Exandinez-yous une réunion d'une autre natm^, une assemblée politique, une Chambre de députés ? Vous allez, sous un tout autre ton, retrouver les mêmes effets, reconn^tre les mêmes tendances.
C'est d'abord une division en trois corps très--distincts, le cBifTBB et les deux ailes, — la droite et la gaUche, Puis, dans chacune de ces trois grandes divisions, qui répondent aux trois principales couleurs politiques^ vous voy^ se dessiner des subdivisions correspondwsit aux nuances d'opinion ; — et chaque député va se rauger dans la subdivision qui exprime sa nuance. Et, dsms cette subdivision encore, il prend place à côté des hommes dont il préfère individuellement le cmractère^ à côté fie ses amis politiques, expression composée qui indique irès-bien la double force de l'affinité génératrieo du Groupe.
Ainsi, les affections particulières ou affinitéi de naracth^e , et les sympathies d'opinion ou affinités d'industrie^ -— qu'on me permette ici l'application de cette expression toùt4b-fait générale, — déterminent naturel- Icment la formation dtes Groupes, leur elasseiaent, leur