SI OHCANMATION. LIT. III. CH. I
hiérarchie. Ces Groupes, distribués en échelle hiérarchique, ascendante et descendante, ailes et centre, forment une Série beaucoup plus régulière déjà dans la Chambre ({ue dans la réunion de plaisir, parce qne la Chambre est une assemblée périodique, où les sympathies et les antipathies d'opinion et de caractère ont le temps de se développer, sont mieux connues , mieux appréciées.
Bans les collèges, dans les grands pensionnats, tous voyez se révéler les mêmes tendances, et toujours les impulsions naturelles conduire, — plus ou moins confusément, suivant Tétat du milieu, — les jeunes gens et les enfants , comme les hommes faits , à la constitution, des Groupes et à l'affiliation des Groupes en SâniBs , soit en affaires d'opinion, d'études et de travaux, soi^ en affaires de plaisir.
C'est surtout aux heures de récréation que la tcn^ dance se manifeste franchement, parce que, aux heurc^ de récréation, les Attractions individuelles ne sont pa^ comprimées par les divisions forcées et le despotismci des règlements.
Beportez-vous à vos temps de collège, et vous vous souviendrez qu'à 'peine hors des ^salles de classe oij d'étude, à peine échappée, livrée à* elle-même, à Fairj au soleil, dans la grande cour de récréation, la popnla^ tion collégienne se formait à l'instant en catégories di^ verses. — La première division , celle qui est si pc^ arbitraire, que la natute la donne partout, et dans 1^ sein de laqudle les autres se créent, c'est celle qui correspond à Y'éehelle des âges. Chaque élève, en eOetj dans tout établissement nombreux, appartient tonjoursj aussi authentiquement qu'un soldat à sa compagnie, i la classe des grands^ ou à celle des petits^ ou à la di\ii sion intermédiaire. Et ces divisions premières accepteni encore des subdivisions régulières , qui ont leurs noin^ spéciaux dans l'argot de chaque collège.
En dedans ou en dehors de ces cfa^sements conréla^
TSRDAIICBS QÉMÉRAlBg* 1 4 3
tifs à Tftge, les amis, les pays, dottrés tout à Thenre dans lents salles respectives, se réunissent en divisions et sous-divisions formant des bandes, des cliques particulières; ce sont les expressions consacrées. — Ces catégories déterminées par les âges, les caractères et les positions, n'empêchent d'ailleurs pas la masse de se dis- . tribuer pour les jeux en nouveaux Groupes, en nouvelles SftiiBs:
Ici c'est la place réservée aux billes ; elle est nette et propre ; les carrfe sont tracés, les trous creusés et les parties s'org^sent. — Là on joue au bouchon ; — plus loin à la balle. — Yoilà les deux camps des barres;... ^ chaque élève entre dans une partie, s'enrôle dans un camp , se réunissant aux camarades qu'il aime , évitant eeax qu'il n'aime pas, et choisissant les jeux qui vont à ses goûts, qui font briller sa force et ses tal^te.
Ainsi Yont les choses dans toutes les réunions nombreuses qm ne sont pas gênées par des règlements disciplinaires, monastiques ou autres, partout où l'Attrait peut se développer librement; — et cela, quels que soient les &ges, les caractères, les sexes, les positions et les rangs.
La division en Séubs, en Groupes et en Sous-Groupes, voilà donc ce que la nature inspire à l'homme; voilà le procédé dedivision et de classement qu'elle indique et auquel elle pousse indistinctement tous les individus de l'espèce. — Si ce vœu de la nature est plus irrécusablemeut mis en évidence aiqourd'hui dans les jeux des eur Eants, dans les exercices des écoliers, à leurs moments de liberté, qu'il ne l'est dans les relations des pères, c'est que les enfants sont plus près de la nature, et que le régime civilisé ne leur a pas encore créé ces intérêts étroits et ces habitudes d'isolement que le travail morcelé imr pose à la plupart de ses fonctionnaires.
De tous ces faits connus et de mille autres du même ;;enre , vous êtes en droit de déduire sans contestation pos^le :