‹ Destinée socialeChapitre 35 sur 75 · CONDITIONS D'ATTRACTION · texte numérisé non relu

CONDITIONS D'ATTRACTION

Le imnide ou Unirert m oominnai^oMit «we Dien qne par entremise de l'Attraction, tonte créatnve, dqwia les astre» joaqn'anx inaectei, n^rrivant à l'Hannoni* qn*ea anivant le* impnUioaa 4o l'Aitraction, il y aurait dnplicilé de ftjttème »i l'kom- ■M doTiût sniinc d'antre Toie que l'Attraction po«r •rrivar av fiaa da Oiev, à raaroMaia at à rMlé.

Ga. Fooan».

Si nous voulons maintenant nous rendre compte en peu de mots de ce que nous avons établi, nous reoonnattrons que nous avons construit de toutes pièces un mécanisme qui jouit, en première ligne, de la propriété de provoquer Tentrainement, Fachamement et le charme sur l'objet auquel il est appliqué. Ce mécanisme, nous Favons constitué en introduisant simplement, bonnoment, une à une, les conditions d'attrait que la nature humaine a étalées de tout temps et étale sans cesse, aux yeux du savant et de Fignorant, sur toute la surfis^ de la terre : de telle sorte que notre science n'est pas de la science anglaise, française, russe ou iroquoise ; car nous avons spéculé, non sur des Anglais, des Français, des Russes ou des Iroquois, mais sur des homm. •*-

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Puis , nous avons tout déduit de ce seul principe, qu'au lieu de vouloir rebrousser brutalement les impulsions natives de l'homme, il faut les accueillir, les laisser parler, et voir si ce ne serait pas chose facile et heureuse que de leur accorder ce qu'elles demandent. Ce sont les impulsions naturelles qui nous ont tout révélé. Nous n'avons rien imaginé; nous avons seulement écouté la nature avec docilité et intelhgence.', et vous pouvez engager votre paùrole d'homme intelligent, qu'il n'y a pas de meilleure philosophie que cela.

Or, la nature nous a appris que l'homme, — individuellement (4) et collectivement, — est susceptible d'ôtre mu par deux ressorts principaux :

La fougue enthousiaste^ dérivant de V Accord^ V acharnement rivalisé^ dérivant du Discord.

La nature nous a appris encore que ces deux fougues, l'une aveugle, emportée, enlevant d'assaut l'obstacle, l'autre réfléchie, calculatrice et tenace, ne peuvent se maintenir indéfiniment sur le même objet ; qu'il est hors des conditions de \ attrait passionnel comme hors des conditions de V attrait musical^ qu'un Accord ou un Discord se soutiennent au-delà d'une certaine durée ; qu'un point d*orgue même doit avoir une fin ; que la continuité d'un même fait, constitue pour l'àme un supplice, comme celle d'un même son pour l'oreille. Nous avons donc compris la nécessité des Alternances ^ et reconnu qu'il faut, pour l'attrait, non-seulement Y Accord et le Discord, mais encore la Modulation^ ce mot prenant ici son acception la plus générale et signifiant la succession combinée des sons, des Accords et des Discbrds.

Si vous parvenez à développer dans une masse un Accord d'ensemble sur une action, l'action sera exécu-

(1) Le concours de plusieurs sentiments passionnés agissant sy* nergiquement, produit l'enthousiasme même chez l'inâivida Uolé. Quant à la rivalité d*indlTida à individii, rien n'est plus ooona.

R4S0BÉ BB LA LOI SfilUIMl. 165

tée par enthousiasme et passionnément; — la masse sera mise en Attraction sur cette action.

Si vous parvenez à exciter une masse à Faction par l'aiguillon acéré des Rivalités et des luttes, l'action sera exécutée avec acharnement et passion ; — la masse sera mise en Attraction sur cette action.

Dans tous les cas où ces deux genres de ressorts interviendront séparément (^ ) ou simultanément, 1* attrait sera le mobile de Tactivité déployée, et la force de Pâtirait sera proporMnnelle à l'intensité de la résultante des ressorts.

Si maintenant vous voulez obtenir Tattrait en système général et soutenu sur un ensemble d'actes, vous devez forcément spéculer sur les changements, les relais, les variations, les contrastes, en un mot sur les Altemafirces des notes, des Accords, des Discords, des modes et des tons.

AGCOIO), AITERNAT, DISCORD,

tels sont donc les trois grands moyens du mécanisme actif de rAttraction.

(I) La plupart da temps , les deux genres de ressorts Interriennent combioément. GUerez-Toas comme spécial exemple d'Aeeord la magDiflque et enthousiaste exéeation des terrassements du Gbamp-de-Mars par la population parisienne, pour la fête républicaine de la fédération P — mais certainement l'émulation jouait entre les différentes brigades de travailleurs. Citerez-vous les barricades, une lutte, un combat quelconque comme spécial exemple de Diicord ? — mais, en pareil acte, il y a Accord dans chaque camp contre Tautre, excepté en cas de contrainte^ — cas que nous n'examinons même pas, car nous ne Youlons étudier que la nature libre, ou simplement la nature {nature libre forme pléonasme). — Ainsi on ne trouve guère d'exemples d'Accord ou de BLBCordpnr et simple dans des Groupes et des masses. Quant aux développements des deux ressorts chez des individus isolés , ce ne sont que des notes, des sons séparés ; ce ne sont ni des Accords ni des Discords, mais seulement des germes d'Accords et de Discords , des éléments d'harmonie ou de cacophonie sociale ; d'harmonie s'ils sont bieo combinés entre eux, de cacophonie s'ils le aont mal.

IfiS OMàHISATlOlf. LIV. III* Cfl. n.

Ces trois éléments correspoAdeiit à trois passions primitives ou forces vires de Fâme, que Fourier a désignées sous l'appellation commune des passions mécanisantes ou nisTitiBDTivBB. Cette appellation exprime par&itement leurs fonctions et leur nature. Il les a tout aussi heureusement nommées chacune en particulier :

Composite^ besoin des Accords, des sentiments et notions passionnés, synergiques et composés, donnant naissance à la fougue aveugle, enthousiaste, poétique ;

Cabalistey besoin des Discords, des excitations intriguées, des actions rivalisées, des luttes cabalistiques, donnant naissance à la fougue réfléchie, intelligente, vigilante et calculatrice ;

Papillonne y nom romantique de la plus romantique des passions, du besoin d'alternance et de variété destiné 4 entretenir le mouvement, la vie, et le charme, à semer les plaisirs variés comme le printemps sème les fleurs, et à mesurer l'harmonie dans l'univers (1).

Or c'est bien, si je ne me trompe, de l'observation des eiroonstances générales qui mettent en jeu ces trois ressorts, que nous avons déduit la formule du me attractionnel ; en efiet :

(l)Jen'«l fiomm^icl les trois pussions distribuUvm t|Qe pour mémoire, ie serais bien allé jusqu'à la fin sans ces trois mots, «t r<Mi peut consMérer les quatre alinéas ci-dessus comme une note détachée. Ceci soit dit pour ôter à la malveillance le prétexte des accusations dont la phraséologie phalanstérienne a été déjà l'objet. On rencontre leS mots les plus bizarres dans toutes les •dences, où on les prodigue, dieu sait ! et l'on ne veut pas en pesser quinte à la Science Sociale, des mots encore qui ont leurs •nalogies firançalses, et qui se comprennent à première vue. D*allleurs ils sont expliqués et définis. Je veux en outre fiUre remarquer que tous les jours on apprend des langues étrangères , on lit péniblement des livres dont chaqae page n'est comprise qu'à grands coups de dicUonnalre ; et Ton ose présenter, comme fin de non-reeevoir, contre les ouvrages de Fourier, quinte ou vingt mots eréés très-pbllologlqnement par lut pont e!^ffimer des idées nonvèUes !1 — bt-oe que GhrlstoiÀe CMomb et Yasco dto Gama n'ont pas bâp- IMIei lefres qu'As ent déeouveitmp*

^^•. Conditiûn <f aMriiclîon. •«- La oontergenoe des rayons au m^me foyer, le jeu simaltaiié de toutes les partiee d'une masse dirigées sur un même but, la dhrH sion parcellaire sommée dans une action totale : telles sont bien les conditions de rÀcoord, de l'Àcoord des to» iontés^ de TAcoord passionné d'où sort Fenthousiaffne et la fougue aveugle. -^ Ce fait passionnel, *-^ principe et conséquence, ~ nous l'ayons élémentairement 1<MV mulé dans la camposiiion du Groupe^ dans la réunion systématique de ses éléments.

S^ CondiUon tTÀUrc^ction. -^ La concurrence ^tre deux forces rivales, et qui ne peuvent être rivales qu'à la condition de s'appliquer à des objets semblables ou fort peu différenciés, telle est bien la condition du Discord, du Discord des volontés, du Discord passionné qui engendre l'achamement de la lutte, l'esprit de parti, la fougue réfléchie. — Ce fait passionnel, — principe et conséquence, — nous Tavons élémentairement formulé dans la distribution des Groupes en Gammes ou Échelles nuancées que nous avons appelées Séries.

3® Condition d! Attraction. — Et pour que l'Accord ou le Discord ne devienne pas fatigant, monotone, ne tombe pas à plat ou ne dégénère pas l'un en folle efièrvescence, l'autre en aigreur et en haine, écoutons encore la nature, qui invoque les ii/^emances; laissons l'indi^ vidu, auquel la distribution et la division parcellaire de l'action permettent de s'enrôler dans une foule de détails d'actions différentes, laissons, dis-je, l'individu libre de se combiner de mille manières aveo les autres individualités qm oomposent la masse; permettons h» migrations des Groupes, les engrenages des Séries : ainsi :

La SiRiB exaltée, tivaliUe^ engrenée*.

ExalUe par la Composite et ses Accords, Rivalisée par la Cabaliste et ses Discords, Engrenée par la Papillomie et ses Alternances;

telle est la formule du Méeanistne d'Attraction.

1M orgahisation. lit. ui, ch. ti.

Or, ce mécanisme qui développe si puissamment les Accords et les Discords, les activités passionnées, appliquez-le à tout objet bon en soi, productif, utile, fécond, heureux à l'humanité, à tout ce que comporte la haute gestion du Globe, au développement des puissances humanitaires, en un mot, à FIndustrie dans la plus large et la plus belle acception de ce mot qui désigne l'exercice harmonique de l'activité humaine, et vous aurez la loi d'industrik-attrayante ; vous aurez appliqué la force passionnelle de l'homme, et par suite toutes ses puissances physiques et animiques, au bien, à Tordre, au bonheur général, à l'œuvre universel, au développement régulier et complet de l'humanité.

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