‹ Destinée socialeChapitre 43 sur 75 · TRANSITION · texte numérisé non relu

TRANSITION

Otil ott Hou?

le ne Teolx disputer pro 0t coulrù^ comme tout sotz sophistes de ceste TiUê et de àSUeuft.

RaSBXiAXS.

L'homme est là, et à ses pieds, la terre.

Il est doué de forces physiques, animiques et intellectuelles.

A quoi doivent être employées ces forces dont il est doué ? à détruire ou à produire ? à ravager son globe, à voler, piller, gruger, guerroyer, guerroyer à Tintérieur et à Textérieur, — ou à cultiver, parer, embellir son domaine, et créer les moyens infinis de son bienêtre et de son perfectionnement matériel et intellectuel ?

Et s'il est destiné au travail productif, au travail créateur, au travail qui donne les moyens du bien-être matériel et intellectuel, et développe les facultés, faut-il que ce travail lui soit un supplice, et que ce supplice soit imposé à des esclaves, à des parias, à des prolétaires, pour faire des jouissances à une minorité de fainéants ?

Il est sensible, évident, palpable, que le travail PEOUCTIF- ATTRAYANT, utUisant et développatit toutes les facultés de l'homme, est la Destinée de l* homme sur la terre. — Qu'a-t-il de mieux à y faire, puisque, encore une fois, il faut.

Ou qu'il n'emploie pas les facultés dont il est doué ; Ou qu'il les emploie à tuer, voler, ravager, détruire ; Ou qu'il les emploie à produire ?

OUI. on Hon? 243

La question sociale, pivotale et emportant tout le reste, c'est donc l'emploi utile des forces humaines, le travail productif-attrayant.

Pour que le travail soit productif, le plus productif, il faut qu'il soit oegàitisé.

Pour que le travail soit attrayant^ il &ut qu'il soit organisé conformémbnt aux penchants des travailleurs.

Le travail ne peut être organisé dans la Nation, sur le Globe, s'il ne l'est d'abord dans les Communes.

Le travail ne peut être organisé dans les Communes, c'est-à-dire, soumis à régularisation, dirigé avec prévoyance, ensemble, unité, si les Communes restent morcelées en exploitations individuelles, aveugles, capricieuses, incohérentes, et livrées sans merci à la dent de la famille.

Les familles doivent donc être assogiébs dans la Commune : la Commune doit se métamorphoser en Phalange.

Et maintenant quelle sera la loi d'organisation des travaux dans la Phalange ? — Regardez. Comment organise-t-on un service quelconque? Voyez dans les ministères, dans les tribunaux, dans les théâtres, dans les grandes manufactures, dans toutes les administrations. On fait des divisions et des subdivisions dans les services, on les classe, on établit des catégories, des SERIES. — Et l'armée ? — JC'est un corps de quatre cent mille hommes organisé, c'est-^-dire classé par divisions, par brigades, par régiments, par bataillons^ par compagnies, sections, escouades ; infanterie, cavalerie, troupes de ligne de toute destination ; armes spéciales,

artillerie et génie; fournitures, vivres, hôpitaux

C'est bien là le procédé sériaire, j'imagine.

Donc si vous voulez organiser les travaux dans la Phalange, vous les distribuerez en Séries de classe, ordre, genre, espèces, puis vous arriverez avec les variétés aux Groupes élémentaires. — Ceci est exactement le sens même du mot organiser.

Qli*y M-it dùûc de ^1 étrange dâfis eette àsseition, (Ju'il faut distribuer tei travaux m Groupes et en Séries? — Si Ton ne veut pas de ceci, c'est donc que Toii ifepousse l'idée d*6rgattîser le travail. — Si Ton re-

Eousse ridée d'organiser le travaU, qui est la source du ien-ètfe des individus et des nations, tandis que l'on trouve bon et convenable d'organiser l'administration, la police^ la guerre^ alors on fait preuve de stupidité, on donne sa mesure. A qui parle ai&si, il n'y a plus rien ft dire ; c'est perdre son savon,...

fit maltitenaût, st leâ services, les iiidustrieâ, lei travaux Sont hiérarchisés, ordonnés, classés, divisés et subdivisés dans lajPhalangé, si les cadres des Séries et des Groupes sont formés, trouvera-t-on convenable de forcée l'enrôlement, d'intervertir l'ordre des Vocations, de contraindre Nodier à garder les vaches, madame Sand à écumer le pot, Vaucanson à composer des opéras, Mozart à faire des mécaniques, Raphaël à fabriquer des chandelles, Michel-Angeà les vendre, et tel cuistre ueje dirais, à peindre des vierges on à construire es basiliques ? — tl me semble bien mleut de laisser Sdler chacun aux goûts que le bon Dieu lui a faits ; — ouittë à renforcer les doses d'Âttralt sur les parties de 1 Industrie qui faibliraient. £t puis, imaginez que si Dieu nous a destinés au travail, s'il nous a départi des Vocations diverses, imagine^ qu'il a bien su nous les départir eU doses et ({uantltés convenables et proportionnelles ftuï besoins. -- Dieu aurait fait des vocations poétiones, et il n'aurait pas fait de vocations pour la charrue! En vérité, c'est le supposer Un peu bien inintelligent ; car enfin, forcé est bien de manger pour pouvoir chanter.

Ainsi l'enrôlement sera libre dans les Groupes et les Séries.

Et dès-lors, pourquoi nous, travailleurs libres, cultivant nos terres, exploitant nos fabriques, instruisant nos enfants, parant notre demeure... pourquoi nous,

oëi

OUI m wvl 815

travailleurs libres, nous attac^eriouMiouB pour It tïq sur un métier, à une fonction, ouand nous avons facilité de varier à option, de passer d un travail à un autre, de nous enrôler dans vingt, trente, cinquante Séries et plus, si nos désirs le demandent, si nos facultés le per^ mettent ?

Donc les Groupes exécuteront en $éanc$4 courtes rt variées.

Quant aux Bivalités cabalistiques^ laispez faire! Nous n'aurons pas mis la main à l'œuvre, que vous verrez bien.

Ainsi, généralement et sauf exceptions volontaires, - les travaux seront exécutés, dan^ la Pbalanga, par des SÉRIES DE GROUPES eivausés, çonTiusTts, sKGisnÉs ; — les ressemblances donnant les Discords^ les contrastes donnant les Accords^ les chang^menU donnant les Engrenages, Or, ceci, c'est toute la théorie organique de Fourier, Grands saints qui faites des constitutions, idéologue^ qui ne rêvez pas, que trouvez-rvous donc i ceci d'uto-* piqae, de fantastique, de systématique? -^Oh| vous aimez bien mieux les lois anglaises, américaines, n'est-" ce pas? ou bien les constitutions de 9^ , de 93, du directoire, du consulat, de l'empire, de la restauration, des glorieuses, toute feuille de piapier, enfin, sur laquelle on écrit de fort belles choses octroyées ou non, efficaces, durables, perdurables, et assurant à tout Français, dans son village ou sa ville, santé, aisance, éducation, plaisirs, et toutes sortes de prospérités çn abondance, eu on mot, faisant le bonheur des Français.... comme pas une n'y a manqué dans le passé, conune pas une u'y manquerait dans l'avenir. . , , Vertueux régénérateuri politiques, vous êtes des hommes bien sensés I Vos lois anglaises ou américaines, vos gouvernements à un, deux, trois, quatre membres.... tant de membres que TOUS voudrez, la réforme électorale aussi, et encore l^ucoup d'autres choses, tout oela ^t bioft dMiS ie

24 6 TRAKSlTlON.

question, en vérité 1 et le peuple qui travaille, sue et ne mange pas toutes les fois qu'il a faim, est fort heureai sans cloute des soins que vous prenez de lui!... — ils n'ont pas pu comprendre encore que, le travail étant une nécessité d'humanité, les peuples ne seront ni libres ni heureux^ tant qu'ils seront forcés de se livrer au travail répugnant, tant qu'ils ne travaiUeroiit 1^ par plaisir /

Ici, je voudrais bien que l'on se prononçât. — Faotil, ou non, organiser le travail dans la Commune, et par conséquent classer les industries en Séries? — Le fautil, — OUÏ ou NON?

Faut-il laisser chacun libre de s'enrôler aux fonctions qui sont suivant ses goûts, de travailler aux choses qu'il aime, avec les gens qu'il aime, et de varier ses occupations à sa convenance; — ou fout-il forcer l'homme à un régime disciplinaire, lui imposer des lois contraires à sa nature et à sa volonté?... Et alors, qui, parmi les

HOMMES, IMPOSERA LA LOI AUX AUTRES fiOMMES? [Jc

voudrais bien savoir ce que penseront les générations de l'avenir, en voyant ce qu'il aura fallu faire d'escrime avec la génération présente sur des questions pareilles ! ! ! elle qui rit des siècles passés...)

Donc, accepte-t-on comme Loi naturelle d'orsanisation du travail, la Loi sériaire^ telle que nous l'avons développée, telle que Fourier la propose?

Si on ne l'accepte pas, que propose-t-on en place ? Aime-t-on mieux le Morcellement, la naumachie industrielle, la guerre intestine de la Civilisation ? ou bien offire4-on un autre procédé d'organisation que celui qui consiste à former des corps, à classer, diviser et subdiviser les services, à former les Séries? a-t-on une autre formule pour mettre l'ordre dans les choses, la liberté dans les actions, le plaisir dans le travail? Encore une fois, accepte-t-on la nécessité d'organiser l'industrie, OUÏ ou NON, et veut-on ESSAYER la méthode naturelle d'organisation, oui ou non???????

OUI ou NON? 217

— Ce sont ici des questions de pur bon sens. Celui

^ «joi, an mépris de tout ce qu'il y a de plus clair au

fnonde, et à la glorification de la plus épaisse routine,

n'accepterait pas cette loi pour réglementation générale

^ des travaux et base de l'organisation industrielle, celui

qui réviserait d'accorder au moins l'opportunité, la né--

cessité d'en faire essai sur une demi-lieue carrée de

terrain, qui récuserait l'appel à l'expérience, celui-là,

ce ne serait pas la peine qu'il allât plus loin ; car nous

. n'avons plus qu'à développer l'idée et en montrer les

conséquences.

Et vous qui Tavez comprise et l'admettez, marchons ! Marchons, car nous avons en main le fil d'Ariane pour le labyrinthe ; pour la grande mer, le sextant, la boussole, et l'étoile polaire sur nos têtes. Nous pouvons aborder l'avenir maintenant, partir de la Phalange et parcourir le Monde. *

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