HARMONIE. LIT. II. CH. II
Le meilleur moyen d'appréciation du mérite de chaque sujet, que Ton ait dans la société actuelle, c'est le concours, l'examen. C'est le procédé que l'on emploie soit pour l'admission aux différentes écoles du gouvernement, soit pour déterminer les rangs des élèves sortants, à répartir dans les services. — Or, il y a dans le principe du concours en lui-même une si grande force de
et de tous les gens au fait du mode suivant lequel se pratique tou^ examen régulier. S'agit-il, par exemple, d'opérer le classement dd élèves pour l'entrée dans les services publics? Voici comment on procède :
L'ensemble des matières de l'enseignement est divisé en plosieurs catégories qui fournissent un examen chacune. Tout éièvc doit répondre, dans chacun des examens, à une certaine quantitti de questions faites à travers les matières qui le composent.
Or, à chaque réponse, ^examinateur attache un numéro appff*' ciateur de la valeur de la réponse. Ces numéros varient de xera à 20. Zéro, c'est pour la nullité de réponse ; 2u est donné à U rr< ponse tout-à-fait supérieure. Après l'exajnen on somme touj les numéros des questions, on divise le total par le nombre des questions; le quolicQt constitue le twmbre proportionnel du candidat dans cet examen — On fait de même pour tous les candidats et pour chaque examen.
Les nombres ainsi obtenus à la suite des examens parUcoliers, sont multipliés par un coefficient qui indique la valeur et l'importance des examens relativement les uns aux autres, et la somoM des produits donne le nombre définitif de chaque candidat, soq titre, sa place dans Téchelle, son rang de mérite.
Cette opération, qui se pratique journellement pour tons les classements dans les grandes écoles du gouvernement, et sur laqueiîf il y aurait des dioses à dire, est beaucoup plus compliquée que celle qui se fera dans chaque Groupe, et qui est i'opératioa fondamentale de la justice distribulive harmonienne. Je ne donne rettf note, au reste, que pour les gens toujours embarrassés des moto> dres petites choses, qui bâtissent des objections grosses comme dr» montagnes sur des pointes d'épingles. En général quand les cfaof& sont claiies et bien posées, les principes bien combinés, on trouK mille procédés techniques d'exécution pour un. L'architecte n'e.4 tenu qu'à donner son plan et son devis ; les épures de charpente et de coupe des pierres sont l'aifaire des conducteurs. Ceci n'eft pu dit cependant pour faire mépris du talent qu'il faut à cette técà« des solutions pratiques, où le génie de Foorfer a montré ausM une cxtmordinilre puissance.
SQUILIBRKS SOCIAUX. S05
justice, que chaque sujet en accepte volontiers pour soi tons les résultats. Et pourtant, qui ne sait combien, par le fait, ce mode d'appréciation est peu sûr aujourd'hui, combien sont hasardés les bulletins d'un examinateur qui vient, dans une séance d'une heure^ juger le travail d'une année, et classer des sujets qu'il n'a jamais vus, qu'il ne connaît pas?
Dans les Groupes, ce n'est pas un étranger, un inconnu qui juge, un inconnu encore qui n'offre d'autre garantie que le serment qu'il a prêté et sa probité. — On sait ce que cela vaut, parle temps qui court, la probité et les serments. Nous en avons connu de ces probités d'examinateurs assermentés ! — Ce n'est pas un étranger qui juge, disais-je ; ce n'est pas sur un examen superficiel, sur un concours d'une heure, que l'on apprécie le mérite des gens L'examen est continuel, le le concours est toujours ouvert ; c'est sur l'ensemble des actes que l'on prononce; et l'examinateur, c'est tout le inonde, c'est le Groupe, qui a intérêt à juger juste. On se voit au travail, on se connaît, chacun donne sa mesure à tous ; répreuve se fait, se réitère, et se fait encore et toujours. Rien ne peut échapper aux cent yeux que le Groupe tient bien ouverts. Aussi ses bulleiins sont-ils siirs, et quand il nomme, il nomme bien : le choix est bon ; chacun est à son rang.
Si vous demandez l'admission à un Groupe, on vous reçoit, on vous accueille, vous avez titre de postulant. Mais ce titre ne vous confère encore aucune puissance, aucun droit. C'est à vous maintenant de faire vos preuves. La lice est ouverte : gagnez vos éperons ! gagnez votre épée! Tous les ordres vous seront conférés à mesure que vous les aurez mérités. Vous avez toute lilierté de faire sans cesse vos preuves en toute candidature.
Mais les présomptions, mais les vanités..., — Oh! pas de vanité, pas de présomption, je vous prie. Avec cela vous n'auriez pas beau jeu dans le Groupe. Ce genre-