‹ Destinée socialeChapitre 67 sur 75 · HÀRMONIB. LIT. H. CH. II · texte numérisé non relu

HÀRMONIB. LIT. H. CH. II

qu'une Phalange sera d'autant plus prospère et florinsanté, que ses manœuvres de toute espèce seront exécutées de la manière la plus parfaite. — La supériorilé de richesse et d'éclat sera, toutes choses égales d'ailleurs, pour celles où tous les genres de Talent et de Travail seront le mieux reconnus , encouragés, honorés, récompensés. Il importe donc à la Phalange d'avoir les plus experts agronomes à la tète de ses cultures, les plus habiles mécaniciens dans ses falniques, les plus habiles administrateurs à ses affaires, les plus savants professeurs pour son enseignement, etc. Or, tous les habitants étant sociétaires, immédiatement intéressés à la prospérité générale, dont chacun est copartageant, les affaires de la Phalange étant ainsi par le fait les affaires individuelles de tout le monde, et chacun désirant naturellement voir ses afl&îres aller le mieux possible, il est de toute évidence que, dans le milieu sociétaire, Tintérèt individuel lui-même dispose et tourne l'esprit à la justice. — Ceci doit sembler bizarre aux Civilisés.

Le Groupe a d'ailleurs, ainsi que je l'ai remarqué déjà, un intérêt d'amour-propre et d'esprit corporatif à la fois, qui Y obligent à apprécier équitablement ; car un Groupe mal dirigé ne pourrait pas tenir campagne dans les luttes et les rivalités des Séries. U serait criblé de toutes parts et déserté par ses meilleurs soldats, qui passeraient bien vite à l'ennemi.

La compétence se trouve donc assise ici en houb composé, et sur la capacité spéciale^ et sur V intérêt formel de l'électeur ; de telle sorte qu'en supposant les Harmoniens, — qui seront des hommes justes, — encore cent fois plus imbus de présomption personnelle, cent fois, plus aveuglés par la vanité que ne le sont les Civilisés, en supposant que chacun commençât par s'appliquer à soi-même le bulletin le plus élevé, il resterait vrai que les bulletins postérieurs étant donnés par la masse sui-

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vaut Tordre des capacités, le résultat- de l'élection n'en serait pas moins conforme à la justice ! L'amour propre individuel , quelque déraisonnable qu'on le suppoi^t, serait donc rigoureusement paralysé, même dans le cas le plus défavorable ; car. le plus fort bulletin que chacun s'administrerait, serait un terme commiCn à tous les membres d; l'éqtatîon et disparaîtrait du calcul.

Fàitat qm» l'ordre Tienne dei eboMt et non pat dfe»

Hoititr.

D'APiiÈs ce que nous venons de dire on peut reconnaître que la justice repose, dans le mécanisme sériaire, sur une DOUBLE GARANTIE, garantijb irtéueurb et

GARANTIS BXTfiRlBURS.

La GARAKTIK INTÉRIEURE SC tlTC dO la ^tMUfrtipfe

compétence^ de la compétente bi-composée des votans, qui, en effet, sont compétents sur les matières du jugement, comme sur le mérite des candidats, et compétents en outre de par l'intérêt personnel et de par Fiiàérèt corporatif. ^

La GARANTIE BXTÉRiKURB pTOvicut du ûoiitrèie régulier exercé sur les jugements d'un Groupe ou d'une Série par les Séries et les Groupes voisins.

Ce dernier effet mérite d'être spécialement remarqué. Les affaires particulières d'un Groupe, d'une Série, d'une branche quelconque, sont réglées par ses propres fonctionnaires. Eux seuls y ont un droit d'intervention directe. Ceci est incontestable, c'est de principe et accoté par tout le monde , car personne ne serait disposé à ouvrir à l'intrusion ses Séries. Pourtant la liaison et la solidarité des parties dans la Phalange est telle, que la mauvaise gestion d'une branche comu 19

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promettrait plus ou moins les inti'rèts de FeiiseiDUe. -^ Doue il est juste que te inîlieu ambiant ait une action sur chacune des parties.

Eh bien ! cette action du milieu ambiant, cpii ne peut pas être une intervention directe au scrutin, gtt précisèment dans Tinfluence du contrôle externe exercé par les Groupes et les Séries les uns sur les au^es. — Le Groupe ou la Série nomme; les autres critiquent, blâment ou approuvent. — A l'intérieur, rélection; à l'extérieur, la sanction de l'opinion publique. En farc du pouvoir d'exécution, la^ responsabilité.

N'oublions pas d'ajouter que la puissance élective est proportionnelle pour chacun, en chaque branche, à sa capadté reconnue et constatée dans cette branche. Cette influence proportionnelle est un fait de nature qui va de soi-même et n'a pas besoin d'être développé ici. Naturellement l'opinion d'un homme consommé dans une spécialité fait plus autorité que celle 4*un débutant, et vous ne donneriez pas à un néophyte une valeur égale, dans la pondération des votes, à la voix de celui qui l'enseigne et le guide.

Lors donc qu'un candMat aura passé à l'étanine de ses Antipathiques, qu'il aura été nommé par ses concurrents eux-mêmes, par de§ collègues qui se voient mutueliement à l'œuvre; que le choix aura été approuvé par la critique extérieure des rivaux, ooniirraé par l'adhésion des alliés, ratifié par l'opinion publique régularisée dans tes Séries et formée en un grand Jury souverainement intéresse à la justice, croyez-vous que le choix ne sera pas siriotement et mathématiquement bon et juste?

Je veux encore aller pins loin, et dire mieux que tout cela; je veux dire que tout sujet qui, dans les Séries. ne serait pas à la hauteur de son grade, offrirait spontanément sa démission tout de suite. En pareille position en effet, dans un pareil milieu, personne ne tieadiaitdeux jours sous le feu croisé dont il serai lie point de mire. Ce swiit la position la plus fausse et la pluf^ mal-

heureuse pour vous que d'avoir. le grade, et qu'on vit à à côté dç vous, au-dessous de vous, en rang inférieur, un homme qui vous surpasserait en mérite, qui en don* nerait chaque jour la preuve publique à vous, aux autres, à tous. Vous le prieriez bien vite de prendre votre place.

Les principes que nous venons d'émettre sont susceptibles d'être exécutés par cent procédés pratiques différents, dans Texamen desquels il n'est pas ici de notre objet d'entrer. Nous dirons seulement que les opérations électorales, qui coûtent chez nous tant de dérangements, de dépenses et de temps, se réduisent à fort peu de chose dans la combinaison sociétaire, — fussent même les grandes opérations où toutes les Phabmges du Globe sont appelées à prononcer.

Il est entendu en outre, que les principes précédents s^appliquent non-seulement aux choix des candidats en toute fonction et en tout degré des hiérarchies sociales, depuis la Phalange jusqu'au Globe entier, mais qu'ils fournissent encore le moyen précis de donner, sur quel- (jue objet qu'on veuille le faire, l'expression de la volonté des masses compétentes et intéressées.

La question que nous venons de traiter prête à de grands développements que nous aborderons à un point de vue plus géhéral et plus élevé dans une autre ouvrage. Terminons ce chapitre par sa conclusion spéciale, savoir :

Que le Régime sériaire possède inconstestablement l'inappréciable faculté de mesurer le mérite^ de jauger le talent et la puissance de travail de chaque indixndu en chaque fonction ou série dans les rangs de laquelle il est enrôlé. De telle sorte q'ne la valeur relative de chacun^ en toute fonction est exactement représentée par un grade ou par un nombre proportionnel.

î;28 HARMONIE. LIV. tl. GHAP. U,

Le problème de la Répartition au prorata du teatati et du TALBNT^ n'est donc plus qu une pure question d'arithmétique. U n' offre pas plus de difficulté désormais que Ja rétribution proportionnelle an capital , que tout le inonde connatt, et qui se pratique aujourd'hui dans toutes les Sociétés par actions, ou autres, pour la distributioD des bénéfices aux sociétaires. Cet effrayant paradoxe de justice distributive n'est plus. qu'un jeu d'enfant, une affaire de simple comptabilité ; c'est tout simpiemeoit l'application de la Règle de société aux titres numériques de chacun, en Travail et en Talent, déterminés aussi exactement qu'en Capital. U est évident en effet que votre puissance de Travail ou de Talent étant cotée dans une fonction quelconque, il suffira de la multiplier par le nombre d'heures pendant lesquelles vous aurez travaille pour avoir votre titre numérique, pour savoir ce que vous avez fourni en Travail et en Talent dans celle fonction.

N0T£ RB. (2' édiUon.)

Si le lecteur veut se reporter à la note R (p. 192» l** vol.), où la formule mathématique de la Répartition naturelle et Intégrale est donnée, il verra que, la part individuelle de chacun étant reprt*s^ntée par la formule

il résulte des explications du dernier chapitre que les valeurs de$ coefficients particuliers < et 6 du Travail et du Talent de chaque sociétaire sont aussi rigoureusement connues qiie la valeur c de mi Capital. ^ .

Aux débuts de l'organisation des Phalanstères, on ûxera dans les Actes de société qui constitueront leâ contrats de fondntiui] des Phalanges les parts générales respectives Q» R, S du Capital, du Travail et du Talent ifio$ ces A^ociatlons. On fera à cet égard teUes combinaisons qui paraîtront justes et convenables. Tous les projets d'Âssociatiouâ entre travailleurs ou entre ouvriers t patrons, qui se font aujourd'hui, éontiennent lenrclause à ce sujet. Celle qui nous parait généralement ta plus équital>ie et la meilleure, consiste dans les disposiUons suivantes :

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|o 0étermfoatlon, par un Cuoseil, des minimums propordonml» >'e£t-à-dîre de.H salaire» et traitements à offrir, aux ouvriers cl cmployéB de tous grades;

2» Fixation a*un minmim 4e rétribution du capital engagé, c'est-à-dire du taux de Vint^ii \

3° Répartition des bénéfice à ctiacun, au marc le franc , de ce qu'il a rei^u, soit à titre d'émoiument ou de salaire, «oit à titre d'tn«^ térét.

L'équité de cette combinaison, qui n'est autre chose, en principe, que l'eiq^reaftion oaéme de l'Idée de l'Association, est bien facile à saisir.

Supposons en effet qu'il s'agisse de fonder une entreprise quelconque pour laquelle il faut des fonds et du travail. J*ai vingt jniMe francs; Vous fkvfi vos bras^

Si Ton nous offre par an^ à moi, i,(K)û fr.^pour le loyer de mon capital, à vous mille francs pour le loyer de vos bras, qu'est-ce que cela veut dire? >

Gela veut dire que, pour l'entrepriae, U y a équivalence entre votre concours, et le mien. H sera donc jaate que nous ayons chacun la même part dtins les àénéficus,-^ Et nptes eucore que je suis avantagé si mon (:apijLal est bien hypothéqué dans l'affevre ; car votre capital bras ou travail, perd tous les Jouds, — chaque heure vous rapprochant de sa fin, — tandis que mes vingt mille francs ne s'usent pas<

Les salariés et employés doivent donc généralement entrer dans la répartition des bénéfices pour une part au moins proportionnelle aux salaires et émoluments qu'ils ont rcijus, et les capitaux pour une part proportionnelle à l'intérêt qui leur a été servi.

On conçoit cependant qu'il peut être juste et nécessaire, dans une affaire oà le capital courrait de grandes chances de perte, de loi ménager de plus grands bénéûces; sans cela, il ne viendrait pas à l'entreprise. Danâ telle autre, par la même considération, il faudrait accroître les gains du travail en raison des difficultés de la fonction, des dangers que court la santé ou la vie du travailleur, etc., etc Mais la perfection, en fait de Répartition, ne peut pas être obtenue dans les Associations imparfaites, isolées et grossières que l'on tente aujourd'hui de toutes parts. Toutefois ce que nous venons de dire suffit pour démontrer sans réplique que, dès le début d'une fondation phaianstérienne, on établira très-faeiloment une Répartition déjà extrêmement satisfaisante.

Nous pouvons donc dire, sans aller plus loin, que pour Tapplication, pour la transition, pour les premières Phalanges à fonder» ce grand problème est complètement résolu, tous les coefficients^ c, t, 6 et Q, R, S, à déterminer dans l'équation pour avoir la part totale /i de chacun étant rigoureusement connus.

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