HARMONIE. LIV. II. CHAP. III
un dogme de cette bratale et stupide impiété et mettre ainsi le mai sur le compte de la nature de l*bomme et de la volonté du Créateur, que de suspecter leur milieu social ! — Qpe le vulgaire des hommes, par habitude du mal et par effet de désespoir, accepte cette idée, à la bonne heure : mais qu'en 4827 ou 28, un sophiste (i), prétendant au rôle de soleil intellectuel de l'humanité, et parlant Dieu, âme, harmonie universelle, s'en vienne étayer ce dogme monstrueux d'une ambitieuse théorie; qu'il jouisse d'un succès de vogue en produisant une sorte de science suprême qui apprend que la guerre est on bit fondamental, inhérent à la condition de l'humanité, nécessairement co-existant avec elle... ceci passe toute permission à laquelle ait droit un philosophe d'être absurde. Le vulgaire dit simplement : <r Je crois qu'il ; aura toujours des guerres parce qu'il y en a toujours eu jusqu'ici. j> Le philosophe, lui, établit une théorie transcendentale pour prouver que cela doit être ainsi, et qu'il est philosophique qu'il en soit ainsi. — Avouons que les philosophes sont bien utiles à l'humanité qui les admire, et à l'état qui les paie!
En résumé, j'ai démontré mon théorème, savoir :
Qu'au sein d'une Phalange, il y a Accord générai des Groupes et des Séries qui la composent, et que les Rivalités qji poussent énergiquement au travail et au raffinement en toutes fonctions, loin d'entraîner de fâcheux effets de désordre, concourent auconiraire à créer les affections corporatives et resserrent ie lien social en proportion de leur degré d'intensité ;
I*» Parce que les corporations rivales sont toujours ralliées enire elles dans des lignes corporatives d'ordre supérieur, les Groupes dans la Série d'espace, les Séries d'espèce dans la Série de genre, et ainsi de suite dans la Phalange : les
(I) M. Cousin, un philosophe très-fort, demandez à N. Thicr*.
ÉQUILIBRF» SOCIAUX. t'^0
ralHemeats étant d'ailleurs d'autant pins énergiques que les Rivalités sont mieux nouées ;
2*^ Parce que les corporations rivales se composent de memr bres mobiles, engagés les uns les autres dans une fouie <rÂ]liances et d'Accords de toutes sortes , d^autant plus paissants que les Rivalités, et par suite les esprits de corps, sont plus vigoureux ;
3*^ Parce qu'il est de l'intérêt immédiat de chaque corporation que son mécanisme de Rivalités internes et externes soit solidement établi ;
40 Parce que tous les membres de toutes les corporations de la Phalange étant co-associés, copartageants; la prospérité, la richesse et la gloire de la Phalange étant, pour chaciin d'eux, un intérêt personnel et direct, chaque individu et chaque corporation désirent nécessairement le succès de toutes les opérations ;
5* Enfin, parce que la convergence générale des intiVêts et des affections établit nécessairement un Ton qui entraîne tout élément d'activité au grand foyer d'Harmonie, et prévient jusqu'à l'idée même, inconnue dans les mœurs des populations phalanstériennes, de la querelle, de la rixe et de la guerre.
Sans entrer dans de plus grands détails, sans accumuler des preuves superflues sur la question de Téquirlibre des rivalités corporatives et du Ralliement des Groupes et des Séries antagonistes, nous ferons remarquer que ce Ralliement puise sa force dans deux faits fondamentaux :
i*> L'as ociATioN ou la combinaison convergents, qui réunit à un même centre supérieur tous les intérêts intimement liés et tous les amours-propres corporisés ;
2" L'engrenage et la mobilité des Groupes et des Séries, qui disperse chaque individualité dans une foule