‹ Destinée socialeChapitre 73 sur 75 · HARMONIE. LIV. II. CHAP. VI · texte numérisé non relu

HARMONIE. LIV. II. CHAP. VI

de corporations dittéreates, et rattache par mille liens, les uns aux autres et à rensemble, les membres des corporations rivales.

A. c^té du jeu des Rivalités sociétaires, étudiez le jeu des Concurrences civilisées. Voyez, dans le milieu actuel, deux maisons en concurrence. Chacune tend à ruiner, écraser, anéantir Tautre. Menées, intrigues, dépréciation, manœuvres de toute espèce, avilissement du prix des produits, elles font tout pour réussir. Les Économistes imbécilles trouvent cela magnifique. Rien ne leur paraît plus admirable qu un mécanisme industriel qui consomme chaque jour de monstrueux écrasements, entasse ruines sur ruines et où Ton voit à tout instant mille entreprises enfoncées et détruites par l'avènement d'une entreprise du même genre établie sur des capitaux et avec des moyens supérieurs. Comme ces désastres particuliers, comme ces forces usées , psrdues, brisées, concourent puissamment à la prospérité de Kensemble ! Et puis, n'est-ce pas, comme en pareils coupegorges, les hommes doivent être bien disposés à s'en tr aimer ! Quelle base bien calculée pour asseoir les aiïectiens générales et les sentiments sociaux!

Le Morcellement qui, opposant ainsi directement les intérêts et concentrant la Rivalité industrielle sur les indiviéns, met forcément entre eux la haine, a le tort, en outre, de ne créer aucune Rivalité émulative entre les travailleurs. — Voici deux chefs de fabrique qui s^ haïssent à mort par effet de concurrence : les ouvriers des deux fabriques, prennent-ils fait et cause, rivalisentils d'ardeur au travail pour faire triompher les produits de la fabrique où ils sont salariés? épousent-ils la querelle, eux qui n'épousent pas les bénéfices? — Pas le moins du monde. Us se soucient et s'inquiètent peu da maître qui les paie au jour le jour. Chacun fait sa journée eu travaillant le moins possible. Us vont bien pivudre à cœur la prospérité du maître qui les tond ! Le plus

ÉQUILIBRRS SOCIAUX. 541

souvent ils le baissent, — et, c est fâcheux à dire, quelquefois ils n'ont pas tort.

Dans les Séries, au contraire, toute Ténergie de la Rivalité est pour chacun une cause d'ardentes émulations corporatives, de surexcitation industrielle, et nullement de désaffection. Développée entre des Groupes, la Rivalité n*a rien d'hostile pour les individus qu'elle unit, au cotttraire, par de puissants et nombreux liens.

Les Bivalités corporatives des Groupes et des Séries sont donc des Rivalités de bon eloi, entraînant au perfectionnement de toutes choses, au bien général, armées de critiques gaies, facétieuses, piquantes, variant de couleur suivant la nature des réunions, et susceptibles de tons les tons, depuis la galanterie chevaleresque des unes, jusqu'aux bouffonneries et aux franches charges des autres.

L'état lociétaire» en donnant à ana passion le plus ▼asta déTaloppeineut, l'assor en tout degré de <;auime, est assuré d'en Toir naiirt: des gages de voncorde générale, et das ralliamanls eatre les classct laa plus opposées. Ga. Fovauts.

Que si vous avez étudié et bien compris ce qui précède, vous êtes à même de résoudre toute difficulté relative au jeu des Rivalités corporatives et des Ambitions individuelles dans le mécanisme industriel de 4a Phalange.

Si Ton vous objectait la possibilité de la discorde dans le sein du Groupe entre candidats concurrents, vous exposeriez comment, en tout cas, le Groupe en ferait promptement justice; combien un ressentiment personnel, en présence de la masse des juges naturels du mérite des candidats, serait ridicule d'abord, et ensuite étrange chez des êtres habitués à se mouvoir dans un régime de parfaite justice distributive, où eux-mêmes

Page 1