LE PANORAMA DE CHAMPIGNY
à la naissance des pentes du plateau de Cœuilh , les Prussiens fusillaient la première ligne de nos troupes; d'un bond, la compagnie a atteint le mur nord-ouest, l'a franchi; mais, sous l'ouragan des balles de l'ennemi qui tire, à l'abri derrière les clôtures, elle dut battre en retraite précipitamment .
La dépression de terrain, à pente douce, qui existe entre la Maison rouge et le chemin de fer de Mulhouse, constitue le ravin de la Lande. Du petit l)ouquet de bois, près de là, sortirent les réserves des 121' et i'2'2% qui ont accompli un des beaux faits d'armes de la journée.
D'un côté, le général Paturel, à pied, l'épée à la main, à la tète de ses hommes, culbute les Wurtembergeois, les pousse jusqu'à la première route de \ illiers sous le chemin de fer, et les arrête définitivement malgré la fusillade des ennemis embusqués derrière le remblai du chemin de fer, malgré la canonnade des batteries de Cœuilly. De l'autre, la compagnie du capitaine Bapst s'élance avec rapidité, gravit hardiment le sommet de la pente du côté de Villiers, et ne l'abandonne que lorsqu'elle constate qu'elle n'a pas été suivie.
En avant, au premier plan, sont les ambulances de la Société française de secours aux blessés militaires et les Frères de la doctrine chrétienne qui relèvent et transportent les soldats, tombés pendant les combats de la matinée.
I^a route de Champigny se déroule au sud, encombrée de charrettes, de troupes et de cacolets, jalonnée de pièces d'artillerie; près de la Fourche, trois batteries ont été placées par le général Blanchard, avec
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ordre de mitrailler les Allemands, quand ils déboucheront du village de Champigny, s'ils parviennent à le réoccuper; près de la rivière, l'artillerie de réserve canonne Bel-Air et le plateau de Cœuilly. Enfin, à l'horizon, dans la brume, se silhouettent le donjon de Vincennes et le Panthéon.
Le panorama de Champigny obtint un grand succès artistique. Après son exploitation à Paris, on l'envoya à l'étranger, d'où il revint pour être découpé en nombreux fragments qui furent vendus aux enchères publiques. L'œuvre de Détaille et d'Alphonse de Neuville méritait un moins triste sort.