CROQUIS DES MÀAOEUVRES DU S*" CORPS
des soutiens couchés, la pose des fds télégraphiques sur les arbres dans les champs, l'attaque d'un village à la baïonnette; et vingt autres incidents et faits, esquissés ou commentés, selon (|u'ils contiennent
r^'^ DETAILLE
line leron professionnelle, un renseignement artistitjue, ou qu'ils doivent rester à l'état de souvenirs d'une intéressante période de la vie.
De ees manœuvres, Détaille rapportera les sujets de ein(| tahleaux, dont les éléments constitutifs ont été ainsi cueillis à la volée, an conrs d'une marche, pendant une halte; médités le soir, au i>îte de l'étape, pendant les nnits à la belle étoile, contre une meule de hlé; tahleaux ([iii sont chacun une sorte de résumé des opérations, non point simplement dans ce (pi elles ont d'artisti([ue connue combinaisons originales de formes et de couleurs, groupements pittoresques de masses militaires, etc., mais, dans le caractère physique et moral que donnent aux officiers et aux soldats l'organisation nonvelle et l'esprit nouveau de l'armée.
C'est, en 1876, « L'Observatoire du moulin », épisode d'une journée de bataille. Le connnandant d'une reconnaissance est monté sur l'échelle d'nn mordin haut perché sur la colline, pour observer avec sa longne-\ne la situation de l'adversaire; le capitaine, resté an l)as, cherche aussi à s'en rendre compte; et, le lieuteiuuit assis sur le gazon pointe snr la carte les indications (pie lui donne le connnamiant. l^e même site pittoresque fournira le cadre à une autre composition représentant un thème pendillèrent, (pioi(pie divers. An pied du monlin, un général, accompagné d'officiers étrangers, écoute les explications du commandant d'une batterie d'artillerie, qui, dn haut du tertre, tire à toute volée. Une compagnie de fantassins attend, en faisant la sieste dans l'herbe, l'ordre de marcher. A gauche, au premier plan, des paysans, des ouvriers et un peintre portant snr son dos tout un attirail de canq^agne, parasol, boîte à couleurs et chevalet, regardent curieusement le groupe des officiers étrangers.
La peinture de mœurs ne perdra point ses droits au milieu des préoccupations de la tactique nouvelle. De cette année 1876 date « Le barbier du bataillon », un fin crocpiis de la \ ie en plein air des grandes manœuvres. Le l)ataillon du 20' chasseurs à pied bivouaque ; les soldats préparent la soupe dn soii\ Deux officiers ont réclamé les hoirs offices dn barbier; c'est, le lendemain, jom^ de revne. Ji'un est aux mains de l'opérateur, <[ui fonctionne avec toute la gravité cpie comporte le grade des
clients; l'autre, assis sur des cantines, ronle nne cigarette, en racontant il son camarade nne liistoii-e dont il sourit; le narrateur est Tartiste lui-
niônie en uniforme de sous-lieu- • tenant.
. . Dans le « Sou venir des i>i"andes
/ manœuvres » , peint en 1 879, on voit
1[ des tirailleurs faisant le coup de
I feu entre des meules de blé, sous
les ordres d'un capitaine (pii indique les opérations à un officier autrichien à cheval. Des paysans se sont hissés sur une meule pour contempler le spectacle militaire, qui i} ^ j5 paraît les intéresser fort, à leur atti-
g tude d'attention minutieuse et de
• g naïf ébahissement.
s Deux années après, fnt exposé,
^ à la Société des a(|uarellistes, « Le B maréchal Canrobert aux grandes S manœuvres du 3" corps », épisode g mentionné avec soin par Détaille dans son carnet de route, à la date du i'2 août, devant Drocourt. « Le maréchal Canrobert et le «énéral
f Lebrun, accompagnés de lem's offi-
; . ciers d'ordonnance, passent en break
sur la l'oute, se rendant à l'entrée du village où ils vont monter à cheval.
Ils traversent le groupe des officiers étrangers. » Dans ce tableau, plus expressivement encore que dans aucun de cette série, Détaille fait la démonstration irréfutable de la valeur du principe d'esthétique ([u'il a adopté connue l)ase de sa manière : Prcn(h elcs choses, les liommes et les
événements par leur côté le plus simple est encore le meilleur moyen pour en obtenir la forme la plus <>ran(liose et la ])lus vraie. Kst-il, en effet, un épisode de cette fîi>uration de la ^ueri-e (pii soit moins sensationnel d'apparence, qui ait autant de simplicité, pour ne pas dire de banalité; et, (pii même, par les personnages en cause, l'un illustre, l'autre appartenant à la haute hiérarchie officielle, devait faire sourire tous les
spectateurs de mcdioci'e imai^ination Or, l'artiste a tiré de cette siuiplicité, de sou coutraste avec la solennité ♦^iiujy' traditionnelle (pi'évoque la pensée de
la représentation de ce sujet par un i peintre militaire classique, l'effet le
plus saisissant, qui éveille aussitôt une foule d'idées ingénieuses, originales et ^ élevées. 11 est vrai que cette manière hardie exige une sûreté et une délicatesse d'esprit et de main peu comi nui nés, sans lesquelles la composition
verserait immédiatement dans une <*-^ grotesque puérilité.
Kn 1880, ce sont également deux tableaux de grantles manœuvres qu'il expose, manœuvres faites dans le Limousin, l'année précédente, sous la direction du général de Oallifïét. l^ans l'un, il a peint le général et les officiers étrangers assistant au défilé d'un régiment de chasseurs à cheval; dans l'autre, un bataillon d'infanterie faisant une halte au sommet d'un coteau, thème à mettre en relief, par des types finement observés, l'énergie et l'intelligence ries sous-officiers et des officiers réservistes et territoriaux.
Entre temps, il a exécuté ciiuj autres tableaux : « l^e retour de la promenade militaire (Saint-Germain^ », « L'exercice à pied de la carabine «, « lue poste d'ambulance à la revue de liOngchamps », « Le billet de logement » et « Son ancien régiment » : études origi-
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COMMAiNDAM' FAYET
nales de mœurs militaires, et pittoresques fantaisies.
> Après la guerre, les régi-
^ ments réorganisés n'avaient
reçu, pour tous drapeaux, que
de sinqjles fanions en laine,
sans franges ni cravates, ni 1)' LioLviLLi; ornementation : l'armée était
en deuil. IMais, quand l'œuvre de reconstitution fut achevé, en 1879, le gouvernement décida que de nouveaux dra- peaux seraient distri-
bués, chacun portant dans ses plis l'ins-
cription des batailles ' ^ j et des combats glo-
rieux auxquels le régiment a pris part.
La Fête nationale du ^ 1 4 juillet était choisie
comme date, et l'hip- ' v podrome de Long-
champs pour théâtre de cette cérémonie.
Détaille fut chargé de représenter, en un
grand tableau destiné au Musée national de
Versailles, « La Dis- tribut ion des dra-
peaux ». Il prit pour , , suiet le moment delà
cérémonie OÙ le grand État-major de l'ar-
mée, maréchal Canrobert en tête, se range devant la tribune officielle,
pour saluer le Président de la Républi(pie, les Présidents de la Cham- /"^^ '>i"e des Députés et du * Sénat, les ambassadeurs 1^ des Puissances étrangères et les représentants des grands Corps de l'Ltat. Sur la piste UN uÉi'LTiî de l'hippodrome sont
M. MADIF.R DE MO^TJAr