OFFICIER DES GRENADIERS DE LA GARDE
Toutes ces compositions, à les analyser sous le rapport de l'esthétique, montrent avec quelle fermeté l'artiste a exécuté l'idée qu'il avait prise pour objectif de son travail : animer, dans le sens le plus élevé du terme, la repré-
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sentation des types des divers corps de l'armée, aux différentes périodes de leur histoire moderne. Dans le choix et dans l'exécution des sujets, il ne s'est pas préoccupé de l'anecdote curieuse, pittoresque, émouvante, ni du fait ou de l'événement de nature à éveiller la sensation de preuves exceptionnelles de bravoure, d'audace, d'héroïsme, et autres vertus militaires; il les a exclusivement considérés et étudiés au point de vue des éléments essentiels d'une psychologie du tempérament et du ^ caractère, de la puissance d'action gendarme de la i-révùté du 6^ corps (1870)
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physique et morale, résumés dans la manifestation histori([ue qui lui en a paru la synthèse la plus expressive.
Ce même point de vue l'a gui(k', sans le moindre écart, dans la composition des hors-texte, consacrés à l'armée réorganisée après la guerre. N'y cherchez point ce ([uc d'autres, instinctivement, par la certitude du succès, y auraient mis, des scènes de genre, des traits de mœurs, matière abondante de fantaisie, d'esprit, d'humour et de sentiment; vous éprouveriez de la déception. Dans cette partie, l'artiste paraît avoir cherché à réaliser, avec plus de résolution encore que dans la première, son programme d'un ouvrage de
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technique militante. Ce ne sont que
pages dont les titres pourraient être extraits littéralement des « théories », des ordonnances, règlements et prescriptions sur le ser\ice de place, sur le service en campagne, etc. : « Conseil de revision », « Le bureau (hi sergent-major», «L'arrivée à l'étape», « Escorte d'andjassade à l'Elysée », « Etat-major du ministre de la guerre », « Grandes manœuvres », « Peloton de cavalerie », « Construction de pont de fascines », « Mise en batterie par l'artillerie à cheval », « Inspection des magasins de vivres » , « Tirailleurs indigènes en colonne » , « Remonte de cavalerie », etc., etc. Vous pouvez passer la revue la plus minutieuse; tout, dans l'uniforme, dans l'armement, dans le matériel, est inqieccable comme exactitude, ordre et tenue réglementaires; le détail, en apparence, le plus insignifiant, a été exécuté sur nature, correspond, par sa place et par sa destination, à un besoin sinon à une prescription. La physionomie caractéristique de l'officier et du soldat, de chaque arme, n'est pas moins minutieusement étudiée; il send)le que,
même sans l'uniforme, on pourrait aisément assigner à tous les péris
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sonnages celle à laquelle il appartient, tant, dans l'allnre, le geste et le visage, il y a une expression vivante de rinflnence qu'elle exerce sur les lial)itudes, les mœin\s et les idées.
Cette précision, qni, à l'opinion unanime de la ci'itique et des amateurs, constitue une des lormes les plus saisissantes du talent de Détaille, n'est point le résultat d'une vaine and)ition de \iituosité exceptionnelle;
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elle procède de principes d'estliéti(jue et de morale, dont il s'est fait une loi, dès ses dé])uts. A\aut ciioisi un genre de peinture, conforme à ses goûts et a son idéal, il s'y est consacré exclusivement, corps et ame : J.a praticjue sérieuse d'un art, d'un métier, demande un homme tout entier. A l'école de Meissonier, et par son exemple, il a appris (ju'uu artiste véritable doit avoir l'a peu près eu horreur, qu'il n'est rien qui ne mérite d'être étudié, bien exécuté, et ne donne une satisfaction; cpie la conscience est la première des vertus dans une profession. Cetfe éducation élevée, un tempérament porté naturellement à une nu^thode
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(le tl'avail précis, iiiinutioiix et réi^iilier, iiiie mémoire d'une plasticité rare, où tout s'imjirime et se conserve avec une netteté prodigieuse, lui faisaient ac(piéi ir rapidement la connaissance parfaite des choses et des institutions militaires. Son atelier est devemi un musée d'uniformes et d'armes, collectionnés non par snobisme et pour l'ostentation, simj)lcment en \ ue de lui ser\ir de dociinu'uts aiitlu'nti(jues pour ses études.
COUK UE J,' atI'.1,IKR DU 1)1. TM i.r.r.
Il préside « lia Sabretacbe », société, fondée par ^[eissonier, qui a pour l)ut la conservation de tous les souvenirs histori(jues de l'armée française; et, il a contribué, par ses dons et par ses conseils, à l'organisation du Musée de l'armée, annexe et complément du Musée national d'artillei'ie des Invalides.
Mais, à coté du savant, qui, au^ point de vue du costume et de la science militaires, a fait de ce grami ouvrage snr l'armée française
lin monument impérissable, il y a : un historien é\oquant sui>gestivement le passé, rlont il a pénétré le mystère par ses études patientes, par une intuition profonde de tout ce ([ui touche à la guerre; un artiste, à l'imagination féconde, au goût délicat, expert dans son métier de peintre, qui sait ordonner habilement les groupes pittoresques de personnages, les faire mouvoir (runc \ ie intense, dans un cadre de paysages superbes. Et, ainsi, toutes ces compositions, si précieuses pour les écrivains présents et futurs, sont et resteront admirées également par ceux qui n'y recherchent que des jouissances artistiques, le plaisir de l'esprit et la joie des yeux.
lÎTUDE DE PIÈCE u'aRTILLEHIE
HUSSARD EN TIRAILLEUR (l8l3)