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L'HUMOUR DANS L'ART

bons amis les ennemis », les Prussiens, les Cosaques et les Anj^lais. Carie Vernet se distingue dans cette guerre, et excelle à représenter les officiers de Wellington, raides comme des piquets, longs et minces comme des peupliers, ou obèses, trapus et apoplectiques; les soudards de Blucher, balourds, hirsutes et ahuris. Son fils, Horace, l'imite et n'est jamais en reste avec lui de gaieté et d'esprit; plus tard, parvenu à la gloire.

aux honneurs, il n'hésitera pas, dans des tableaux historiques, à s'abandonner à des envolées d'imagination fantaisiste ; il peint le Juif de la « Prise de la Smala », l'officier du « Siège d'Anvers » qui allume son cigare au feu du bivouac, le zouave et le highlander, Ijras dessus, bras dessous, de la « Bataille de l'Aima ». Avec quelle verve de gaieté attendrie, émue,

Charlet

allégorise le chauvinisme, le courage et l'entrain des grognards et des conscrits!

Détaille continue cette tradition.

Le peintre du « Rêve », des « Victimes du Devoir », de « Champigny », de llezonville », est un humoriste, qui, pour ses amis et pour lui-même, hors de l'atelier, dans l'intimité du foyer familial, aux heures de repos, a produit un œuvre d'une fantaisie charmante,

(l'une gaieté spirituelle, qu'on pourra mettre à la suite de ceux de ses illustres prédécesseurs, sans que la comparaison soit à son désavantage.

Comme genre, manière et tour d'esprit, il ne procède d'aucun; tout y est spontané, original et personnel. L'humour semble bien être le terme exact à employer, pour définir avec précision le caractère de cet œuvre. L'artiste ne vise point à la satire ; il dédaigne la caricature; et, s'il est malicieux, il n'a jamais l'intention de blesser, nuire ou déplaire. C'est la gaieté seule qui inspire et guide son crayon et sa plume, la bonne et franche gaieté gauloise, née du spectacle joyeux des travers et des excentricités des hommes et des choses, du contraste pittoresc[ue de la réalité et du rêve, des antithèses sociales et chronologiques, et des féeries de l'imagination; la gaieté saine, bue aux sources limpides et fraîches de notre génie national.

Les types amusants et comicjues qu'il représente tiennent, si on leur veut des ancêtres, de

ceux qui se trouvent dans Rabelais, Béranger et Désaugier : Pichrocole, Jean des Entommeures, les Vieux de la Vieille et Roger-Bontemps. Grenadiers, cuirassiers, hussards ou dragons de la Révolution et de l'Empire, ils entrent dans les villes conquises, superbes, truculents et picaresques, gigantesques plumets au vent, sabretaches immenses brimbalant sur les cuisses, la pipe aux lèvres, le visage balafré rayonnant de

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