‹ Déterminisme de la taille de l'œil chez le mutant bar de la drosophile, Intervention d'une substance diffusible spécifiqueChapitre 22 sur 29 · INFLUENCE DE L’EXTRAIT DE CALLIPHORA SUR LE DÉVELOPPEMENT DU DISQUE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L’EXTRAIT DE CALLIPHORA SUR LE DÉVELOPPEMENT DU DISQUE

En raison de l'incertitude qui subsiste après l'examen des travaux que je viens d'analyser, j'ai repris l'étude du développement du disque imaginal oculaire, en comparant ce développement tel qu’il a lieu normalement avec celui qui intervient quand les larves sont élevées sur l'extrait de Calliphora. Une partie des conclusions de cette étude a déjà été donnée par ailleurs (Caevais et LEGORDIER, 1942).

Surface des disques. — Des larves Bar et sauvages sont recueillies, suivant la technique ordinaire, soit à o heure, soit à 4o heures, et divisées en trois lots : ces lots sont repiqués sur du milieu Il sans extrait, du milieu II contenant 10 0/0 d'extrait purifié, du milieu IT contenant 15 0/0 d'extrait purifié. À

OS Bar SO Sauvages

Gone. | Ages |__| ——|$s.,/,5

n m n SB n m n S+

Le 27 79.6 || 2r | 159,1 +6 10 0/0 0 16 | 281,5 |125 |"186,2 +6 10 0/0| 4o 30 | 278,9 || 25 | 165,6+7

Quand la moitié environ des larves de chaque lot est déjà pupée ou prépupée, les larves restantes sont séparées en deux fractions : l’une sera gardée Jusqu'à l’éclosion des mouches et les ommatidies seront comptées; l’autre fournira les disques à mesurer. Les disques sont disséqués dans le Ringer, montés entre lame et lamelle (ce qui supprime leur courbure sans modifier leur surface) et projetés au banc d'Edinger. Le grossissement ainsi réalisé est de 236 fois, ce qui permet de mesurer directement la surface au planimètre. Le disque de l'antenne étant soudé au disque de l'œil est projeté en même temps, mais seule la surface oculaire est mesurée. La figure 19, I, montre une paire de disques sauvages et une paire de disques Bar préle-

L'OEIL DU MUTANT BAR DE LA DROSOPHILE Gyl

vées sur des larves des lots sans extrait. Le tableau 19 donne les résultats pour les larves mâles (1).

On constate les faits suivants :

+1) L'effet de l'extrait de Calliphora se retrouve aussi bien pour les larves Bar repiquées à 4o heures que pour celles repiquées à o heure. Mais cet effet est nul sur les larves sauvages. Les mouches issues de celles-ci ont un œil sauvage normal, n'ayant subi aucune modification de taille.

2) La surface des disques sauvages est nettement plus grande que celle des disques Bar. Si on calcule le rapport +/B pour chaque lot, on constate que la valeur de ce rapport oscille de 1,22 à 1,59, soit dans des limites faibles et voisines de celles trouvées par les autres auteurs.

3) Dans tous les lots, qu'ils soient élevés sur du milieu sans extrait ou sur du milieu contenant de l'extrait, la surface reste constante. Ceci était à prévoir dans le cas du {ype sauvage, où l'extrait n’a aucune action sur la taille de l’œil. Mais cette constance de la surface est importante à noter pour les larves Bar. En effet les yeux Bar subissent un accroissement de taille atteignant presque 5 fois la valeur initiale dans le cas de l'extrait à 15 0/0, et cependant les disques, qui doivent donner des yeux aussi modifiés ont une surface égale à celle des disques témoins. Il y a toute raison de penser que la surface des disques de larves traitées au maximum (c'està-dire celles dont les mouches ont des yeux aussi grands que le {ype sauvage) n'aurait pas été plus affectée.

Nombre de cellules et structure des disques. — Cette étude a porté sur des disques de larves sauvages et Bar élevées sur du milieu standard, et sur des disques de larves Bar élevées, à partir de leur éclosion, sur du milieu II contenant 15 o/o d'extrait. Une partie des larves est gardée ainsi jusqu’à la pupaison et fournit les mouches dont le nombre d'ommatidies est compté. Les larves à étudier sont prélevées à différents âges, et fixées de 5 à 10 minutes au Carnoy à 60°, puis 10 minutes au Carnoy froid. Elles sont colorées in toto au Feulgen jusqu’à ce que l’on distingue par transparence le cerveau coloré en rose. Les inclusions sont faites à la paraffine, les coupes à 7,5 et 10 y. Pour chaque coupe intéressant les disques un dessin est fait à la chambre claire et les noyaux sont comptés indépendamment pour chacun des disques, droit et gauche, On prend ensuite la moyenne des deux chiffres trouvés (qui sont en général très voisins) et les moyennes de toutes les coupes intéressant une même larve sont additionnées. Le nombre de cellules ainsi déterminé comprend l’ensemble œil-antenne. Si, en effet, on peut distinguer l'œil de l’antenne sur un disque prélevé chez une larve (et cela n’est d’ailleurs possible que sur des larves âgées d’au moins 2 jours), dans les coupes cette distinction n’est plus possible, car le disque est alors plus ou moins contourné et replié sur lui-même. Comme l'antenne est identique dans le {ype sauvage et dans Bar, il n°y a pas lieu de penser que les disques antennaires soient différents. C’est ce qu'a d’ailleurs montré Cmen. J'ai, de plus, mesuré quelques surfaces antennaires

(1) Avec le même grossissement, un carré de o mm. 5 de côté donne 1.350 au planimètre.

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sauvages et Bar, et je n’ai trouvé aucun écart. Donc les variations entre le type sauvage et Bar, que l’on pourra constater dans le nombre de cellules de l’ensemble œil-antenne ou dans la structure des disques, ne peuvent être attribuées qu'aux différences existant entre les disques oculaires sauvage et Bar.

Les premières observations portent sur des larves âgées de 24 heures; c'est le stade le plus précoce auquel il soit possible de reconnaître avec certitude le disque. Les dernières portent sur des larves prélevées dans des lots où la moitié au moins des individus étaient pupés ou prépupés.

Dans les résultats donnés par Cæevais et Lecorpier, les larves Bar, élevées sur du milieu contenant de l'extrait de Calliphora, avaient subi un retard de 24 heures environ dans leur développement. Ainsi que je l'ai montré dans la première partie de cet exposé, il est possible maintenant de faire ingérer aux larves des doses assez fortes d'extrait sans que leur développement général en souffre, par l'emploi de milieux suffisamment nutritifs par eux-mêmes et d'extrait purifié. Aussi l'étude de ces larves traitées a été reprise et j'ai pu alors obtenir un lot en tous points identique à celui des larves non traitées, composition du milieu mise à part.

Les résultats de ces observations sont fournis d'une part dans le tableau 20 et la figure 20 qui donnent le nombre de cellules pour les trois lots étudiés à différents âges, et d'autre part dans la planche [ qui montre les disques sauvages et Bar à des stades variés.

De l'examen du tableau et de la courbe, il ressort que :

1) Dans les trois cas les courbes sont parallèles, ce qui prouve que la vitesse de croissance des disques y est la même à des âges identiques.

2) Il existe un décalage entre le nombre de cellules du disque sauvage et celui du disque Bar non traité. Ce décalage, au profit du disque sauvage, subsiste durant toute la vie larvaire. Au premier stade étudié, c'est-à-dire à 2h heures, le disque sauvage a 24 cellules de plus que le disque Bar. Cette différence atteint 600 cellules au moment de la pupaison. Comme il n’est pas possible, en général, de distinguer la partie antennaire de la partie oculaire, on ne saurait dire si le rapport du nombre de cellules (qui semble rester constant d’après la courbe) est égal à celui des surfaces. Cependant, dans les quelques cas où on a pu évaluer grosso modo le nombre de cellules de l’antenne, le rapport +/B était égal à 1,3 environ.

3) Ce rapport est très voisin de celui donné ici dans la mesure des surfaces, et de ceux fournis par les auteurs qui ont également mesuré et comparé les surfaces sauvage et Bar. D'ailleurs, si on compte, dans des portions de disque de même surface, le nombre des noyaux, on trouve que la densité cellulaire reste constante durant tout le développement et qu’elle est égale chez le {ype sauvage et chez Bar. Il est donc permis de supposer que, si l’on pouvait observer le nombre réel des cellules de la partie oculaire, on trouverait le même rapport pour les surfaces et pour le nombre des cellules. Cette constance de la densité cellulaire montre aussi que les cellules gardent la même taille au cours du développement du disque, et que seul leur nombre se modifie.

4) n'existe pas de différence appréciable entre le nombre de cellules des disques Bar non traités et celui des disques Bar traités par l'extrait. En

Ages + B B traités 24 70,3 46,4 60,1 27 136,8 91,2 72,9 30 159,6 150,2 129,8 36 373,4 Lo 534,2 370,2 4 649,7 486,2 | 48 1 249,8 824,1 833,6 54 1.360 ,2 1.079,7 66 3.228,6 2.304, 2.432,6 72 3.410,4 2.609,5 AATTA à 74 2.899,6 96 5.617,32 5.089,7 & go1,2

. {cellules

disques + B UN : B traites

Fig. 20. — Nombre de cellules des disques en fonction de l’âge des larves. Goordonnées logarithmiques. Pour la clarté des courbes, le module des abscisses est quatre fois celui des ordonnées.

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