PRÉFACE III
du traite complet de criminologie que je prépare, et dont ce volume est une sorte d'introduction, je crois qu'il m'arrivera assez fréquemment de le montrer. Qui a lu ses œuvres a aussitôt perçu combien la masse de faits apportés est insuffisamment élaborée, digérée. Le plus souvent les faits signalés ne sont pas vérifiés. Et trop souvent, il est arrivé qu'on a prouvé leur non-existence ou leur inexactitude. Les disciples de Lombroso, les orthodoxes principalement, ont présenté ces défauts, mais à ua bien moindre degré.
Rapidement l'étudiant en sciences criminologiques s'aperçoit que la base manque à la criminologie, j'entends une base qui permette son étude comparative dans le temps et dans l'espace. Il voit qu'il n'y a pas de définition du crime ou plutôt qu'il y en a foule, éminemment diverses entre elles. Les criminologues ne s'entendent pas sur la définition du crime, c'est-à-dire de la matière qu'ils étudient, dont ils traitent. Déjà en 1892, nous remarquions que, de cette divergence de terminologie dérivaient souvent des divergences de conception, sur les criminels. Et nous écrivions alors* ce que nous maintenons encore aujourd'hui.
1 Crime et Criminalité^ article dans VÂlmanach de la Question sociale pour 1893. — Paris, 1892, in-8°.