ACTE IV
gentilhomme; consultez un peu votre conscience, voyez : j’arrive chez vous, sur votre terrain, je me livre à votre merci. Je viens et j’apporte une provision immense de conciliation, de bons sentiments, mais aussi la résolution positive de ne pas revenir sans une satisfaction quelconque.
WURGEN.
Vous menacez.
HENRI
Non, monsieur, (a pan.) Une faute, (a wu.gen.) Je ne menace pas. Déjà vous savez la moitié de mon secret, l’autre moitié appartient à une femme. Dites-moi que la princesse ne court aucun risque de votre part. Dites-moi ce que sont devenues ses lettres, faites cela pour moi, rendez-moi ce service, je vous le demande instamment.
WURGEN, »e levant.
Vous m’embarrassez?
Il EN RI.
Je prie.
WURGEN.
Peut-être me demandez-vous de trahir un devoir et de violer une consigne. Je devrais persister dans mon silence. Mais, monsieur, il est bien dû quelque chose à votre courageuse démarche, à votre courtoisie. Consigne, devoir, j’oublierai tout pour un moment.
HENRI
Monsieur I
DETTES DE CŒUR
Oui, monsieur, j'étais placé ici pour surveiller certaines correspondances entre la France et nous; j’avais l’ordre de tout envoyer à Pétersbourg. Eh bien ! j’ai obéi, et les lettres dont vous parlez ont été, comme les autres, expédiées à l'empereur défunt.
HENRI, à paît.
Ce qu’elle redoutait de plus! Pauvre Caliste !... (a wurgeo.) Ainsi, monsieur, il n’est pas exact que ces lettres soient restées entre vos mains. Vous l’assurez, je puis l’attester à la princesse.
WURGEN.
Je croyais avoir eu l’honneur de vous répondre. ( un Officier
vient parler bas à Wiirgen.)
HENRI, à lui-même.
Un mot de plus, c’est une querelle... La question n’est pas là, seulement qu’y gagnerai -je pour Caliste?
WURGEN, à Henri.
On m’avertit de l’arrivée de mon courrier, permettez vous que je donne mes ordres?
HENRI
Donnez, monsieur, donnez, (a lui-même.) S’il a dit la vérité, que faire? s’il a menti, comment le lui prouver? Aurait-il soustrait ces lettres?... Un fonctionnaire, quelle responsabilité!... 11 se perdrait, même en perdant Caliste... D’ailleurs, Caliste n’affirme pas, elle ne fait que soupçonner.
(li’OKicicr sort.)