ACTE
me devais à moi-même de prouver au prince que ses menaces ne nous font pas peur.
c ALISTE.
11 menace donc ?
C’est-à-dire...
LA BARONNE
C’est-à-dire que mon mari, ma chcre Calisle, a tantôt rencontré le vôtre.
Ici, à Paris?.., Eh bien?
LA BARONNE
Eh bien ! il boude Chaudray ; et Chaudray, quand on le boude, perd la tête et se figure que tout est fini.
Oh ! mes amis, combien je suis coupable, et que mon égoïsme a été cruel ! Toute à la joie de vivre quelque temps parmi vous, j’ai accepté votre hospitalité, j’ai oublié que le . prince est entré avant moi dans vos affections. Il est à Paris, il sait que vous êtes mes hôtes. Je comprends l’embarras où sa présence vous jette... Pardon, mille fois pardon!... Je suis une femme qu’il faut aimer de loin.
LA BARONNE
Oh! Caliste!... oh! chère enfant!... (a cuaudray.) Chaudray !
CHAUDRAY.
Suis-je assez malheureux pour que vous me compreniez
DETTES DE CŒUR
si mal!... J’avais un devoir à remplir, il est rempli... Je suis libre de mes préférences ; mon choix n'est pas douteux.
LA BARONNE
Oui, vous êtes ici chez vous, princesse, et je vous garantis que personne n’y sera plus libre et plus aimé que vous.
CHAUDRAY.
Comptez-y bien.
J’avais besoin de ces bonnes paroles. Moi, si pou blasée sur le bonheur, je m’assombris au moindre nuage... Qui sait combien j'ai de temps à passer avec vous dans ma patrie adoptive, au milieu d’amis si chers? qui sait si cette guerre dont on nous menace ne me renverra pas quelque jour en exil?... Y croyez-vous, baron, à cette vilaine guerre?
CHAUDRAY.
Allons donc! jamais... Tout cela s'arrangera.
N'est-ce pas?... (zika , sa femme de chambre, lui apporte des gants et on éventail et soit.)
LA BARONNE, à Chaudrajr.
Voici du monde... Et ce pauvre de Bierges qui rôde autour de nous, (on annonce plusieurs noms dans le salon du fond.)
CHAUDRAY.
Prenez-vous mon bras, chère princesse? (iis passent dans
l’autre salon.)