ACTE II
Je reprends peu à peu mes forces, mon ami, exeusezmoi.
HENRI
Ces nouvelles sont mauvaises?
Monsieur le prince Novratzin a été blessé à Silislrie. Une balle lui a fracassé l’épaule. (Henri >e reière.)
HENRI
Ah!
Oui, il quitte l’armée. On le rapporte à Odessa, chez moi.
HENRI
Eh bien, Caliste, une âme généreuse comme la vôtre ne doit rien exagérer, même la générosité. Cette blessure n’est pas mortelle. Je comprends votre inquiétude, votre chagrin; mais ce que je lis sur votre visage ressemble presque à du désespoir.
CÀLISTÉ.
C’est le prince lui-même qui m'a envoyé ce message..
HENRI
Le prince?...
« Va de ma part, a-t-il dit, annoncer à la princesse, que je viens de perdre un bras devant la ville assiégée. Dis-lui que je regarde ce malheur comme un châtiment de mes
DETTES DE CŒUR
torls envers elle. J’ai cédé à de lâches conseils; je l'ai outragée, elle, la plus pure et la plus vertueuse des femmes.
HENRI
Et...
Et il ne voudrait pas mourir sans obtenir son pardon.
HENRI
C'est bien. Il vous rend justice, voilà tout.
Voilà tout?... Vous ne voyez rien autre chose, Henri. Votre avis?
HENRI
Mais... le vôtre?
CALISTE , te levant.
Le voici : j’ai méprisé, chassé de mon cœur et renié à jamais l’homme heureux, puissant et fort qui me déclarait la guerre ; mais ce pauvre blessé qui souffre et qui m'appelle, est-ce possible, Henri, m’estimeriez-vous si je restais sourde à son cri de douleur?
HENRI
Ne précipitez rien.
Oh ! trouvez-moi un motif, une excuse ; trouvez un obstacle devant lequel cède et s'apaise ma conscience... Mais non, vous ne cherchez même pas ; dans vos regards embarrassés, je lis mon devoir et mon châtiment. C'est mon