ACTE III
LUCIENNE
Le caractère de cette propriété n’est plus, en effet, celui qu’elle avait à notre arrivée. La maison était sombre, pleine de coins et de détours. On bâtissait ainsi dans le dernier siècle. J’en ai conservé les avantages autant que j’ai pu. Partout où j'ai rencontré une distribution, un détail commodes, je les ai respectés.
HENRI, à lui— même.
Oh! non!
LUCIENNE
11 paraît qu’avant nous, celte maison était habitée par une personne seule, vivant retirée, cachée meme, du moins tel est le bruit qui nous en est parvenu. Cette dame, c’était une dame, je ne me rappelle plus son nom, était fort belle, à ce qu’on raconte, mais elle était aussi fort triste, et plusieurs gens du pays assurent l’avoir aperçue parfois pleurant dans la campagne.
Il EN R I, ému.
Pleurant?
LUCIENNE
11 n’est pas surprenant que celte pauvre dame ait aimé ici tout ce qui s’harmonisait avec l'état de son âme ; mais nous, au contraire, monsieur, nous avons besoin de jour et d’air. Je suis jeune et naturellement enjouée, et mon frère, dont le vaisseau croise dans la mer Noire, sera bien aise, à son n tour de Sébastopol, de récréer ses yeux par des perspectives réjouissantes.