SCÈNE V
» Sortez du temple ; déroulez » La ceinture qui tient vos vêtements ; voilez » Vos fronts et jetez en arrière » Les os de votre grande-mère !... »
(il se lève.)
Comment, de leur grand’mère ! « Us tremblent àcesmots » Pyrrha veut résister et craint de faire outrage » Aux mânes de sa mère en dispersant ses os !...
» Alors Deucalion, pour lui rendre courage :
» L’oracle est pur, dit-il, et n’exige de nous » Aucune action criminelle:
» De ce nom d’aïeule il appelle » La terre, notrd mère à tous.
» Par ses os il entend les pierres. »
Diantre ! quel homme ! bien lui prit D’avoir, ce jour-là, tant d'esprit!
Pour moi, j’aurais cent fois reçu les étrivières,
Avant de rien comprendre au rébus de Thémis !
(Reprenant ta lecture.)
« Tous deux, à l’oracle soumis,
» Voilent leurs fronts, détachent leur ceinture,
» Jettent des pierres derrière eux.
» Soudain (qui l’oserait croire, si nos aïeux » Ne l’attestaient ?) la pierre dure » S’amollit et présente aux yeux » Une image grossière où déjà se révèle » La forme, vague encor, de la race nouvelle !
» L’homme renaît enfin, façonné par les dieux ! »
(Fermant le livre et le mettant sous son bras.)
Vivat! c’est justement mon affaire... La belle Peut revenir ici, je serais enchanté De lui montrer qu’on peut se passer d’elle,
0EUCALION ET PYHRHA.
Et que le ciel, dans sa bonté.
Rend enfin l'espèce femelle Inutile à l'humanité !
Bon! la voici !