SCÈNE I
M’attire vers cette rive Où l'Ainour tend son iilet.
Il n’en faut plus douter! — Les almanachs.
Four cette fois, ne mentaient pas ;
Et messieurs les savants, contre leur ordinaire,
Avaient fort bien prévu l’affaire!
Ce monde, à les en croire, était près de finir !
Et le ciel, pour nous punir.
Devait cette nuit môme.
Sous un vaste anathème,
Anéantir, à la fois.
Hommes, femmes, enfants, soldats, princes et rois!
Le déluge annoncé ne s’est point fait attendre!
Et le ciel en courroux n’a voulu rien entendre.
A l’heure dite, en son flux et reflux.
L’onde a tout englouti !... Le genre humain n’est plus! — Je reste seul... avec ce compagnon fidèle !
(il inoutre son flageolet. }
Ouf!... nous l’avons échappé belle !...
Et sans cette cage à poulet,
Présent des dieux libérateurs, la peste Si je n’étais noyé moi-même avec le reste.
Corps et biens, homme et flageolet !
Rendons grâces à la fortune Qui dans la ruine commune N’a pas voulu confondre avec tant de coquins La famille des Arlequins !
Mais, que dis-je?... Comment en conserver la race,
Si Jupiter ne sauve en même temps Une mère pour mes enfants?
Diantre!... ce point-ci m’embarrasse!...
Je ne vois pas... à moins... il faudrait... encor, non!...
Ouais!... je m'aperçois, et pour cause,
.One le sexe parfois est bon à quelque chose !
Ma foi, tant pis! — Je resterai garçon !
(Regardant autour île lui.)
Avant que de songer à repeupler le monde.
M’est avis qu’il serait prudent De nous mettre un morceau quelconque sous la dent.
— Je veux ici faire ma ronde...
Les flots auront sans doute apporté ce matin Sur la plage quelque butin !
Qui sait?... Quelque pâté, tombé de quelque table,
Où quelque gourmand respectable Se livrait à quelque festin !
Eh ! eh ! l’eau m’eu vient à la bouche!
Nous penserons plus tard à nos futurs neveux!
Les rameaux ont le temps de pousser, et je veux Commencer par sauver la souche !
(il sort en courant. Caroline parait au Tond sur un rocher, hile tient une ombrelle ouverte à In ruaiu et descend précipitamment eu sccnc.)