CHAPITRE VIII
dation du tribut fixé par le traité d'ÀudrinopIe, Mahmoud se vit avec contentement plus libre
d*agir contre Méhémed-Ali.
Le mouvement de la réforme s'était continué. Vers la fin de i836 ii essaya d'établir l'unité administrative en restreignant le pouvoir dts pachas et en décidant que désonuais ils seraient rétribués par le gouvernement. Trop d'obstades coiilrariaiciil la pleine exécution de celle sage mesure. Sous le nom de rédif^ il décréta la formalion d'une sorte de landwher turque. Cette institution répondait mieux peut-être que le nizam aux besoins de ses populations, qui répugneiil à l'abandou de leurs localités et de leurs familles. Une autre innovation occasionna un long scandale. Âpres avoir risqué son portrait dans les proportions de la miniature et des cadeaux particuliers, il futjaloux d'étaler aux )iux du public son image impériale , la fit inaugurer avec solennité, et afficha ainsi le mépris de la loi religieuse qui interdit toute représentation des êtres animés ; Mahmoud, par le culte qu'il exigeait envers son image, semblait en effet avoir réhabilité dans la peinture Tidolàtrie de la créature couronnée*, imprudent interprèle de la
(i) n É fait de son portrait le ligne dittineiird'ane déco-»
ration qiril a iusiituée, et qu'il ne faut pas coDlondre avec l'ordre du Nichao-Iflikhar. Parmi lesdigniiairea il n'y a qu'un II* 4
50 Dsux AmiEB n oBiraiT,
sourde fermeulatiou des vieux Turcs^ ud jour qu'il traversait le nouveau ppnt, un oheikh
derviche aux longs cheveux l'aposlropha du nom de Padischah giaour; la téte paya pour l'insoleuce de la langue. Des signes muels de rébellion reffarouchèrent dans les tendances des mouslaches et des bai Les 5 il régla les dimeusions et les formes de leur fidélité au nouveau régime, et les limita rigoureusement dans leurs excroissances rétrogrades. La victoire sur ie janissariat commencée par la hache finissait par le rasoir. Instruit d'ailleurs que ses sujets attribuaient à ses innovations les malheurs publics, il leur eu imputa à eux-mêmes la responsabilité par un reproche officiel de leur tiédeur à remplir les devoirs de la religion. Une ordonnance sévère rappela les musulmans à la stricte observation des prescriptions de l'islamisme; on vit pendant quelque temps des patrouilles de khaviras circuler dans les rues aux heures de la prière, pousser vers les mosquées tout musulman sourd à rappel des muezzins, et contraindre à coups de bâton les déserteurs récalcitrants de la maison de Dieu à y rentrer. Cette satisfaction à ropiuion publique n'était point un retour aux préjugés. Malgré une croyance superstitieuse qui
8eat étranser; M. de Bonten^ seul t le droit de porter l'image du Sultan sur sa poitrine.
OR^mRB Tur. fil
ioterditaux souveVaiiis de quitter leur capitale si ce n'est pour combattre, vers la fin d'avril 1887
il s embarqua pour les provinces septeutrionaies de la Turquie dïurope. 11 visita les vaillantes forteresses du Danube | et reçut rbommage des populations se prosternant la face contre terre devant le visage impérial qui ne leur était jamais apparu. Partout accessible aux réclamations des opprimés, sévère aux foncliouiiaires prévaricateurs, affable aux rayas si nombreux dans ces contrées, il s'appliqua à faire comprendre que, sans distinction de race ni de culte, il étendait surtousses sujets comme sur les membres d'une même famille sa sollicitude paternelle et l'ombre de sa justice. Tout à coup, à Andrinople, il apprit qu'une conspiration se tramait dans la capitale et se hâta d'y retourner; la conspiration fui promplement étouffée dans le sang des incorrigibles janissaires.
Ce fut peu de mois après qu'un acte, auU efois normal, déconcerta l'opinion comme un trait iusolite du prince régénéré.
Jamais ministre n'avait été plus que Pertew puissant et respecté * ; mais l'ombrageuse jalousie du monarque devint l'instrument des envieux du ministre. Dès qu*on eut éloigné du sérail son
( 1 ) Voir le Prologoe.
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gendre Vassaf-Effendi, son intégrilé fut calomniée, sa piété érigée en crime. Tel était le renom de son zèle religieux qu'un grand nombre de Turcs de son quartier venaient aux heures prescrites faire avec lui la piicre dans roratoire de son palais; on Taccusa de relations clandestines avec les ulémas. On fit plus; les demi-barbares de la cour de Stamboul étaient déjà assez raffinés pour se faire une arme empoisonnée d un article de journal; on montra au Sultan un article où Pertew élait glorifié comme le soleil de Tempire ^ Enfin, tout en admettant la nécessité de certaines réformes y il était au fond peu ami des nouvelles inslilutions militaires; Ualil se fit son délateur. Deux jours après, le IQ septembre 1837, ^ Andrinople.
Bientôt pourtant le ministre lit faute au Sultan, et son nom fut prononcé. Dès lors l'ex-reiseffendi Akif, qui Tavait remplacé au minislère de l'intérieur, ne négligea rien pour imprimer à sa disgrâce le sceau fatal de ces arrêts irrévocables dont Mahmoud avait rendu l'usage plus rare par une glorieuse dérogation aux traditions antiques. Dans une nuit d'oi^ie où le Réformateur délirait, Âkif et Mustapha-Kiany- Bey, alors khavedji-bacbi, retrouvèrent un vieux
(1) C'était un article do Journal de Francfort,