‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 9 sur 86 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Certes, on%e peut que déplorer la calamité

des Arméniens catholiijues; mais celle brusque et tyrannique révolution dans le sort d'une partie de la nation qui se trouvait liée au système de déprédations des pachas^ disposait par son crédit financier de l'investiture des hautes fonctions administratives y et tenait en quelque sorte les queues des \isirs dans son coffre- fort, ne devait-elle pas être un des accidents de la réforme? C'était un premier acte contre leur participation usurière au gouvernement même de FEtat.

Dès i83o» sans être découragé par les revers de la campagne d'Andrinople, le Sultan entreprit de proj);j^er sa nouvelle organisation militaire. Déjà il avait détruit tous les corps irréguliers dout quelques-uns étaient entretenus par Tancienne constitution féodale, il prétendit rallier, par le nouvel uniforme et la nouvelle discipline y les populations musulmanes d*une

les Doz-Oglou; il supplanta teiniaitrM, et connue s'il eAtTotilOy à ses derniers momeDts, réparer sod iogratilude, il désigna Tim des membres de ceUe famille» échappé ao massacre, pour son successeur dans les fonctions de directeor de ThAtel. M* Agob Duz- Ogiou, qai occupe aujourd'hui ce poste, n'est pas moins remarquable par Téiévation de son caractère que par la solidité e| la variété de ses Gonntimncss,

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race étrangère à la défense de l'emjiire. Les àlbanais, élément vigoureux des troupes irrégulières, ces antiques rivaux des jatiissaues, s insultèrent dans leurs montagnes. Les frapper, c'était porter le dernier coup aux inslitulions militaires surannées. Il chargea de cette mission le grand-visir Reschid-Alébémed, Tun des caractères les plus héroïques et les plus nobles de l'empire. Vainqueur à Missolongliî, quelquefois heureux dans la guerre d'AndrinopIe, Reschid- Méhémed obtint des succès sur les rebelles, rattacha à la Porte par uneadaiinistration éclairée les rayas de la province, et il fut regrettable que la guerre de l'Egypte, cette guerre qui avait déjà dévoré une armée impériale, Tarracbât à cette mission, non moins heureusement pacifique que belligérante, qui popularisait Tespoir des bienfaits de la réforme. Pendant ce temps Mahmoud poursuivait le cours de ses améliorations, restreignait la vénalité, mettait une borne aux e:<actions des fonctionnaires publics, améliorait le mode de perception des impôts, fondait des écoles, envoyait de jeunes Turcs en France et en Angleterre pour s'initier aux arts et aux sciences de l'Europe. Lulîn il iil publier sous le titre de Moniteur ottoman^ en français,* un journal orOciel delaSublime-Porle^ la presse^

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cet insi rament de rintelligente Europe, s*inaiiguraitsous ses auspices dans la vieille euceiule de Stamboul ^.

Avec sa lutte contre Aléhémed-Âli commence

la troisième c |)oque de la vie de Mali moud, lutte qui ralentit le développement de son œuvrecivilisali ice, opéra une scission violenle dans l'empire, et modifia profondément sa position visà-vis de rét ranger.

On ne saurait trop déplorer Tinimitié de ces deux hautes tètes dont Tunion pouvait sauver l'empire, dont la discorde l'a gravement exposé. Mahmoud avait à choisir de se faire de son vas-

(i) Un premier essai de jonrotl quotidien fut fait k Coqs*

tantiiKjple par Verninîiac, en v(i\ é exlraordiuûirc de la république iraoçaise. Cette première feuitle fut imprimée à Timprimerie du palais de Fraoee» et peut se retronter aujourd'hui au miais-» tère des affaires étrangères. Le Moniteur ottoman était rédigé par Alexandre ljlaci]ue, dont les taletiîs supérieurs et le caractère honorable n'ont poiot été astex ai'préciés en £urope. Depuis sa mort le journal a passé par diverses mains et se trouve aujourd'hui confié à M. Fraooeschiy homme de beaucoup fie mérile et il'uoe rare niude&lie.

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aal UD serviteur fidèle ou de l'écraser csomme un

euDemi^ il iie sut pas distioguer de la race des autres pachas le soldat de génie qui avait pris possessiou de TÉgypte sur tous les partiS| Tavait purgée des mamlouks, y créait une marine et des armées régulières ^ et suivail sur un autre terrain une carrière pareille à la sienne. U travailla sans cesse à le diminuer et ne réussit ja-» mais qu'à Taccroitre. L'envoyait-il contre les Wababis; le vengeur des villes saintes revenait populaire dans tout rislam. Plus tard, lui ordonnait-il de prendre part à la guerre contre les Grecs ; il rélevait au rang d auxiliaire de son maitre et l'agrandissait par la cession de Candie» Pourtant, lors de la guerre d'Andriuople, sur un nouvel appel à l'Égypte^ le Pacha, tout enjurant que les Russes rencontreraient avant le Bal kan les baïonnettesde ses soidats^avaitjugéplusprudent de laisser au Sultan tous les risques d'une guerre insensée. Pour se justiiier de son déni de secours, il prétendait avoir su que Ton avait Tinlention de sacriiier Ibrahim et sou armée. Et tandis que la Porte s'affaiblissait, il s'était fortifié, et bientôt, sous le prétexte de sa querelle avec le pacha d'Acre, il entra en Syrie; d'une main il tint Abdallah enfermé dans la place forte, de Tautre il implora le gouvernement delà province. Le Sultan, cédaul aux suggestions deKhosreWj crut

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avoir trouvé l'occasion de le détruire, refusa la grâce, et lui jeta deuxfois la guerre et l'anathème } il devait lui en conter deux armées et la Syrie.

Ce ne tut pas la conséquence la plus grave de cette guerre; délaissé des puissances, cédant a la peur, entrainé par Akhmet malgré les répuguan* ces du divan, il se précipita dans les bras de la Russie, et, pour prix. d une protecliou cjui n'avait rien empêché, il souscrivit à un protectorat per* manent; en signant le traité d'Uiikiar-Skelcssi, le Grand-Seigneur se ravalait aux fonctions de gardien de la frontière maritime de la Russie; si leCzar n'avait pas encore ia clef de sa mai'son, de Mahmoud il en avait fait le portier.

Dans une telle situation, peut-être aurait-il dû ramasser toutes ses forces contre Tinfluence étrangère; mais son vassal de TÉg^pte lui semblait encore plus son ennemi que son nouveau suzerain de Pétersbourg. Mahuiuud a toujours considéré comme ses véritables adversaires ceux de son trône plus encore que ceux de lempire. On a exposé ailleurs ses longs préparatifs de guerre, ses sourdes intrigues et ses menées diplomatiques.

Forcé d'ajourner ses projets de vengeance, il porta la main à d'autres portions de l'empire qu'il voulait reconstituer. Il ne lui suffît pas de réduire à la soumission les provinces albauaisea

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toujours en révolte et de plier à ses lois Tindépendance sauvage des Kurdes; coaime pour &e consoler de la perte d*Alger que Tun de ses am* bassadeurs essa^ya uicme de redemander à ia France, il entreprit de rattacher à sa souveraineté iiiimédiale la régence de Tripoli, et creusa à plaisir dans les sables de l'Afrique un gouffre où s'enizloulirent slérileraent de nombreux soldats et de nombreuses ressources. L'inspiration de sa haine présida à cette entreprise; il voulait avoir une armée prête sur l'une des frontières de Méhëmed-Ali. Ses généraux furent plus heureux dans le Kurdistan» dans i Albanie, dans la Bosnie. Vers le même temps, en i836, la Russie évacua Silislrie , qui lui avait été hypothéquée en paiement de sa créance* Le restant de ia dette lui t^ue s'élevait encore à cent soixante-dix millions de piastres* Le Sultan , désirant obtenir à la lois une réduclion sur la totalité de la dette et la délivrance de Toccupation étrangère, avait tait proposer le paiement immédiat d'une somme considérable avant l'échéance des termes iixés; l'empereur Nicolas, en signe d'une inépuisable générosité, autorisa un arrangement en vertu duquel la Porte serait libérée moyennant quatrevingt millions de piastres. La somme acquittée, Silistrie fut évacuée, t^i Russie, nantie du traité d linkiar^Skelessi» se montra facile sur la liqui-

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