‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 11 sur 86 · CHAPITRE V1II · texte numérisé non relu

CHAPITRE V1II

moDarque ottoman pour leur concéder un fir«

luan de mort contre le niinistre exilé.

Au mois d'octobre , un jour que Pertew sortait du bain y averti qu'Emiii, pacha d'Ândrînople, avait à lui communiquer des nouvelles de Stamboul 9 après une heure de repos, il fait seller sa mule et se rend au palais av^ un de ses serviteurs. C'était à Toit*. Le pacha se leva et le fit asseoir près de lui sur le divan. On servit la pipe et le café| et à ce cérémonial succéda le silence. Jeune encore, fils généreux de Reschid- Méhémed, le pacha ignorait Tart du bourreau parfumant longuement la victime de. flatteuses paroles. Son respect pour le condamné , son étonnement de la rigueur inusitée du Sultan, lui iospiraient une sorte de terreur de sa mission. Pertew le premier rompit le silence, c Vous avez, iu'a-t-on dit, des nouvelles de Stamboul à me communiquer? > A ces mots les traits d'£min révélèrent sa douleur; sa langue balbutia, et, le cœur oppressé, incapable de signifier lui-même la sentence funeste, il lui remit le firraan. Après l'avoir porté à sa bouche et à son front, Pertew lentement déplia le rescrit impérial et le lut lentement jusqu'au bout sans changer de visage, Ensuite il le replia, le plaça sous le coussin, et,

(i) Trois beam «près midi.

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frappant dans ses mains pour appeler : « Qu'on m'apporte une pipe, i> ^Uil avec calme. Le pacha se taisait : « Dieu m'est témoin, proféra Fertew en laissant gravement tomber ses paroles entre les aspirations régulières de la pipe, Dieu m'est témoin que j'ai toujours servi avec zèle et dévouement le S^Uau notre maître. Que son règne soit glorieux I Je n'ai jamais travaillé què pour le bien et la prospérité de l'empire. Mon cœur et mes mains sont pursl Qu'Allah pardonne à mes ennemis ! Laissez-moi , seigneur, le temps de faire ma prière, » acbeva-t-il en s'adressant au pacha qui se levait pour se soustraire au spectacle de rexécutioii de Tordre de mort qu'il avait donné. Pertew étendit un tapis, fit sou namaz, et, déiaché de tous les souvenirs de sa puissance et de tous les regrets de la vie, n'aspirant plus qu'à l'existence nouvelle qui allait s'ouvrir pour lui, ce fut en vers qu'il exprima sa pieuse eialtation. Le sentiment religieux et l'amour cje la poésie, qui avaient fidèlement accompagné le ministre à travers )^s corruptions Qt les occupations du pouvoir, survivant à tout le reste, remplissaient son âme tout entière dont l'inspiralioii s exhala mjstérieuseiueut dans la langue allégorique des sophis K La nuit était

(i) «Bloii eœar €$t privé de l'objet de ses délira; moo œil

venue. loquieU de ne pas le voir païuttre, ses gens allèrenl le demander au sérail. On ne leur donna qu'uu cadavre qu'ils reportèrent silencieusement chez lui. Le lendemaiU| au lever du jour, plus de deux mille Turcs accompagnèrent Perlew à la demeure suprême ; le dçrnier Turc venait de mourir selon la Turquie antique*

Eu annoiiçaiU la iiiurl lic l^eilew au ^ullan^ OD lui dit qu'il avait succombé à une attaque d apoplexie. En marque de reconnaissance de ses services, il renonça au droit de conliscation et fit appliquer lefirroan annulatif des anciens statuts organiques par lesquels les successions des fonctionnaires de l'empire revenaient au souverain. U épai'gnait la dépouille, et il avait lue l'homme dans un fatal retour aux vieilles mœurs. Peu de temps après ou lui apprit que Vassaf-Efiendi s'était tué en se jetant par la fepétre dans un accès de fièvre chaude; comme son beaupère, Vassaf avait été étranglé. Frappé de ces deux moi ts à un si court intervalle, il soupçonna la vérité, disgracia les coupables, et lorsque Res-

est 1iiiinid«; la ooii|ie débord*. Qae faire? hélas t hélas f

bientôt Taurore s« lever! Veillerai- je? me couchera i-je en atteadaBi la matin (/a mort) qui me rendra à mes amis ? La nuit d*an§oiaaat a# pi«lMige.yiaDt| ohl vicni, soleil (Dieu) 4aT«brisil {nom poétique <f «a saitU personnage de ia secte des sopMs)* »

cliid-Pacha osa lui reciter les derniers vers de Pertew^ le monarque fondit en larmes.

Dans le court laps de temps qui s'écoula jus* qu a Texplosion des hostilités, il régularisa les moyens de développement de la réforme. H institua un conseil d'utilité publique destiné à discuter les projets d'amélioration avec le concours des lumières des Européens. Dans le sein du gouvernement turc il organisa quelque ^ choâe d'analogue à une chambre législative et à une haute chambre judiciaire. Enfin, comme s'il eut voulu ne pas terminer son règne sans signaler sa bonne volonté contre tous les fléaux, il autorisa rétablissement d'une quarantaine ; la peste, naturalisée à Stamboul et assurée d'un privilège imprescriptible par le fanatisme d'une loi de prédestination, avait longtemps imposé à la réformel 11 décréta Tabolition de la vénalité, autre peste rongeuse de la prospérité publique et de la moralité des gouvernants.

Son dernier bienfait fut le traité de commerce de 1 838, promesse solennelle de l'abolition de tous les monopoles particuliers qui ruinaient l'agriculture et des monopoles généraux qu'il avait lui-même institués en 1 829, à l'exemple de JVJéhémed-Âli, pour subvenir à l'épuisement des ressources de l'Etat. On sait comment ce traité fut en quelque sorte la transition d'uu statu "

guo impatiemuieut supporté à la guerre qu'il méditait contre son vassal ; il devait vivre tout juste assez longtemps pour que ses drapeaux humiliés fussent la triste parure de son cercueil.

Jamais prince de la maison d'Osman, dans ses temps de puissance et de gloire^ ne ceignit

plus fièrement le lurbau que Mahmoud ne porta le fez du réformateur. Un orgueil immense fit ses mérites et ses fautes; il y puisa la force de restaurer la majesté du trône, d'imposer sa volonté régénératrice, et à cet orgueil du monar-» que se joignait une invincible opiniâtreté, supc* rieure à celle de son peuple. Lui seul pouvait tourner les télés inflexibles de ses Turcs vers une réforme comme vers un nouveau /Cyé/f À ^. On Ta souvent blâme d'une brusque précipitation; peut*étre n'était-ce que par de violents soubresauts qu'il pouvait secouer une torpeur héréditaire et dompter une ombrageuse indocilité. Toutefois il poussa le dédain de la résistance jusqu'à l'oubli de tout ménagement pour les préjugés publics. Après avoif tué le corps des ja* nissaireS| il en fit revivre l'esprit dans une sourde opposition par Tinsolenoe de son triomphe»

auquel il allela brutalement ses sujets eumme

(i) Lieu de la mosquée vers lequel les musulmans se diri» gem durAia leurs prières.

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UD peuple de vaincus. Par tous les actes du Rëformateur s'eiprime une sorte de revanche de la souveraineté longtemps méconnue. Tandis que Méhémed-Ali employait tant de dextérité à greffer l'emprunt étranger sans déchirer l'égorce, Mahmoud ne craignait pas de mutiler le vieux tronc pour y implanter l'innovation. Souvent aussi, avec ce courage à violer la forme, il manqua de la patience qui renouvelle le fonds* Amoureux du succès, il se réduisit à le conquérir à la superficie^ impatient d'élever son empire au rang des nations de FEurope, il fut surtout jaloux de s'approprier l'extérieur de la civilisa* tion et de faire illusion aux autres et à lui-même par une pompeuse parodie. £n la plaquaiit avec art autour de lui, il se donnait enfin la joie de ressembler aux souverains de l'Europe. Aussi a-t-il moins fondé que détruit. Pour accomplir

plus largement sa lâche, il lui manqua la véii labié culture de l'intelligeiice. Ce fut plutôt avec la vigueur de Finstinct qu'avec une appréciation réfléchie qu'il étreignit la civilisation» dont il sentait la supériorité sans en avoir pénétré tous les secrets, et autour de lui ne se rencontraient point des auxiliaires plus éclairés. La réforme, à sou début| ne pouvait avoir que des soldats, un parti, des courtisans; elle ne pouvait encore avoir ses docteurs et ses organisateurs. Quoi

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qu'il eu soil, il a fiiit place nelte à un ordre Qoaveau dechoses, et quel homme, si grand qu*il soiif n'est inférieur à son prospectus?

Il fut Hioins heureux dans tous ées rapports avec l'étranger. La son génie se trouble, son orgueil ne s'irrite que pour fiiiblir; unë fatalité supérieure pèse sur lui : il s'en indigne, la brave et retombe. Mal k propos il attaque, mal d propos il cède. Condamné à porter le poids de Tempire tel que l'ont fait deux siècles de décadence en face de la chrétienté qui, chaque jour, lui rend son lardeau plus pesant, il essaie et ne peut, il reste au-dessous de lui-même.

Telle n'était point la vocation de sa vie , et en effet ce prince, qui eut à défendre l'intégrité de ses £tats, n'avait aucun talent militaire. De là cette impuissance de son organisation armée* Uniquement secondé par des généraux médioères, il lui arriva d'entraver par des ordres malencoiitreux les justes combinaisons de ses meilleurs officiers. Ce n'était point à vaincre les ennemis extérieurs qu'il était destiné. Un jour, il prit ce surnom envié de tous les princes ottomans, ce surnom de Fethi (le victorieux); c'était après avoir cassé la milice des janissaires. En tenant, ainsi compte de cette double tâche de Mahmoud 9 on s'explique comment, dans le mémç homme, se trouvent tant dintelligence

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de ropportunité et tant d'imprévoyance funeste , tant d'audace et tant de faiblesse, un vouloir si persévérant et des découragements si subits, un coup d'œil si perspicace et un si complet aveuglement. Tandis que le Kéiormateur se itiontrait animé de ce génie de TBurope qui ne croit point à lobstacle et va d'un pas ferme à son but, le défenseur de la monarchie d'Osman obéissait à Tinspiration de ce fatalisaie qui affronte témérairement le péril et subit la défaite avec une passive résignation, qui s'aime coulre la montagne d'une foi stupide dans la divine prédestination et retombe tranquillement sur la poussière où s'est écrit l'arrêt céleste. Ses lumières ne pouvaient suppléer à une étude des vues politiques, des intérêts et des ressources de chaque puissance de l'Europe, sans laquelle il lui était impossible d'estimer ses propres forces, de discerq^r ses ennemis et ses amis. La pénétration native lui faisait moins faute que la largeur de l'horizon circonscrit. Vainement répara-t-il cette incurie de la Porle-Ottomane qui, par un orgueilleux mépris de la chrétienté, n'y entretenait aucune légation per» manente et se trouva toujours surprise ; il était trop tard, et l'on ne sait ce que l'on doit accuser de l'ignorance du Sultan ou du vertige de sa vanité, lorsqu'après le traité d'Ândrinople,âatlé

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de la déférence captieuse des plénipotentiaires russes pour sa personne, déjà il prononçait ce iiioL d'alliance qui devait plus laid 6 éciiie dau.s le traité du 8 juillet i833.

Jaloux à l'excès de son autorite, accessible à la flatterie, mobile dans ses amitiés, toujours prêt an soupçon, il accorda k ses favoris ou à queiques-uns de ses ministres une part considérable du pouvoir, céda à leur influence, et laissa même durer auprès de lui des hommes d'un talent supérieur, en les tenant toujours dans la crainte d un capiicieux dégoût et d'une disgrâce soudaine. Toutefois une justice lui doit être rendue: c'est que si, dans un long règne marqué par tant de faits violents, il versa beaucoup de sang, il n'affecta jamais un superbe mépris de la vie des hommes. Ce n'est pas l'une de ses moindres gloires d'avoir introduit l'innovation de la clémence envers des pachas rebelles, des fonctionnaires prévaricateurs, et d'avoir déshérité de ses sanglantes offrandes la porte du sérail. Alalgré la jalousie de son pouvoir, il se relâcha même de la sévérité de la maison ottomane à l'égard de sa famille, et il donna parmi les siens l'exemple de l'adoucissement des mœurs. Pour l'apprécier tout entier, il ne faut jamais oublier que son éducation n'avait point dépassé celle du sérail. Les poètes ont

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vaulë Fart merveilleux avec lequel le souverain calligniphe figurai! de» caractères aussi purs et aussi brillants que les étoiles du ciel; on lui attribue le mérite plus sérieux d'avoir perfectionné la langue turque. Là aussi s'est fait sentir la main du Réformateur. Ëotre tous les arts il affectionnait l'architecture; toute sa vie il bâtit ; à peine pourtant laissa-t*il un monument d' utilité publique, et son nom n'est attaché à aucun édifice. Plein de lui-même^ il a multiplié sur les rives du Bosphore les temples fragiles de sa personne 9 palais où la régularité grandiose a moins départ qu'nne capricieuse élégance. C'est là qu'il se plaisait, hors de l'antique Louvre du vieux StambouL Toute réforme élit domicile. Ce qui contribua surtout à augmenter son goût de construction^ c'est qu'un astrologue lui avait prédit qu'il éviterait de grands "malheurs tant qu'il ferait bâtir; un toit n'était pas achevé que Ton creusait des fondations. Son amour pour la peinture parait s être renfermé dans l'amour de son image. Moins que ses yeux son oreille était délicate; de la musique européenne il préférait les airs au rhythme fort, marqué, militaire, et souvent il paraissait prendre plus de plaisir encore aux mélodies traînantes et à la musique barbare des baladins grecs. Habile à tous les exercices du corps, il montait parfaitement à cbeval|

CHA^ims vitf. C3

m écuyer européen, et conduisait avec dextérité une calèche à quatre cheTaux.

Puisque la vie privée des princes n'est point murée, il serait d'une bienséance outrée de taire les détails scandaleux enregisti es dans la notoriété publique. De plusieurs de ses favoris la malignité disait : « Le front de rebciave écrit dans la poussière la honte du mattre. > Il parait que ces mœurs orientales adtnetteut quelque ombre de délicatesse, et Ton désignait du nom

de mouhahbet son affection vu ileet platouique pour Vassaf-Ëffendi. Parmi ses attachements de femme, on cite une odalisque qui, de jalousie, se Doya aux Eaux- Douces d*£urope; longtemps cette promenade fut II Fécart de tous ses chemins. Sa passion pour la fille d'un cheikh le devisa quelquefois en derviche et lui inspira des vers. Plus lard, las des voluptés du sérail, il rechercha les filles des chrétiens^ et scandalisa les vieux i urcs par ses amours pour les Grecques du Bosphore ou des Iles des Princes« Enfin, à dater de la reforme, le vin fut la principale distraction de ses ennuis politiques ; c'était le Kyzlar^Aga, le chef des eunuques noirs, qui Tintroduisait en fraude dans le sérail, lui, l'administrateur des villes saintes ; grâce au progrès de la révolution, tous les liquides eurent leur entrée francbciet le complice du Réformateur, privé de ses honneurs

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antiques, se vit rëdoit aux tristes fonctious de leunuquat. Ou sait que le vin lut le plaisir qu'il savoura avec une immodëration mortelle.

Tout en lui caractérisait une nature impériale. De moyenne stature, le buste était long et à cheval il paraissaii. d'une iiaule taille. Une dignité altière s'exprimait dans son maintien. Ses épaules élaieuL larges, les muscles proiiuucés,]a poitrine forte et développée. Telle était sa vigueur qu*aucun de ses sujets ne put parvenir à plier Tare qui fléchissait entre ses mains lorsque, selon l'usage consacré, il faisait parade de son adresse au tir des flèches.Sa figure était longue ^ le trait caractéristique en était un sourcil haut*arqué, sous lequel, plein de fierté et de pénéu ation, étincelait un œil noir. Le nez était droit, allongé, avec une légère dépression dont il aimait que la peinture réparât rirréguiarité. La barbe épaisse et noire, gr&ce aux secours de l'art, n'accusa jamais les atteintes de l'âge. Sa physionomie respirait la majesté pleine d'elle-même, la dissimulation sous l'audace, Forgueil du commandement, et sa voix rauque et caverneuse dictait Tobéissance, imprimait même la terreur.

Mahmoud partage avec Méhémed-Ali l'honneur d'avoir introduit la réforme dans l'Islam; le Pacha devança même le Sultan, et le suzerain

semble n'avoir été que l'imitateur du vassal. L'ex-

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terroination des maailoiiks menaçait les janis* saires de llDSomoie du Sultao. Iroupes régu« Uères , flotte, écoles sur le modèle de l'Europe, ces premières réaltsalious de la rëiorme aventurée par Sélim furent d'abord opérées par le Vice -Roi qui n'avait pas à répoudre de ses actes devant toute la nation musulmane, dont les tentatives n'élaient point un scandale. Le souverain eut le courage de commettre son caractère pontifical avec Finnovation; à ce que Mébémed-Aili avait habilement pratiqué le premier, il imprima la sanction de son autorité; ce qui avait été un lait hardi , il Téieva à la bauteur d'un droit. Son exemple fit d'une exception une régie pour l'avenir, et c'est ainsi quil a largement influé sur le progrès de la réforme* Désormais c est le fanatisme slaiiounaire des musulmans qui est une hérésie; l'ortbodoxie, c'est l'assouplissement du texle de la loi aux modifications voulues par le temps; rbéritier du califat a brisé le sceau du livre un, et l'a rendu accessible à tous tes emprunts delà civilisation. En un mot Méhémed-Ali avait eu l'audace de Tin no vution et lart d'innover sans outrager le Prophète; Mahmoud a placé l'innovation sous la bénédiction du Prophète lui-même.

Il est une autre gloire qui lui appartient tout entière. Kn travaillant à rétablir Tunité de l'em- II. 5

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pire et de rautorité souveraine, il fonda Tuiiite de la race oUornane. Cest lui qui abolit les divi-» siens féodales entre lesquelles les Turcs restaient isolément parqués, mit en communication les populations concentrées chacune dans un esprit étroit de localité, fit disparaître toute corporation militaire privilégiée et convoqua^ sous les drapeaux de la milice nouvelle, les habitants de toutes les provinces à une fusion. Vainqueur de rodjak, du clan et de la tribu, il prépara à la fois rétablissement d'un même régime admiDistratif et le rapprochement de tous les éléments de la nationalité. Les Turcs n'étaient encore qu'à l'état de race se distinguant de ce qui n'est pas elle, mais manquant de la conscience de son unité personnelle; secondé par les événements qui détachèrent en les condensant les races hétérogènes , il les a ramassés sur euxmêmes, transformés à l'état de nation, et dotés de l'intime solidarité qui en fait des membres d'une même famille. Si l'intégrité de l'empire a péri entre ses mains, par ses mains, au milieu des ruines de la conquête, a surgi l'unité définitive de la race conquérante. On peut douter qu'il lui ait assuré un avenir politique à la hauteur de sa gloire passée, mais à coup sûr il l'a placée dans les conditions d'un large développement social. Ce n'était que dans

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