‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 13 sur 86 · GH4P1TU U · texte numérisé non relu

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soupçou de u aller occuper sou ministère que pour en être dépossédé. Que pouvait-il contre la iigue de khusi ew et de Ualil? Si, eu ib36, Halil avait en fils ingrat supplanté Khosrew luimême dans ce poste de serasker, à cette heure un intérêt commun effaçait entre eux toute inimitié ; le ministre intelligent et le gendre incapable du Sultan se prêtaient mutuellement, Tun son crédit dans FÉtat, l'autre son crédit au sérail; réunis, ils étaient les arbitres de la régence que la jeunesse du prince devait nécessairement impatroDiser. À peine iurent-ils débarrassés de Said, ils envoyèrent provenir la sultane Validé et le prince liéiéditaire que Mahmoud n'avait plus que peu d'instants i vivre et qu'on n'attendait que le moment où il aurait cessé d'exister pour saluer le Padischah Âbd-ul-Medjid. C'était là le muzdé dont ils avaient voulu se réserver ie privilège. Ils ajoutèrent à leur message que, vu la gravité de Toccurrence, ils passeraient la nuit dans le voisinage de Xcbamiidja, afin d'être plus à portée de mettre à exécution les ordres que leur souverain daignerait leur confier. Leur sortie du kiosque impérial fut le dernier hommage au Sultan moribond; malgré l'élévation de leur rang, malgré l'impunité de la transgression, ils n'eussent pas été si osés que de camper de nuit sous le toit consacré à sa personne et

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que d'attenter aux lois de Tétiquette établie , taDt il ayait su inspirer un respect religieux de tout ce qui touchait à sa dignité !

L'agonie de Mahmoud se prolongea durant la nuit du dimaiiclie au lundi. Incapable de \oir, d'entendre et de recevoir le moindre secours, il s*ëteignit peu à peu dans un assoupissement inquiet qui ne lui laissaitaucun usage de ses iacul tés. Le lundi, vers les sept heures du matin, on s^aperçut qu'il était sur le point d'expirer. Aussitôt on avertit le grand-imam» Faumônier du Padischah ; c'était à lui d'accomplir les purifications prescrites avec Teau sainte du puits de Zemzemi puits miraculeux de la Mekke, et de tourner le corps vers la MiAhraby point sacré correspondant à cette pi*emière métropole de l'islamisme, cérémonial qui ne prépare point le mourant à franchir le passage d'une vie à l'autre, mais impiime au mort par une dernière orientation et par une ablution suprême le signe extérieur de sa profession de loi. Eniiii à sept heures et detnîe douze minutes, le Sultan Mahmoud expira. C'était le r*^ juillet, jour initial du mois où il était né et où il, était monté au trône; il allait achever la cinquante-cjualriènie année de sa vie et la trenteunième de son règne. ^

Déjà Khosrew et Halil, instruits moment par moment de l'anéantissement graduel de Mali*

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moudy s'étaient rendus auprès de sou successeur elaYatent été admis les premiers à baiser la lia* bouche impériale. Bieotôt, accompagné par eu\| Âbd-ul*Medjid parut lui-même dans le kiosque; àTinstant Riza-Bey fil fermer toutes les avenues et toutes les portes conduisant à Tckamlidja, afin d^empècher les communications avec le dehors. Ce n'était point la pieuse visite d un fils aux restes d'un père : ce premier pas du nouveau Sultan vers un objet iuucste eut été de mauvais présage ; c'était la puissance venant se recoiuiueucei ià où elle venait d'être iiUerrouipue, c'était une dynastie démentant solennellement la mort et'prenant le lieu même à témoin de la perpétuité de sa majesté vivante. Tandis que les ministres du culte Elisaient subir les ablutions religieuses au cadavre de celui qui avait été Sultan, le Sultan en personne reçut les fé* licitations des gens de sa maison et de celle de son père sur son avènement. Soit résignation musulmane, soii douloureuse stupeur, soit em« pire sur lui-même, il ne trahit son émotion que par peu de larmes. Il dicta aussitôt Tordre qui élevait son beau-frère Ualil au poste de serasker des troupes ottomanes et Khosrew- Pacha au rang de grand- visir. Sous ce titre précédemment aboli Khosrew se faisait investir d*une autorité per« soonelle plus étendue, uécesbilée sans doute par

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l'inexpérieiice du souverain et la complication des circonstaDoes. Lorsque le Piadischah eut 01^ ganisé son pouvoir, les portes furent ouvertes : la monarchie était debout el radieuse. Ëscortéedes deux hauts fonctionnaires qu'elle venait de créer et de Riza-Bey,nominé àrintendanœgénéraledù palais avec le titre de pacha. Sa liaulesse monta dans une calèche à huit chevaux, passa au milieu des acclamations sur le front des troupes rangées devant le kiosque, et se rendit à 1 échelle de Ha* rem-Skelessi^ d'où elle se transporta^ à bord de son bateau de parade, au palais de Top-Kapou, pour s'y installer sur le tr6ne de ses ancêtres.

k peine \bd-ul-Medjid se fut-il éloigné, tout le voisinage retentit de cris perçants de douleur qui s'étaient contenus pal* respect pour le souverain présent. Mahmoud eut permission d'être pleuré. Une foule innombrable, principalement composée de femmes, d'enfants et de vieillards^ accourue de Scutari et de tous les villages voisins, les yeux et les paumes des mains tournés vers le ciel, implorait à haute voix la miséricorde divine en faveur du feu Sultan. Bientôt le cortège funèbre parut, et, suivie de cette population en prières et en larmes, la souveraineté de la veille s'acheminai sur les traces de la souveraineté du jour, jusqu'à l'ancien sérail, leur dernier rendezvous. Àu sérail comme dans le kiosque le Sultan

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