‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 15 sur 86 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

aatioD. Perdus au milieu de la foule des mitsnl» DUiDs» les giaours y furent exempts des outrages que ne leur épargne pas encore une fanatique

brutalité. Ën ce moment la grande âme de Mahmoud semblait animer œs hommes de religions, de laugues et de patries diverses d'un même sentiment, vaste communion k laquelle présidai^ son souffle. Sur tous les visages étaient empreints une affliction manifeste et le religieux recueillement de l'attente.

C'était dans un emplacement du quartier de FazU-Pacba, aux environs de Thippodrome, que âlabmoud avait désiré être enseveli, près de la colonne connue sous le nom de Colonne èrâléet fût en porphyre d'une quarantaine de pieds de hauteur, que l'incendie a plus d'une fois noirci et que la ruine respecte entre des cercles de fer. Il y a vingt ans que la mère du Sultan était morte dans le kiosque qui s y li uuvaiL bàti^ et remplacement appartenait à la sultane Esma;

depuis (quelques années il lui en avait dcaïaiidô fabandon, demande qu elle avait toujours éloignée aussi obstinément qu'elle eâf souhaité en ajourner à jamais la destination. xVlais le refus de la tombe n'empêche pas la mort; ce qui restait de Mahmoud se dirigeait vers la sépulture qu'il s'était désignée.

Aussitôt que le convoi commença à. sortir du

sérail par la grande porte qui regarde la place de Sainte-Sophie, appelée Bab-Humaioun^ les larmes coulèrent, des gémissements rompirent le silence de celte assemblée innombrable, de proche en proche se communiqua soudainement une douleur sympathique, éclatant en pleurs, en exclamations et en sanglots. Le cortège, com« posé des ofliciers de la maison du SultaUi de tous les fonctionnaires de Tempire, des ministres,

du gi and-visir et du cheik-ul-islam, se déroulait avec lenteur. Selon l'antique usage, des officiers à cheval, fendant les flots pressés de la multitude, distribuaient au peuple de l'argent, libéralité suprême du Grand «Seigneur. Partout les pleurs et les cris redoublèrent à la vue du cercueil, porté à épaules, recouvert de six chàles d*une rare magnificence et surmonté du fez impérial que décorait une aigrette. On se disputa l'honneur de le porter. La foule se précipita les mains étendues vers les chàles dont il était enveloppé, pour recueillir, en les touchant, une émanation de la vertu bienfaisante attachée au dernier manteau de Mahmoud* Enfin le cercueil s'arrêta au lieu marqué et fut déposé sous une vaste tente dont Fintérieur était orné de draperies rouges richement brodées d'or; à l'instant même commença, autour de la tente l'édification du turbé. La solennité terminée, la population se

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