CHAPITRE X
Réjouissances à Alexandrie. — Mission d'Akif-Ëffendi. »<- Défection do copilOB^clii.»* Entrevue de ronlrtl Lataodo avec le rcala-bey. — Arrivée do Papin à Comleotinople.
— Nouvelle du départ de la flotte et de la défaite. — Milsioo du Fapin,
Des bruits d'insurrection en Syrie, le silence
(le Méliénie J-Ali, qui lie jugeait pas à propos de publier le succès de liezari avaient ajouté à Tattenle inquiète d'Alexandrie, lorsque le 4 juillet, à neuf heures et demie du nialiU| une dépêche léiégraphiqued'Abbas-Pacba^gouverneurgénëraldu Caire, signala larrivée d'un courrier et auuouça . la nouvelle de la victoire en ces termes : e Après deujL heures de combat avec l'armée de Constautinople, canons, tentes et tout le matériel sont tombés au pouvoir d Ibrahim. » Le Vice-Roi, eu espérant une victoire,raurait supposée plus diili* cile à arracher. Loogtemps muet d'étonnement et de joie, dit-on» il s*écria enfin : • Voilà donc cette II. 7
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armée qui devait me chasser de l'Egypte! » Le même jour» à cinq heures et demie du soir, il reçut parle courrierles lettres du géiicialissime, les ouvrit en présence des consuls qui lui rendaient visite, et leur en communiqua la teneur. Sa cour voulait immédiatement le féliciter; par égard pour les reprc sentants des puissances étrangères amies de la Porte-Ottomane, il exigea que cet hommage fût différé. Quant à Ibrahim, c'était avec un laconisme triomphant qu'il écrivait à Âli-Bourhan, son kyahya-bey et son khazuadar-aga en Egypte, son représentant et son trésorier :€ Voici, Bourhan! Aujourd'hui nous avons été sur le camp de Constantinopie. Après deux heures de combat, nous l'avons détruit.
Canons, fusils, tentes, matériel, toute chose est tombée en notre pouvoir. Nous Pavons obligé à fuir de tous cotés. INotie ai tilkrie a fait beau jeu. Je me sens comme un jeune homme de quinze ans. Cette lettre est écrite dans la tente de leur serasker Hafiz-Pacha, que j'ai trouvée toute meublée telle quMI l'occupait.»
Ti*ois jours durant, ies salves de touslesfoilset delà flotte louvoyant hors de la rade célébrèrent I heureux événement qui sauvait la puissance de Méhémed'Âli et promettait de l'affermir. Néanmoins il affectait le regret de la bataille ([ue l'opiniâtreté du Sultan l'avait réduit à gagner; il se jus-
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tifiait de ces longs retentissements d*artillerie
par la nécessité d accréditer sa victoire auprès des populations : moins de vacarme eût fait tort au succès. Avec la même ostentation de parcimonieuse allégresse, il fil supprimer une illuminalioD, démouslration trop cclalante de quel* qoes hauts employés, et il tint le plus élevé d'entre eux éloigné de sa personne pendant dix jours. « Comment, dit-il, peut-on s'oublier au point Je faire des réjouissances pour Teffusion du sang de mes coreligionnaires?» Il donna un gage plus sérieux de modération en déclarant que, loin de proiiter de ses avantages, son fils nerranchirait point les frontières de la Syrie. Ce fut la France qui mit le plus d'euipresscment à réclamer de lut la halte de ses troupes. Le comte de Lurde, précédemment chargé d affaires à Rome, poste qull avait rempli avec distinction, nommé récemment premier secrétaire d'ambassade à Constantinople, avait eu ordre de passer par Alexandrie afin de prêter son coneours au consul général; arrivé le 4 juillet même, il joignit ses efforts à ceux de M. Cochelet; le Vice-Roi leur répondit, sans hésiter, par des assurances conformes aux engagements qu'il avait pris et dont ilb. Caillé avait obtenu dlbrabim la pleine acceptation. * Cependant, encore émue d'un laborieux avé*
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nement, Constantinople s'alarmait du sori de ses
troupes et de l'absence de ses vaisseaux. Chaque jour, comme ua , magnifique et solide rempart au trône, la flotte, rappelée par un ordre exprès, était atteudue. Un jour même, vers l'heure probable de la rentrée 9 le jeune Sultan fit venir au palais les enfants du capitan-pacha,el, les caressant avec une bonté touchante, leur distribuaut lui-même quelques friandises, il leur disait: «Votre père va arriver; vous le verrez aujourd'hui, s Et il leur indiquait le cùlé de la mer par où devaient bientôt se montrer les gros bâtiments de leur père. Rien ne se montra. Cet inexplicable retard était un sujet d'étonnement et d'inquiétudes croissantes. Lorsque le bateau à vapeur français du 4 juillet entra à Constantinople, un officier du j^raud-vLsir alla demander au capitaine s'il avait rencontré la flotte. A.cliaque navire débouchant du canal du Sud le ministère en envoyait quérir des nouvelles. Qu'était devenue cette flotte? Depuis la mort du Sultan avait-elle sombré sur l'écueil de quelque océan lointain? avait-elle eu à doubler sous un vent défavorable un nouveau cap des Tempêtes? fallait-il donc expédier à la recherche de cette flotte des Dai daiielles? •
Réunie dès le i6 juin à la hauteur des deux châteaux, la flotte avait reçu le 22 Tordre d'ap*
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pareiller, et l'intérêt plus impérieux du capitaupacha l'avait retenue à raocre* Le belliqueux
Âkhiiiet, niolt)s empressé de comballre les ennemis de Mahmoud que de vaincre les enneims personuels qu il avait laissés derrière lui, n^avait pas vu sans quelque souci Tahir^ le seul luaria capable de la Turquie, qu'une disgrâce avait condamné à végéter dans le gouvernement (i Âidin, reparaître tout récemment à Stamboul sous de frivoles prétextes. 11 le soupçonnait d'y briguer, avec l'assislance des parlisans de la paix, sa réintégration dans le grand-amiraiat dont il l'avait évincé; avant de partir, il voulait écarter un rival que sou absence et la mort du Sultan feraient inévitablement prévaloir. En conséquence, il avait signifié qu'il ue quitterait le mouillage que lorsque Tahir aurait démarré de Constantinopie; Mahmoud vivait encore, on souscrivît à cette condition. Le 27, à bord du paquebot français le l'ancrède^ Tahir-Pacha alla reprendre à Smyrne la route d'Aïdin; trop affligé| dîsail-il, de la maladie du Sultan pour accepter aucun honneur public dans ce deuilde l'empire (son cœur, selon son expression, ea était noir de chagrin )| il recommanda au capitaine, M. Th. Alliez, de ne point arborer de pavillon au haut du inàt^ et sous cet incognitOi* le a8 au matin, il passa devant la flotte qu'il